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Pas de drogues et d'alcool à l'armée

L'armée ne doit pas être le lieu où les jeunes font leur première expérience de consommation des paradis artificiels. Keystone

A partir de 2003, l'armée applique la tolérance 'zéro' en matière de consommation de drogue, d'alcool et de médicaments stupéfiants.

Ce contenu a été publié le 09 août 2002 - 15:59

Dès le premier janvier 2003, tous les militaires devront signer une déclaration attestant qu'ils connaissent les instructions en vigueur.

"L'armée ne doit pas être le lieu où les jeunes font leur première expérience de consommation des paradis artificiels", a déclaré jeudi le chef des Forces terrestres, le commandant de corps, Jacques Dousse, à Wangen an der Aare, dans le canton de Berne.

Il faut protéger les conscrits qui n'ont pas touché à la drogue lorsqu'ils entrent sous les drapeaux.

Appel à la responsabilité personnelle

Lors d'un rapport extraordinaire aux cadres des quarante écoles de recrue qui ont débuté il y a trois semaines et demie, le commandant de corps a demandé de tenir le même langage que lui.

"C'est la seule attitude crédible face au discours plus permissif de la société civile", estime-il.

«Vous devez en appeler à la responsabilité personnelle des recrues», a recommandé Jacques Dousse. «Dans l'environnement militaire, on conduit des chars et des camions, on monte la garde avec des munitions réelles, on fait sauter des explosifs et voler des avions. Or, la consommation de drogues met tous les membres de l'armée en danger», a-t-il souligné.

Ne pas criminaliser les fautifs

"Une vingtaine de membres de la police militaire sont quotidiennement à l'oeuvre dans les écoles de recrues. Mais il n'y aura pas de razzia mettant en scène toute une compagnie", a insisté Jacques Dousse.

Il ne s'agit pas de criminaliser les fautifs. Le droit disciplinaire devra toujours primer.

Pour les chauffeurs, le contrat d'honneur sera maintenu. Mais en cas de résultats positifs des contrôles urinaires, les coupables seront punis, quelle que soit leur fonction.

Récent sondage

Lorsqu'ils arrivent dans les casernes, plus de la moitié des jeunes recrues ont déjà consommé du cannabis, dont 44 % durant leur adolescence. 35 % savent ce que c'est que d'être ivre, indiquent les plus récents sondages. Et 13 % consomment plus d'un paquet de cigarettes par jour.

Les amateurs réguliers de cannabis représentent une part de 22 % et ceux d'ecstasy ou de drogue de synthèse plus de 5 %. Quant aux consommateurs d'héroïne ou de cocaïne, ils seraient 1,2 %.

Prévention et repression

La prévention et la répression sont les deux piliers de la politique de l'armée face à la drogue et l'alcool, a expliqué le colonel P. Bolliger, chef du service psychopédagogique des forces terrestres.

La prévention s'exerce sur le comportement individuel dans les conditions particulières du service militaire.

Il s'agit de prévenir le stress et la surcharge émotionnelle en améliorant le climat au sein de la troupe, a ajouté le psychiatre.

Il a également montré du doigt les supérieurs, soulignant qu'une conduite de qualité diminuera l'envie de retrouver "la paix de l'âme" grâce à la drogue.

Fixer les limites

Pour le directeur de l'Office fédéral de la santé publique, Thomas Zeltner, les jeunes adultes actuels ont de la peine à trouver leur identité et veulent sortir de l'ordinaire.

Ils cherchent leurs limites. L'armée doit les leur donner par le biais d'une information claire sur les mesures disciplinaires et la législation sur les stupéfiants actuellement en révision.

Les risques et les responsabilités sont trop importants au sein de l'armée pour que les drogues y aient leur place, a conclu Jacques Dousse.

Le commandant de corps a encore précisé que les contrôles n'auraient lieu qu'en présence de réels soupçons de la part de la police ou du juge militaires.

swissinfo avec les agences

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