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Nouvelle charge contre l'arme à la maison

Les soldats suisses reçoivent des cartouches dans une boite scellée. Keystone

La commission de la politique de sécurité de la Chambre haute ne veut plus de munition de guerre à la maison. Elle propose que seuls 2000 soldats en conservent à domicile.

Ce contenu a été publié le 16 avril 2007 - 20:07

Cette décision intervient peu après un nouveau drame. La semaine dernière, un tireur fou avait fait feu sur cinq personnes avec son arme de service.

Par 11 voix contre 1, la commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats (Chambre haute) s'est prononcée lundi pour une interdiction de principe. Elle n'a toutefois pas été aussi loin que l'interdiction absolue réclamée par la sénatrice socialiste Anita Fetz, qui aurait concerné l'ensemble des 120'000 soldats de la classe active.

La commission a élaboré sa propre motion qui prévoit deux exceptions. Ce texte invite le gouvernement à faire en sorte qu'il ne soit plus remis de munition de poche destinée à être conservée à la maison. Ce dispositif ne s'appliquerait toutefois pas aux troupes de première intervention. Il s'agit des membres de la sécurité militaire.

2000 militaires exemptés

Selon les estimations du ministre de la Défense Samuel Schmid, cela concernerait au maximum 2000 militaires dont la mission est notamment d'assurer la sécurité dans les aéroports ou de surveiller des infrastructures importantes.

Autre bémol: la commission a tenu à préciser que l'interdiction devait être prise compte tenu de la situation actuelle en matière de politique de sécurité. Il s'agit de garder une certaine marche de manœuvre et de permettre au gouvernement de faire marche arrière, si la situation venait à changer. Samuel Schmid verrait cette motion d'un bon œil.

Le président de la commission Hermann Bürgi s'est défendu d'avoir cédé à la récente pression médiatique. Dernière d'une série, une fusillade à Baden (Argovie) jeudi dernier a fait les gros titres. Un tireur fou de 26 ans a tué avec son fusil d'assaut un homme de 71 ans. Il a blessé quatre autres personnes, dont une se trouve dans un état critique.

Et les armes?

Certes les évènements des derniers temps ont joué un rôle, mais c'est aussi la situation actuelle en matière de politique de sécurité qui permet de franchir le pas vers l'abandon de la remise des munitions, a expliqué Hermann Bürgi. Et de préciser qu'il n'y a pas lieu de tisser des liens entre ce sujet et la question de l'interdiction du maintien des armes militaires à la maison.

«Notre décision ne crée pas de précédent», a-t-il précisé. Avant de se prononcer, la commission a toutefois attendu que la Chambre basse se penche en mars sur la question des fusils d'assaut dans le cadre de la révision de la loi sur les armes. Par 96 voix contre 80, la majorité bourgeoise de la Chambre du peuple a refusé d'en finir avec l'arme militaire gardée à la maison.

Le Parlement ayant refusé de légiférer, une initiative populaire sera sans doute lancée. Les organisations opposées à l'entreposage des armes à domicile vont du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) à Stop Suicide en passant par des associations de femmes ou des représentants d'Eglises. Le Parti socialiste et les Verts sont à leurs côtés.

swissinfo et les agences

ARMES DE GUERRE A DOMICILE

Durant leur service actif, les soldats suisses conservent tout leur équipement militaire à domicile, arme comprise.

Ils reçoivent aussi de la munition de poche. Pour les fusils d'assaut, il s'agit de 50 cartouches contenues dans une boite scellée.

En cas de mobilisation, les soldats peuvent ouvrir cette boite et se rendre ainsi sur le lieu de rassemblement des troupes avec une arme déjà chargée.

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PLUSIEURS DRAMES

Le maintien d'armes de guerre à domicile fait régulièrement l'objet de critiques. En effet, celles-ci sont assez régulièrement utilisées dans le cadre de suicides ou de drames familiaux.

Un tel drame avait été particulièrement médiatisé l'an dernier. Corinne Rey-Bellet et son frère avaient été tués par le mari de l'ancienne championne de ski. Celui-ci s'était ensuite suicidé. L'arme utilisée était le pistolet d'ordonnance du mari.

Cette affaire avait créé une vive émotion dans le pays et avait relancé la polémique sur la présence d'armes de guerre à domicile.

Dernier drame en date: jeudi dernier à Baden (Argovie), un tireur fou de 26 ans a tué avec son fusil d'assaut un homme de 71 ans. Il a blessé quatre autres personnes, dont une se trouve dans un état critique.

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