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Non aux abus sexuels dans le sport

La campagne de sensibilisation a été lancée officiellement le 28 octobre dernier. Swiss Olympic

L’Office fédéral du sport et Swiss Olympic marchent main dans la main contre les abus sexuels dans le sport.

Ce contenu a été publié le 23 novembre 2004 - 13:39

Préventive, leur campagne s’adresse initialement aux jeunes, aux parents et aux responsables de clubs. Elle est programmée sur 10 ans.

Selon des estimations de l’Association suisse pour la protection de l’enfant, la violence sexuelle affecte une fille sur trois ou quatre et un garçon sur sept ou huit. L’éventail des sévices possibles est large. Il va des remarques déplacées au viol.

Le sport n’échappe pas à cette triste réalité. L’association mira, spécialisée dans la prévention de la violence sexuelle dans les clubs et les groupements, considère qu’il se produit chaque année 2000 à 5000 agressions dans le domaine des loisirs. Et le sport serait le loisir numéro un pour 85% des enfants et des adolescents jusqu’à 14 ans.

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution. L’ampleur de ce drame humain n’est pas connue exactement. Elle ne repose que sur des estimations. Seule certitude: le phénomène semble s’amplifier.

L’OFSPO et Swiss Olympic main dans la main

L’Office fédéral du sport à Macolin (OFSPO) et Swiss Olympic ont décidé il y a peu de prendre le taureau par les cornes. Le 28 octobre dernier, les deux organismes lançaient officiellement leur campagne de sensibilisation contre les abus sexuels dans le sport.

«A travers cette collaboration, nous souhaitons toucher le plus de monde possible, explique Barbara Boucherin, responsable à l’OFSPO. Swiss Olympic est en contact avec les fédérations et nous avec les cantons, les clubs et les moniteurs.»

Inscrite dans le long terme («une dizaine d’années, aux dires de Barbara Boucherin car changer les comportements nécessite du temps»), cette campagne s’appuie sur un triple objectif: montrer comment le thème des abus sexuels peut être abordé, voir comment ceux-ci peuvent être évités et savoir où trouver de l’aide.

Les jeunes, les parents et les entraîneurs

«Nous avons voulu sensibiliser les jeunes, leurs parents et les responsables de clubs dans un premier temps, souligne Barbara Boucherin. L’OFSPO a notamment édité un supplément à sa revue «mobile», consacré aux abus sexuels dans le sport.

Les jeunes ont également les moyens de trouver du soutien via internet (www.ciao.ch), SMS (079 2 555 222 pour les francophones) et le téléphone (147).

De leur côté, les parents et les responsables de clubs savent désormais à qui s’adresser pour obtenir les conseils dont ils ont besoin (www.fair-play.ch).

Des contacts physiques, oui, mais naturels!

La traque aux paroles et gestes blessants, abusifs ou gênants est donc lancée. Enfin. «Ce sujet a longtemps été tabou, regrette Barbara Boucherin. Personne n’osait croire que de telles pratiques s’opéraient dans le sport.»

La responsable de cette campagne pour l’OFSPO met toutefois en garde contre l’autre dérive. «La frontière entre faire trop et trop peu est petite, commente-t-elle. Le but n’est pas de supprimer les contacts physiques. Ils font partie du sport. Seulement, ceux-ci doivent être naturels.»

Et Barbara Boucherin de conclure: «Lors de leur formation, les moniteurs doivent être rendus attentifs à cette notion de contact physique. Il est nécessaire de leur apprendre les comportements à adopter dans les situations délicates.»

swissinfo, Raphael Donzel

Faits

On estime qu'une fille sur trois ou quatre a été victime d’une agression sexuelle.
Les garçons seraient un sur sept ou huit.
Deux tiers des personnes abusées sont des filles.
Les enfants de 7 à 12 ans sont les plus concernés.
35 à 43% des auteurs de violence seraient des femmes.

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En bref

- L'OFSPO et Swiss Olympic ont lancé leur campagne le 28 octobre 2004. Elle devrait durer une dizaine d’année.

- L’OFSPO a édité un numéro spécial de sa revue «mobile» sur le thème. Il peut être commandé à l’Office fédéral du sport Macolin, Elisabeth Ischi, 2532 Macolin, dok.js@baspo.admin.ch.

- Les jeunes, les parents et les clubs peuvent s’informer sur Internet (www.ciao.ch et www.fairplay.ch), par SMS (079 2 555 222 pour les francophones) et le no 147.

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