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Noël à Kaboul, Khartoum, Cuba

La crèche de la famille Berthoud à La Havane. Olivier Berthoud, Kuba

Moyen-Orient, Afrique, Mer Caraïbe… Trois compatriotes expatriés sous des horizons lointains racontent leur veillée de Noël.

Ce contenu a été publié le 21 décembre 2004 - 15:00

Et quand un palmier se déguise en sapin, la simplicité remplace bien souvent la débauche d’achats qui sème la panique sous nos latitudes.

Plus de 600’000 Suisses vivent à l’étranger. Un grand nombre sous nos latitudes, mais d’autres bien plus loin…

Parmi ceux et celles qui constituent la 5ème Suisse, on trouve les collaborateurs de la ‘Direction du développement et de la coopération’ (DDC), qui compte 150 collaborateurs dans le monde. Nous avons pris contact avec trois d’entre eux.

Khartoum, Soudan

Claudia Rizzo, coordinatrice humanitaire de la DDC, vit depuis deux mois à Khartoum, capitale du Soudan.

En ce moment, rien ne lui paraît plus irréel que le mot «Noël». «Pour moi, il signifie le froid, la neige, la famille, le sapin et les cadeaux. Or, je vis depuis quelques semaines dans l’une des villes les plus chaudes de la planète, pleine de palmier, avec le désert tout autour.»

A l’époque de Noël, ce que Claudia Rizzo préfère, ce sont les réunions familiales. Elle va donc réunir ceux qu’elle a sous la main: les autres «experts suisses» qui restent sur place, les amis et connaissances.

Il y aura même un succédané de sapin: dans son jardin, la Suissesse va décorer un petit palmier avec une guirlande lumineuse.

La Havane, Cuba

Olivier Berthoud, coordinateur de la DDC à Cuba depuis quelques années, passera la veillée de Noël avec sa femme et ses filles, Sofia et Naya. Il y aura des cadeaux, mais seulement pour les enfants.

Dans le salon trône une crèche faite maison. L’étable est constituée de briques Lego, le toit de coquillages ramassés sur la plage.

En guise de sapin, un ficus, palmier indigène qui peut atteindre une taille impressionnante et jeter «un peu d’ombre sur les rues surchauffées de La Havane en été».

Comme partout où l’on peut faire du commerce en dollars, on trouve ici des arbres de Noël en plastique «made in China». Mais Olivier Berthoud n’est pas tenté.

«Nous avons toujours utilisé un ficus. Pour nous, le symbole de la renaissance lors du solstice d’hiver est important. On peut donc utiliser n’importe quelle arbre local.»

Mais des voisins les ont taxés de radinerie, des voisins qui ne comprennent pas pourquoi un arbre en plastique avec des décorations électriques, pour Olivier Berthoud, ne peut pas représenter un symbole de paix et d’amour.

Kaboul, Afghanistan

Pour Paul Rüegg, coordinateur adjoint dans la capitale afghane depuis la mi-mai, Noël n’est pas une bien grande affaire.

«Je vais à deux marchés de Noël où l’on peut acheter des cadeaux.» L’un est organisé par un restaurant allemand, l’autre par une organisation d’aide au développement.

Dans l’environnement musulman de Kaboul, rien n’évoque Noël. Il faut dire que seuls 12'000 ressortissants étrangers vivent dans cette ville de trois bons millions d’habitants.

Qui a de l’argent peut tout y acheter, les magasins sont pleins. Mais très peu peuvent se le permettre.

Le repas de Noël

Dans la chaude Khartoum, Claudia Rizzo a prévu une fondue, à condition de réussir à se procurer l’indispensable fromage et, surtout, le «petit stimulant» qui va avec.

«Avec une bonne fondue, on ne peut pas boire que de l’eau ou du thé – même s’il est excellent ici. Une bonne ‘goutte’ suisse est indispensable.»

A Cuba, l’insuffisance de l’approvisionnement provoque régulièrement des pénuries, raconte Olivier Berthoud. «Ici, il n’y a donc pas d’hystérie consumériste, quelle chance!»

Jusqu’en 1998, Noël n’était pas férié à Cuba, la tradition s’étant perdue. L’influence des rites afro-cubains y est toujours importante. «Le repas de fête typique ici, c’est le cochon de lait. Délicieux!»

A Kaboul, Paul Rüegg a été invité par son chef: «On va bien manger.» La plupart des expatriés fêtent ensemble de manière conviviale, sans chichis ni dinde farcie.

Pas de Noël blanc

Bien sûr, la neige manque à Noël, indique Olivier Berthoud à La Havane, mais on sait bien que, ces dernières années, elle n’était pas davantage au rendez-vous en Suisse.

«Et puis, à Cuba, la température est idéale en décembre: ni trop chaud, ni trop froid.»

Pour Claudia Rizzo non plus, Noël et neige ne sont pas forcément indissociables. A Khartoum, Noël, en soi, est déjà un peu étrange: «Le Soudan est majoritairement musulman. Il y a quelques semaines à peine, le Ramadan s’est terminé par une fête de trois jours.»

A 2000 mètres d’altitude, il n’y a encore que peu de neige à Kaboul. «Il fait froid, mais beau. Seuls les sommets des montagnes sont enneigés.»

Dans l’Afghanistan en guerre, la vie quotidienne est difficile, la sécurité précaire, la liberté de mouvement limitée, raconte Paul Rüegg. En outre, ce n’est pas simple de vivre dans une culture étrangère.

C’est pourquoi, il a parfois le mal du pays. «Cette fois, c’est plus facile, parce que je rentre en Suisse pour passer le Nouvel An.»

swissinfo, Gaby Ochsenbein
(Traduction et adaptation de l’allemand: Isabelle Eichenberger)

Faits

La DDC emploie environ 500 collaborateurs.
150 d’entre eux sont à l’étranger.
Le budget annuel de la DDC a atteint 1,2 milliard de francs en 2003.
La DDC mène des projets binationaux et multinationaux dans la coopération au développement et l’aide humanitaire.
Elle lance des projets de coopération avec l’Europe de l’Est.

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