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NLFA: le Conseil fédéral tranche contre Uri

Pour protester contre la variante "vallée", les opposants ont imité la construction du viaduc d'Altdorf. Keystone

Lundi, le gouvernement a déterminé l'accès nord du tunnel de base du Gothard. Le tracé de la NLFA dans le canton d'Uri passera par la vallée de la Reuss, et non pas par un tunnel sous la montagne, comme le demandait le canton d'Uri.

Ce contenu a été publié le 19 juin 2000 - 21:12

«Conscient des désagréments extrêmement lourds que le trafic de transit inflige aujourd'hui déjà au canton d'Uri, le Conseil fédéral a dû procéder à une pesée d'intérêts fort délicate». C'est en ces termes que Berne résume l'issue de la procédure de conciliation entre le canton d'Uri et l'Office fédéral des transports.

Autrement dit, l'intérêt national en matière de politique des transports dans le canton d'Uri a finalement primé face aux exigences d'Altdorf en matière de protection contre le bruit et de sauvegarde du paysage.

En optant pour un tracé terrestre au niveau de la Reuss, le Conseil fédéral estime que cette variante «vallée» présente plus d'avantages du point de vue technique. Le ministre des Transports, Moritz Leuenberger, a précisé devant la presse que cette solution «permettra en outre le raccordement d'Uri au réseau international ferroviaire à grande vitesse».

Ainsi, la variante «montagne» n'aurait pas permis de garantir la capacité de transport visée. D'abord, il n'aurait pas été possible de construire une voie de dépassement souterraine pour les trains de voyageurs à grande vitesse. Ensuite, il aurait fallu renoncer à former de longs convois de marchandises. Enfin, avec un tunnel de quelque 20 km, la longueur totale du Gothard serait portée à 77 km, ce qui poserait des problèmes de sécurité.

Ruth Metzler, ministre de la Justice, insiste sur la «volonté du gouvernement d'améliorer la variante choisie» en tenant compte des revendications d'Uri, voire d'élaborer une nouvelle variante «montagne» d'ici vingt à trente ans. Mais celle-ci entraînerait des coûts supplémentaires de l'ordre de 600 à 800 millions de francs. Le département des Transports a jusqu'à fin 2001 pour examiner les possibilités techniques. Les travaux, eux, devraient commencer d'ici à la fin de 2002.

En attendant, un viaduc controversé au nord d'Altdorf devrait être abandonné et un comité représentant les divers groupes d'intérêts coordonnera les mesures de protection contre le bruit. Réaction véhémente des opposants à la variante «vallée». L'Alliance uranaise pour une NLFA passant sous la montagne qualifie la décision d'«arrogante» et de «cynique» et rappelle que la vallée de la Reuss abrite une grande partie de la surface exploitable du canton. Greenpeace a pour sa part accroché une banderole sur le monument de Guillaume Tell.

Moritz Leuenberger reconnaît les nuisances infligées à la population, mais il rappelle que, «de nos jours, dans tous les domaines, on vit ce conflit entre les intérêts régionaux et l'élargissement des infrastructures suprarégionales».

Isabelle Eichenberger

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