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New Glarus: un Guillaume Tell made in America

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«America's little Switzerland», c'est le surnom que s'est donné la petite cité de New Glarus, dans l'Etat du Wisconsin. Depuis 1938, elle organise chaque fin d'été le Festival Guillaume Tell.

Ce contenu a été publié le 07 septembre 2008 - 16:06

A cette occasion, une version abrégée de l'histoire du héros national suisse par Schiller est représentée par une troupe amateur, en anglais et en allemand.

New Glarus se trouve dans le Green County, une vaste région légèrement vallonnée qui rappelle un peu la Suisse. Le village, lui aussi, a gardé un caractère suisse, avec des maison de style chalet et le clocher de l'église qui se dresse dans le ciel.

Les descendants des colons qui ont fondé New Glarus en 1845 ont conservé les traditions et les coutumes de leur ancienne patrie, notamment en créant ce festival. Selon de vieilles sources, les fêtes, le théâtre et la musique ont occupé une place importante dans la vie de la communauté depuis ses origines.

Aujourd'hui, le festival est devenu une attraction touristique. Beaucoup d'anciens habitants reviennent pour l'occasion, histoire de revoir leurs famille et amis.

L'histoire de tout un village

Environ 250 amateurs et bénévoles de tous âges participent à la production. «Beaucoup de familles participent au festival sous une forme ou une autre depuis des décennie et cela crée des liens entre nous tous», explique Kaye Gmur, membre du comité de la guilde Guillaume Tell locale.

Le spectacle se tient un peu en dehors du village, dans une clairière au fond d'un petit vallon. Un étroit sentier conduit les spectateurs à travers la forêt vers cette scène naturelle.

Une scène naturelle dans la forêt

Une heure avant la représentation, on s'agite de-ci de-là dans les «coulisses» sylvestres. Tony Zgraggen se transforme en Werner Stauffacher, tandis que sa femme Esther Zgraggen enfile le costume de Berta von Bruneck.

Dans la version allemande, Tell est interprété par Howard Christensen, d'origine norvégienne, et Gessler par un Allemand, Peter Etter. «Comme il se doit», rigole ce dernier. La plus grande partie de la version anglaise est joué par une autre distribution.

Parmi les figurants – des petits enfants aux octogénaires – on trouve d'innombrables descendants des familles glaronaises, qui se sont installées ici dès 1845. Ils portent des noms comme Elmr, Legler, Luschinger, Marty, Hefty, Zweifel, Streiff ou Stuessy.

Quelques-uns des acteurs sont là depuis la première représentation de 1938. Comme Kathy Elmer, qui joua cette année-là une bouquetière à 10 ans. Plus tard, elle a aussi interprété le personnage de Bertha von Bruneck ou celui de Hedwig, la femme de Tell.

«Aujourd'hui, je joue encore une paysanne parmi les figurants», déclare cette alerte octogénaire avec un clin d'oeil. Elle ne manquerait ces journées pour rien au monde.

Tell et le «Lonesome Ranger»

Le temps est de la partie, en ce magnifique matin de fin d'été. Les premiers spectateurs commencent à arriver, jeunes et vieux, une foule bigarrée, avec des petits enfants qui jouent dans l'herbe. Dans le public, quelques touristes suisses sont assis parmi les Américains.

La première représentation commence, en allemand. Elle débute avec l'ouverture de l'opéra Guillaume Tell de Giacchino Rossini, surtout connue aux Etats-Unis comme le générique de la série télévisée «Lonesome Ranger». Ce qui provoque quelques rires et commentaires.

Cela semble plaire au public. Chaque scène recueille des applaudissements nourris, surtout celle où Guillaume Tell tire sur Gessler.

Un message politique

«Que l'histoire se soit vraiment passée ainsi n'est pas vraiment important. Le message politique de la pièce a gardé toute sa valeur: il faut résister à toute tyrannie», déclare après le spectacle un Américain d'un certain âge. Il indique qu'il vient tous les deux ans. «Cela me plaît toujours autant.»

Pour les deux représentations en anglais, le public est nettement plus nombreux. «Malheureusement, il y a beaucoup moins de gens qu'avant», entend-on dire. Il y a dix ou quinze ans, il y avait encore des milliers de spectateurs. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 800 à 1000.

L'explication la plus courante est qu'autrefois, le week-end du Labor Day (Fête du travail) n'offrait aucune autre manifestation dans la région, ce qui n'est plus le cas. Mais les gens de New Glarus ne se découragent pas pour autant. Ils restent tard dans la nuit, pour danser et chanter.

swissinfo, Rita Emch, New Glarus
(Traduction de l'allemand: Isabelle Eichenberger)

Festival Guillaume Tell

L'initiative est venue d'Edwin Barlow, un homme ayant des racines à New Glarus. Après avoir vu les «Tellspiele» à Interlaken et Altdorf, il a ramené cette idée dans son village.

Le premier spectacle a eu lieu en 1938 en allemand jusqu'en 1940. En 1941, une version anglaise a été présentée. Depuis 1953, il est présenté un peu en-dehors de New Glarus.

Le programme propose des concerts du choeur des enfants et du jodler club de New Glarus, des danses de jeunes filles en costume folklorique de tous les cantons ainsi que d'un défilé de costumes venus aussi d'autres pays.

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New Glarus

Au milieu du 19e siècle, des milliers de Glaronnais ont dû quitter leur pays pour des raisons économiques.

En 1845, une centaine d'entre eux fondèrent New Glarus.

Aujourd'hui, quelque 2100 personnes vivent dans le village, situé à environ trois heures de route de Chicago. Il n'y a plus beaucoup de fermiers et de plus en plus d'habitants vont travailler dans les villes voisines.

Les noms de nombreuses familles sont demeurés, comme Elmer, Kundert, Hefty, Legler, Stauffacher, Streiff, Dürst (aujourd'hui Durst), Gmür (Gmur) ou Hösly.

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