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Montage financier douteux sous les tropiques

Le Genevois Yvan Faoro n'est plus retourné dans "son paradis" depuis cet été. Keystone Archive

La brigade financière de la police réunionnaise vient de remettre une enquête préliminaire au procureur. Elle concerne la société genevoise IODE.

Ce contenu a été publié le 21 décembre 2001 - 10:49

Créée le 30 mars 1999 à Genève, avec un capital de 100.000 francs, Indian Ocean Development holding (IODE) n'a pas perdu de temps. En quelques mois, cette société fondée par le Genevois Yvan Faoro a racheté la plupart des entreprises de travaux publics de l'île de la Réunion, la Société industrielle routière (SIR), Gouvernet, Sobépré et Vassor.

Deux ans plus tard, toutes ces sociétés sont soit en liquidation, soit en redressement judiciaire. Et Yvan Faoro - qui n'a pas remis les pieds à la Réunion depuis l'été dernier - est soupçonné, au minimum, de ne pas avoir respecté ses engagements financiers.

Les syndicats locaux, eux, vont beaucoup plus loin. «Il s'agit d'un des scandales économiques et sociaux les plus importants du siècle à la Réunion», lâche Pierre Savigny, le secrétaire du syndicat du bâtiment et des travaux publics (BTP). En clair, il soupçonne Yvan Faoro d'avoir acheté les entreprises avec leurs propres trésoreries.

Montages juridiques obscurs

Le Suisse - qui dirige à Genève Investissa SA, une société spécialisée dans l'exploitation d'immeubles et le courtage dans le domaine des prêts bancaires - ne cherche pas à nier les faits. Il a bel et bien mis la main sur les entreprises réunionnaises pratiquement sans bourse délier. «Mais, commente-t-il cyniquement, il n'y a rien d'illégal.»

«L'enquête préliminaire», de la brigade financière de Saint Denis de la Réunion, constate qu'Yvan Faoro est un homme «plus préoccupé par des montages juridiques obscurs de cessions de parts et de prélèvements des fonds de trésorerie» que par la bonne marche du bâtiment et des travaux publics.

Le dossier est à présent sur le bureau du procureur de l'île. Ce dernier n'a pas caché sa volonté d'aller jusqu'au bout de ce dossier. L'étape suivante devrait être l'ouverture d'une «information judiciaire», et la désignation d'un juge d'instruction.

Yvan Faoro - qui est par ailleurs membre du Conseil d'administration de la fondation des terrains industriels de la ville de Genève - ne nous a pas caché qu'il ne pensait pas retourner dans l'Océan Indien avant longtemps. Il est vrai que les employés de ses sociétés n'ont pas hésité à défiler dans les rues de l'île en brandissant des pancartes sur lesquels étaient écrit: «Faoro voler» (c'est-à-dire, «voleur» en créole réunionnais).

Ian Hamel

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