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Mise au point sur des images de prisonniers

Des Marines surveillent des civils irakiens faits prisonniers. Keystone

Le CICR rappelle que l'utilisation des images de prisonniers est contraire aux Conventions de Genève.

Ce contenu a été publié le 24 mars 2003 - 19:59

Une mise au point qui fait suite à la polémique suscitée par la diffusion des photos de soldats américains capturés par les forces irakiennes.

La polémique fait rage. Tant au sein des médias que par rapport à l'attitude du Comité international de la Croix-Rouge. Le CICR qui a attendu la diffusion des images de prisonniers américains pour rappeler à l'ordre les belligérants.

D'aucuns reprochent au CICR son mutisme apparent. Pas un mot de sa part lorsque des Irakiens menottés ont été montrés à la télévision et à la une des journaux.

«Nous n'avons pas été interpellés par les médias sur les images de prisonniers irakiens», rétorque Nada Doumani porte-parole du CICR. En d'autres termes, si cela avait été le cas, l'organisation aurait pris la même position.

Lundi, en fin de journée, le délégué général pour le Moyen-Orient Balthasar Staehelin a abondé dans le même sens. En réfutant les accusations de «deux poids-deux mesures» qui ont été adressées au CICR.

En dehors du champ des caméras

«Le CICR n'a pas pour objectif de dénoncer publiquement les violations du droit international humanitaire, précise à swissinfo Nada Doumani. Nous nous adressons directement et de manière confidentielle aux autorités concernées.»

De fait, c'est ce que le CICR fait régulièrement. «Les prisonniers de guerre doivent être protégés de la curiosité publique», souligne Jakob Kellenberger, président du CICR, citant l'article 13 de la 3e Convention de Genève.

«Il s'agit de préserver la dignité des prisonniers, renchérit Nada Doumani. Ils ne doivent pas pouvoir être identifiés. Cela pourrait avoir des conséquences négatives pour eux ou leur famille.»

Une demande formelle aux belligérants

«Notre souci principal, insiste la porte-parole du CICR, est de pouvoir rendre visite le plus rapidement possible à ces prisonniers et de nous assurer qu'ils sont bien traités. Qu'ils sont détenus en lieu sûr, loin des combats.»

Lundi justement, le CICR a annoncé qu'il allait demander formellement aux autorités irakiennes de pouvoir rencontrer les prisonniers américains et britanniques capturés par les Irakiens.

«Notre délégation à Bagdad entreprend les démarches nécessaires pour nous permettre de rendre visite aussi vite que possible aux prisonniers de guerre qui sont aux mains des Irakiens», confirme le président du CICR Jakob Kellenberger.

3000 prisonniers de guerre irakiens

D'ailleurs, ces démarches s'accompagnent d'autres effectuées auprès des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

En effet, selon le général Tommy Franks, les forces américano-britanniques détiendraient «environ 3000» prisonniers de guerre irakiens.

Lors d'une conférence de presse faite à son QG sur la base d'As-Saliyah, au Qatar, le commandant de l'opération a par ailleurs estimé que «beaucoup (de soldats irakiens) ont juste déposé les armes et sont rentrés chez eux» sans même se rendre aux forces américaines.

Une information importante

Cela dit, nombre de médias européens - y compris des médias suisses - ont adopté une autre philosophie. Ils ont en effet diffusé ou publié les images des prisonniers américains en estimant qu'elles informaient sur la réalité de cette guerre.

Pour ces télévisions et les journaux, elles illustrent en effet les difficultés rencontrées par les troupes anglo-américaines et la résistance inattendue d'une partie de l'armée irakienne.

Dans son édition de lundi, le quotidien Le Temps précise que les photos de cinq prisonniers qu'il a publiées ne «contribuent nullement à les humilier».

Ordre du Pentagone

Autre son de cloche du côté des Etats-Unis. Les chaînes de télévision n'ont pas - dans un premier temps en tout cas - montré ces images, suite à une injonction du Pentagone, état-major général des forces armées américaines.

Pour autant, les images de prisonniers irakiens diffusées la semaine dernière, elles, n'ont pas soulevé la moindre question.

Enfin, côté irakien, l'attitude officielle n'est pas dénuée de provocation. Nous sommes tenus, tout d'abord, de respecter les enseignements de l'islam, dit en substance à la BBC Naji Sabri. Puis, ensuite les Conventions de Genève.»

«Nous sommes de bons musulmans, conclut le chef de la diplomatie irakienne. Nous prenons soin de nos prisonniers, en accord avec les enseignements de l'islam.»

swissinfo, Frédéric Burnand, Genève

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