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Méditerranée-sur-Rhône

A Finges, le Rhône musarde en liberté. swissinfo.ch
Ce contenu a été publié le 17 juillet 2003 - 15:14

Les habitants d’Avignon ne le savent pas forcément, mais à sa naissance, le Rhône s’appelle Rotten. Et l’accent du Wallisertütsch qui résonne sur ses rives est rocailleux comme les cailloux qu’il charrie.
Puis juste avant d’entrer en francophonie, le fleuve s’offre déjà un avant-goût de Méditerranée. Entre Susten et Sierre, il traverse rien moins que la plus grande pinède compacte d’Europe.

Long de dix kilomètres et large de cinq environ, le Bois de Finges bénéficie d’au moins deux «anomalies» qui en font un site protégé d’importance nationale.
Le sol tout d’abord. Un éboulement préhistorique a laissé ici un paysage accidenté et le terreau nécessaire à la formation d’une steppe primitive, devenue forêt au cours des millénaires.
Le climat ensuite. Sur le Bois de Finges, le soleil brille plus et la pluie tombe moins que pratiquement partout ailleurs en Suisse.

Dans cet espace de nature, le Rhône retrouve sa liberté. La traversée de Finges est l’endroit où le fleuve est le moins endigué de tout le Valais. Il étale ici ses bras et ses îles et inonde régulièrement la forêt et les prairies alentour.
Son cours changeant n’est d’ailleurs pas la seule étendue d’eau du site. Alimentés par la nappe phréatique, une ribambelle de petits étangs agrémentent encore la forêt, avec leurs roseaux ou leurs tapis de lentilles d’eau.

Site exceptionnel pour la flore, Finges l’est également pour la faune. Outre le cerf, le chevreuil, le lynx et le castor, la pinède compte notamment vingt-six espèces de libellules, dont certaines ne se trouvent nulle part ailleurs en Suisse. Sans oublier les batraciens, reptiles et oiseaux, qui partagent leur habitant avec la tanche, la carpe ou le brochet.

Pas difficile dans ces conditions de comprendre pourquoi l’autoroute valaisanne s’arrête encore aujourd’hui à Sierre. Durant quinze ans, écologistes et promoteurs de la mobilité se sont affronté pour essayer de dessiner un tracé à travers le Bois de Finges.
Aujourd’hui, le projet est prêt et n’attend plus que le financement de Berne. Le ruban de bitume empruntera le tracé de l’actuelle route cantonale, qui coupe le site en deux. Mais en cachant cette autoroute sous une galerie, on pourra rendre à la forêt son unité.
Quant à la route, elle passera sur l’autre rive du Rhône, à la place de la voie ferrée, qui, elle, va disparaître en tunnel.

swissinfo, Marc-André Miserez au bois de Finges

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