Navigation

Lugano s'étend comme une tache d'huile

Lugano, troisième place financière de Suisse, nichée dans un superbe écrin, entre lac et montagnes (picswiss.ch) picswiss.ch

Maire de Lugano depuis 1984, Giorgio Giudici, est considéré comme le maître d'œuvre de la 'Nuova Lugano', soit le résultat d'une vaste opération de fusions de communes.

Ce contenu a été publié le 17 janvier 2007 - 10:51

Homme de défi, personnalité riche en contrastes, l'architecte pose un regard sur «sa» ville et ses projets d'avenir. Mais, les problèmes ne manquent pas.

Dans ses bureaux de la Piazza Riforma, dans les locaux de la municipalité de Lugano, le maître de maison, le maire Giorgio Giudici reçoit. Homme d'action et de terrain, il se prête de bonne grâce aux convenances qu'impose sa fonction.

«J'ai la chance de pratiquer le métier que j'aime dans la ville de mon cœur; une cité nichée dans un paysage de rêve. Lugano est une ville de dimensions relativement modestes, où les rapports humains sont encore possibles. J'abhorre l'indifférence, elle n'a pas sa place à Lugano», dit-il.

swissinfo : Depuis que Lugano, a donné naissance à la Nuova Lugano, par le biais d'une grande opération de fusion, votre engagement quotidien pour cette ville a-t-il changé?

G.G.: Disons que j'ai quelques soucis de plus. Désormais, je dois aussi être à l'écoute des attentes et des besoins des communes qui forment la nouvelle agglomération. Lorsque vous avez vu le jour à Lugano, que vous y vivez, vous avez tendance à ne vous focaliser que sur les intérêts de votre propre ville. Il est de mon devoir de veiller à ce que les intérêts de toutes les entités en présence soient défendus et de protéger l'esprit nouveau de Lugano, par ailleurs appelée à grandir encore.

swissinfo: Quel est le problème le plus aigu à résoudre dans l'immédiat?

G.G.: Sans conteste, la question de la mobilité. Une démographie à la hausse amène avec elle son lot de besoins en matière de transports. Je regrette d'ailleurs que l'on oublie si souvent d'utiliser ses propres jambes pour se déplacer, comme on le fait lorsqu'on veut découvrir une grande ville. C'est du reste en marchant que l'on fait des découvertes. Dans le fond, ce n'est pas bien difficile d'oublier un peu sa voiture.

Concrètement, en matière de mobilité, il y a l'éternel dilemme qui oppose les transports publics aux transports privés. Dans les grands pôles urbains, la véritable réponse au problème du trafic est le tramway, qui contrairement au bus, n'est confronté à aucun obstacle sur la chaussée.

Dans les années soixante, les autorités luganaises avaient cependant pris l'option d'abandonner le tram. Aujourd'hui, nous en payons les conséquences. Ceci dit, les transports publics sont très prisés par les citoyens, même si personne n'est prêt à renoncer à son véhicule.

Pour l'heure, l'absence de plan de coordination nous permettant de régler les flux et l'équation du trafic urbain d'un bout à l'autre de la nouvelle ville est un peu notre pierre d'achoppement. Et, dans de telles circonstances, il est aussi difficile de régler d'autres problèmes, tels que la pollution, le manque de places de parking ou encore les nuisances sonores.

La fragmentation du territoire et les plans de zone des communes ont une emprise directe sur la gestion du trafic. Dans ce contexte, une fusion joue un rôle déterminant, parce qu'elle doit permettre de redéfinir les fonctions d'un territoire donné, de réorganiser les ressources sur le plan de la mobilité et en fonction des diverses topologies des zones, comme les quartiers d'habitation ou des infrastructures publiques.

swissinfo: Nourrissez-vous un rêve pour Lugano?

G.G.: Je souhaite que Lugano reste une ville où règnent la sécurité et la propreté, qu'elle soit toujours aussi accueillante et que les citoyens puissent y vivre dans de bonnes conditions. J'aimerais aussi contribuer à faire connaître la ville à l'extérieur de nos frontières.

Pour moi, Lugano doit privilégier la qualité et non pas la quantité. De bonnes opportunités permettent de générer des ressources. Ces dernières sont indispensables pour venir en aide aux maillons les plus faibles de la société.

swissinfo: Et votre pire cauchemar?

G.G.: En regard des dimensions limitées de notre territoire, on ne peut guère parler de cauchemar. Pour l'instant, je dors encore sur mes deux oreilles et même, je rêve. Je suis un positif et j'ai tendance a vouloir améliorer en permanence tout ce que la ville peut offrir. Ceci dit, les erreurs sont toujours possibles et certains détails nous échappent sans doute parfois.

swissinfo: La Suisse s'urbanise mais les décisions émanant des régions périphériques tendent à freiner ce développement. Vous, maire d'une zone urbain comme la Nuova Lugano, auriez-vous quelque suggestion à faire à ce propos?

G.G.: Il faut, en premier lieu, réévaluer le rôle et l'importance des cantons frontaliers. Actuellement, on ne prend pas de décision pour le centre ou la périphérie – qui ont des exigences différentes – mais pour la Suisse dans son ensemble, comme si celle-ci représentait un ensemble homogène. Mais, ce n'est plus le cas, les choses ont changé.

Bien sûr, je pense avant tout à la situation du Tessin, qui a besoin de décisions politiques lui permettant de déployer une stratégie de canton frontalier pour favoriser ses propres ressources et dynamiser sa position. Mais les cantons du centre du pays éprouvent quelques difficultés à comprendre notre situation et nos enjeux.

Tout en préservant le fédéralisme - notion intouchable à mes yeux - il faudrait oser lancer un modèle nouveau, basé sur des critères de variabilité, qui offrent aux cantons frontaliers une plus grande liberté de manœuvre.

swissinfo, Françoise Gehring, Lugano

Giorgio Giudici

Giorgio Giudici, l'une des figures de proue de l'aile droite du Parti libéral radical tessinois, est né en 1945.

En 1971, il décroche une licence en architecture auprès de l'Ecole Polytechnique fédérale de Zurich.

Ses premiers pas en politique lui ouvrent la porte du Conseil municipal luganais en 1978.

En avril 1980, il accède au poste de vice-maire. Quatre après, avec la nouvelle législature, c'est lui qui prend les commandes de la municipalité.

On reconnaît à Giorgio Giudici grande expérience et un caractère trempé. Aussi admiré que critiqué, le politicien semble apprécier les défis de tous bords.

End of insertion

Lugano

L'histoire du développement urbain de Lugano (cf liens) se découpe en trois phases.

Le premier volet va de l'époque médiévale au 18e siècle. Le passage de l'ancien au nouveau régime (1798-1847) entraîne une mutation du tissu social. La ville s'étend au-delà du cercle des murs de la cité. Les portes de celle-ci sont abattues.

Anciennement bourgade refermée sur elle-même, la cité se mue en un pôle ouvert et animé. De 1880 à 1910, l'ouverture de la ligne ferroviaire du Gothard favorise l'envolée de l'industrie du tourisme et dope le développement démographique de la ville. En trois décennies, la population passe de 6949 habitants à près de 15000.

De 1900 à 1945, la ville voit son paysage urbain transfiguré, ce qui facilite encore davantage le développement démographique et économique de Lugano. Des quartiers entiers, comme celui de Sassello, sont entièrement rénovés et transformés.

End of insertion

Nuova Lugano

La Nuova Lugano est née le 8 octobre 2003.

La population est passée à près de 52'000 habitants.

Lugano est la troisième place financière du pays.

Dans la hiérarchie des villes suisses, elle occupe le neuvième rang.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?