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Liza with a «z»: everybody loves a winner !

Juste une chanteuse de jazz. Mais quelle chanteuse ! MJF © Daniel Balmat

Liza Minnelli est vivante et en bonne santé. Si elle ne danse plus, la dame en noir a gardé la présence, le swing et la puissance dans la voix. Concert de grande classe et de haute charge émotionnelle vendredi soir au Montreux Jazz Festival.

Ce contenu a été publié le 16 juillet 2011 - 04:09
swissinfo.ch, Montreux

«C’est une artiste immense et bouleversante. Il est temps de se prosterner devant Liza Minnelli», écrivait Christophe Passer dans L’Hebdo quelques jours avant le concert de Montreux. Et de rappeler qu’en 2000, une méchante encéphalite virale a bien failli avoir raison de l’interprète de Cabaret et de New York, New York. Ajoutez à cela une vie d’excès hollywoodiens, des cures de désintoxication, quatre mariages et autant de divorces: de quoi éteindre plus d’une étoile.

Mais pas celle de Liza. A 65 ans, la petite femme à la bouche immense, aux grands yeux et à la robe couleur de nuit est toujours debout. Et elle chante ! En formation jazz classique et restreinte: piano, contrebasse, batterie et trois cuivres. Pas besoin de plus.

Frissons

Elle parle aussi. Beaucoup. Une petite tirade avant chaque chanson, histoire de rappeler d’où elle vient, les gens qui ont écrit et composé pour elle, les anecdotes de tournages, ou simplement la joie de se trouver à Montreux pour la première fois, face au lac et aux montagnes.

«Vous avez vu Chicago ?» Au cas où il y aurait un doute, Liza nous raconte le film. Mais surtout, elle nous rappelle que cette histoire a d’abord été un musical à Broadway, dans lequel elle a repris au pied levé le rôle de Roxie Hart, après une seule semaine de répétitions, en remplacement de la diva Gwen Verdon, malade. Et aujourd’hui disparue…

Ces moments de dialogue lui permettent aussi de reprendre son souffle. Car si elle paraît plus jeune qu’il y a dix ans, elle ne peut pas non plus gommer totalement le poids de l’âge. Et elle le prend avec bonhomie. «Au théâtre, je ne m’asseyais qu’au deuxième acte, mais là, je vais m’asseoir au premier», plaisante-t-elle avant d’attaquer Maybe this Time dans un fauteuil.

En dosant ainsi son effort, elle parvient encore à vous arracher le frisson avec la puissance et la justesse de la voix lorsque la musique se fait tellurique et l’émotion palpable.

Blues triste et blues gai

Amours déçues, destins brisés, fatalisme du temps qui passe (And the World goes round): les chansons évoquent souvent le côté sombre de la vie. Après tout, le jazz n’a parfois d’autre humour que celui du désespoir. Son fonds de commerce, c’est le blues. Et le blues va bien à Liza. Quand ses fêlures transparaissent sous les mots, quand elle ne parvient malgré tout plus à cacher l’outrage des ans qui ravivent les cicatrices et emportent les vivants, on la sent très vraie. Et elle nous touche d’autant plus.

«But the show must go on». Sur Cabaret bien sûr, mais aussi sur des pièces burlesques comme Say Liza (with a ‘Z’) ou He’s a Tramp, la chanteuse retrouve la verve et la gouaille qui font une partie de son génie. Elle ne danse plus, ne lève plus la jambe, mais sa présence est toujours magique, dans une sobre tenue noire avec juste ce qu’il faut de paillettes.

Dans un registre plus intimiste, les extraits de Confessions, son dernier album, permettent de mettre en avant le travail (et la voix) de l’excellent pianiste et compositeur Billy Stritch. Elle lui laisse le micro pour un titre (brillant, puissant, swinguant) avant d’attaquer, en duo, I cant’t give you Anything but Love, un vieux standard que tout le (beau) monde du jazz a chanté, de Louis Armstrong à Duke Ellington et Fats Waller, avec Ella Fitzgerald, Billie Holiday ou… Judy Garland.

If I can make it there…

Mais la marque de fabrique de Liza, c’est quand même New York, New York, devenu lui aussi un standard repris par tout le monde. A la salle, elle raconte comment «oncle Frank (Sinatra) - on a toujours beaucoup d’oncles à Hollywood - s’est presque excusé la deuxième fois qu’il l’a chantée en public, d’avoir ‘piqué’ un titre qui appartient à Liza».

«She did it first, she did it best», a noté sobrement un internaute sous la version originale présente sur youtube. Que dire de plus ? Qui d’autre que Liza Minnelli peut chanter aussi bien «sa» chanson ? Et qui pourrait se permettre de faire une pause juste avant la reprise finale pour s’octroyer une gorgée de Gatorade ? Etonnant, mais très drôle. Le public apprécie le gag, pardonne l’interruption et n’en tangue que mieux sur la fin, qui fait vibrer jusqu'aux structures métalliques de la salle.

En rappel, ce sera Everytime we say Goodbye, entamé en piano-voix et terminé a capella. Bien sûr, c’est évident ! Alors, sans être spécialement idolâtre, là, oui, on pourrait se prosterner devant Liza Minnelli.

Enfant de la balle

Liza May Minnelli, née à Hollywood en 1946, est la seule artiste couronnée d’un Oscar (pour Cabaret en 1972) dont les deux parents ont également été oscarisés.

Sa mère Judy Garland fut l’inoubliable Dorothy du Magicien d’Oz, qui lui valut la statuette à 17 ans. Issue d’une vraie dynastie d’artistes de vaudeville et de cirque, bébé star au cinéma dès l’âge de deux ans et demi, elle fut une des étoiles les plus brillantes d’Hollywood avant de connaître la descente aux enfers: alcool, drogues, cinq mariages, et une overdose de barbituriques à 47 ans.

Son père Vincente Minnelli descend également d’une lignée de gens du spectacle. Costumier puis metteur en scène à Broadway, appelé par la MGM au début des années 40, il révolutionnera la comédie musicale hollywoodienne, y ajoutant les couleurs et la folie qui lui manquaient. Quatre Oscars couronnent cette brillante carrière, pour Un Américain à Paris (meilleur film), Tous en scène (meilleur réalisateur) et Gigi (meilleur film et meilleur réalisateur).

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