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Libérer nos rivières pour notre sécurité

L'Aa d'Engelberg. Sa revitalisation a permis d'éviter le pire lors des inondations de 2005. Bafu/Office fédéral de l'environnement

Les inondations d'août 2005 nous ont rappelé que l'endiguement des rivières ne protège pas contre les crues. Seule leur revitalisation permet d'éviter le pire.

Ce contenu a été publié le 08 mars 2006 - 17:52

L'illustration de ce concept s'incarne dans le projet «Rhône-Thur» mené par l'Institut fédéral de recherche aquatique (eawag). Le bilan intermédiaire est positif sur toute la ligne.

Lors de sa journée annuelle d'information mercredi à Zurich, l'eawag a fait le point sur le projet «Rhône-Thur». Lancé en 2002, le concept vise à développer des méthodes et des instruments pour réaliser des revitalisations fluviales.

Aujourd'hui, 24% des cours d'eau en Suisse sont encore «fortement perturbés», «artificiels» ou «mis sous terre», selon une récente étude. Cette proportion atteint même 40% sur le Plateau, soit 16'000 km où il est «nécessaire d'intervenir», affirme l'eawag.

Car les dommages causés par les crues ont quadruplé ces quinze dernières années, favorisés par la forte urbanisation. Ils ont culminé dans les inondations de 2005, la catastrophe naturelle la plus coûteuse que la Suisse ait connu depuis cent ans.

Une revitalisation fluviale, qui implique en général de donner plus d'espace au cours d'eau, permet de limiter les dégâts et d'améliorer la protection contre les crues. Les mesures appliquées à l'Aa d'Engelberg l'illustrent bien. On a pu ainsi éviter 100 millions de dommages rien qu'en 2005, pour 26 millions investis.

A l'état de nature

Les études menées sur les élargissements du Rhône et de la Thur (la rivière qui donne son nom au canton de Thurgovie) ont confirmé que ces revitalisations s'accompagneraient d'une hausse notable de la diversité des habitats et favoriserait les espèces typiquement alluviales. Toutefois, certaines conditions doivent être respectées.

Ainsi, la faune et la flore coloniseront plus vite ces biotopes s'il existe des tronçons à l'état quasi-naturel en amont de l'élargissement et dans les affluents. La vitesse de régénération du cours d'eau après une crue importante en sera d'autant plus grande.

Par ailleurs, les chances de succès d'une revitalisation sont beaucoup moins élevées si les cours d'eau sont fortement perturbés, comme par exemple sur des tronçons avec des usines hydrauliques. Ou alors, la revitalisation devra s'accompagner de mesures compensatoires.

Guides pour les revitalisations

Dans le cadre du projet «Rhône-Thur», trois guides ont été publiés: le premier pour un bon déroulement du projet de revitalisation, le deuxième pour estimer les effets sur l'écologie et l'économie, et le troisième pour contrôler les résultats. Des études sur les constructions hydrauliques doivent compléter ces manuels d'ici fin 2006.

Le projet de «Rhône-Thur» est parrainé notamment par l'eawag et les deux écoles polytechniques fédérales. Y sont associés l'Office fédéral de l'environnement, les cantons du Valais et de Thurgovie, les universités de Zurich et Neuchâtel et le service de conseil pour les zones alluviales d'Yverdon. Un autre projet doit lui faire suite.

swissinfo et les agences

Faits

Les éboulements et les inondations des 30 dernières années ont provoqué pour quelque 10 milliards de francs suisses de dégâts.
Ces 15 dernières années, les dommages causés par les crues ont quadruplé, favorisés par une forte urbanisation.
En moyenne, cela représente plus de 300 millions de francs par an.
Ces sept dernières années, les autorités ont débloqué plus de 200 millions pour des projets de revitalisation.

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En bref

Le projet interdisciplinaire «Rhône-Thur» a été lancé en 2002. Y participent notamment l'Institut de recherche aquatique du domaine des Ecoles polytechniques fédérales (eawag) et l'Office fédéral de l'environnement.

L'objectif est de développer des instruments et des méthodes qui puissent servir de base à la revitalisation des cours d'eau dans une optique de développement durable et de protection contre les inondations.

Dans un second temps, il s'agira d'évaluer dans quelle mesure les aménagements effectués permettront la réapparition de la flore et de la faune d'origine et la reconstitution de la biodiversité.

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