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Les yeux de l'Europe sur Mars seront suisses

Image de synthèse du module Beagle 2 à la surface de Mars. ESA

L'Europe spatiale a lancé sa première mission vers Mars. Tandis qu'un satellite va cartographier la planète rouge, un module automatique se posera à sa surface, à la recherche de traces de vie.

Ce contenu a été publié le 02 juin 2003 - 19:50

A son bord, trois micro-caméras «made in Switzerland».

Cet été, Mars passera à moins de 56 millions de kilomètres de la Terre. Une aubaine qui ne se reproduit que tous les 15 ans environ, et dont Japonais, Américains et Européens ont décidé de profiter.

Si la sonde nipponne Nozomi et les deux petits robots à roulettes Mars Rover de la NASA doivent y arriver en janvier 2004, la mission Mars Express, de l’Agence spatiale européenne (ESA) devrait être la première sur place, aux alentours de Noël 2003.

Lundi soir, une fusée russe Soyouz Fregat a décollé de la base de Baïkonour au Kazakhstan, emportant le satellite et son module d’atterrissage pour un périple qui doit durer six mois, à la respectable vitesse de croisière de 10’800 km/h.

Des reliefs de géants

Arrivé en orbite martienne, le satellite entreprendra de photographier la planète sous toutes ses coutures, avec une précision jamais égalée jusqu’ici.

Ces photos devraient être particulièrement spectaculaires. Bien que son diamètre soit deux fois moindre que celui de sa voisine, Mars est un monde nettement plus accidenté que la Terre.

Ici, les sommets culminent à plus de 24’000 mètres d’altitude et les canyons peuvent avoir jusqu’à 7 kilomètres de profondeur, soit presque cinq fois celui du Colorado.

Depuis longtemps, les géologues soupçonnent que ces reliefs ont été creusés par des torrents d’eau. Mais celle-ci semble avoir aujourd’hui complètement disparu de la surface de la planète.

Le satellite est donc équipé d'un radar spécial, qui va scanner le sous-sol martien à la recherche d'éventuels lacs souterrains.

Une soucoupe volante de 60 centimètres

Mais la mission a aussi pour objectif d'y aller voir de plus près. Pour cela, l’ESA compte sur l'atterrisseur Beagle 2, sorte de petite soucoupe volante de 60 cm de diamètre pour moins de 30 kilos de poids.

Après avoir résisté à la friction de l’atmosphère martienne grâce à son bouclier thermique, le module ouvrira ses parachutes et finalement, trois gros airbags le protégeront d’un contact trop brutal avec le sol.

Une fois posé, Beagle 2 déploiera ses panneaux solaires en forme de pétales. Deux bras mécaniques conçus pour racler et forer la surface lui permettront de récolter des échantillons, qui seront analysés directement sur place.

La quête de la vie

Le site d’atterrissage a été soigneusement choisi. Suffisamment proche de l’équateur pour que les nuits n’y soient pas trop glaciales, Isidis Planitia ressemble à ce qui pourrait être un vaste bassin alluvial.

Autrement dit, l’endroit idéal pour trouver des preuves du passage de l’eau sur Mars. Voire des micro-fossiles, qui établiraient définitivement l’existence d’une forme de vie ancienne.

C’est pour cette raison que le consortium d’universités britanniques responsable de la construction du module a choisi de le baptiser Beagle 2, en hommage au père de la théorie de l’évolution des espèces.

Le 27 décembre 1831 en effet, Charles Darwin embarquait pour les Galapagos à bord du HMS Beagle. Et les idées qu’il en rapporta modifièrent à jamais notre manière d’envisager la genèse de la vie.

Trois petits bijoux high-tech

Outre ses instruments géologiques, le module comporte trois caméras, dont une servira uniquement à filmer les échantillons récoltés à travers l'objectif d'un microscope.

Fabriquées par Space-X, entreprise issue du Centre suisse d'électronique et de microtechnique de Neuchâtel, ces trois petites merveilles de haute technologie ne sont guère plus volumineuses qu'une boîte d'allumettes et pèsent moins de 100 grammes chacune.

Elles ont été conçues pour endurer les vibrations du départ, le choc terrible de l'atterrissage et des écarts de température de plus de 200 degrés.

Le savoir-faire d'une région

«Nous nous appuyons sur tout le savoir-faire de l'arc jurassien», tient à souligner Jean-Luc Josset, directeur de Space-X, qui travaille sur ce projet depuis plus de dix ans.

«En venant à Neuchâtel, je voulais voir comment le secteur spatial pourrait profiter de tous ces trésors développés en micro-technologies, par exemple pour les prothèses auditives, les pacemakers ou l'industrie horlogère», explique cet ancien astronome de l'ESA.

Reste à voir si ce matériel de pointe arrivera sur Mars. Des trente dernières missions lancées vers la planète rouge en effet, pratiquement vingt ont échoué.

Car la route est longue, et semée d'embûches.

swissinfo, Marc-André Miserez

En bref

- La participation suisse à Mars Express est plus importante que pour d’autres missions de l’ESA.

- Space-X (Neuchâtel) fournit les trois caméras embarquées à bord du module d’atterrissage Beagle 2.

- Les images envoyées de Mars seront notamment analysées au Musée d’histoire naturelle de Berne.

- L’Institut de physique de l’Université de Berne a participé à la conception d’un détecteur de particules énergétiques neutres pour le satellite qui restera en orbite.

- Contraves (Zurich) a construit l’armature du même satellite.

- Apco Technologies (Vevey) fournit le container de transport du satellite, ainsi que les instruments de manipulation au sol.

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