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Les vignerons suisses se frottent les mains

Keystone

Du Rhône au Rhin, la Suisse est en pleine vendange, un peu plus tardive mais dans un retour à la norme saisonnière. La récolte s'annonce bien et, si la quantité n'est pas partout au rendez-vous, comme au Tessin, la qualité est assurée partout cette année.

Ce contenu a été publié le 08 octobre 2008 - 08:45

«La multi-culturalité de la Suisse vaut aussi pour les vins puisqu'on est au carrefour entre le Sud et le Nord de l'Europe. Au Nord, on fait des vins aromatiques et fruités et, au Sud, on fait des vins rouges et alcooliques.» Gilles Cornut est président de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV), et donc bien placé puisque le canton de Vaud est particulièrement tiraillé par cette «topographie vinicole».

La Suisse aime le vin depuis le temps des Romains et consacre aujourd'hui 15'000 hectares à la production de quelque 3000 vins recensés, et ce dans les quatre régions linguistiques. Une production modeste par rapport aux 900'000 hectares de vignes françaises, mais elle compte une quarantaine de cépages indigènes uniques au monde.

Quantités décevantes au Tessin

Traditionnellement en ordre dispersé au Tessin, les vendanges ont commencé il y a une quinzaine de jours. Sur le versant sud des Alpes, le quatrième canton viticole produit surtout du Merlot (88% de la production totale, rouge et blanc confondus), un cépage bordelais bien adapté à la région «méditerranéenne» du pays.

La récolte s'y annonce de très bonne qualité, comme partout en Suisse, mais le volume est d'environ un tiers inférieur à celui de la récolte de 2007, déjà petite, selon Francesco Tettamanti, de l'Association Ticino Vine.

«Par rapport à la vendange de 2004, qui avait dépassé tous les records, cela nous fera 50% de moins cette année, précise-t-il. Il a fait mauvais temps ce printemps lors de la floraison et les grappes sont moins fournies.»

Mais l'excellente qualité est une consolation. «Et comme le Merlot se vend dans les deux ans, nous espérons qu'une bonne vendange 2009 nous permettra de compenser ce déficit», déclare encore le spécialiste tessinois.

Retour à la normale en Suisse romande

En Suisse romande, productrice des trois-quarts du vin suisse, les vendanges ont commencé il y a une quinzaine de jours à Genève, en tout cas pour le raisin destiné à la fabrication de vins mousseux. L'essentiel de la récolte commence ce mercredi.

Jusqu'à la mi-septembre, les viticulteurs ont guetté le ciel, mais la météo s'est montré clémente. Un temps sec associé à la bise devrait permettre une bonne récolte, selon l'oenologue cantonal genevois Alexandre de Montmollin.

Comme ailleurs en Suisse romande, où «on retrouve en général une situation normale», précise l'Office valaisan de la viticulture. Ces dernières années, en effet, les vendanges ont été plus précoces que d'habitude, en raison des chaleurs des années 2003, 2005 et 2007.

Selon l'Interprofession de la vigne et du vin du Valais, la récolte a commencé le 1er octobre et promet une augmentation de 3% pour l'ensemble du canton, tous cépages confondus.

Dans le canton de Vaud, la vendange qui a commencé lundi s'annonce également saine et un peu plus abondante qu'en 2007. «En tout, nous tablons sur 23,5 millions de litres de blanc (1,5 million de litres supplémentaires par rapport à l'an dernier) et 8,5 millions de litres de rouge», précise Gilles Cornut.

Les nuits fraîches et les journées ensoleillées favorisent la conservation des arômes et stoppe d'éventuelles moisissures. C'est moins risqué de stocker du raisin s'il est frais.

«Nous aurons probablement cette année des profils aromatiques sur les vins qui seront plus développés, surtout pour le Chasselas et le Pinot Noir. Ça, c'est le message important qu'on peut retenir cette année», se félicite Gilles Cornut.

Pourvu que ça dure

A Neuchâtel, le premier coup de sécateur a été donné samedi, mais l'essentiel se passe aussi cette semaine. «La récolte devrait offrir un bon millésime 2008», confirme Sébastien Cartillier, responsable de la Station viticole cantonale.

«La maturation a traîné et la vendange 2008 revient dans la moyenne des vingt dernières années. C'est vrai que, ces dernières années, on a pu vendanger quand il faisait encore doux, en octobre il fait plus frisquet, mais cela évite justement les risques de pourriture si le raisin n'est pas cueilli trop chaud.»

En Suisse alémanique et dans les Grisons également, la satisfaction est de mise. «Malgré la grêle qui a frappé par exemple la région de Schaffhouse cet été, la récolte de Riesling est dans la norme. Le Pinot noir devrait même être meilleur que prévu», indique Toni Ottiger, de l'Association des producteurs alémaniques.

«Le niveau de sucre du blanc se situe entre 70 et 80 degrés Oechsle et le rouge s'annonce entre 80 et 95», précise-t-il.

Les viticulteurs croisent les doigts pour que ces conditions persistent. «Il nous faut maintenant quinze jours de beau pour continuer de vendanger dans la paix», prie Gilles Cornut. Jusqu'ici, les météorologues semblent lui donner raison.

Plus tard, après les premières gelées, les Valaisans vendangeront le raisin «flétri» qui fera les délices des amateurs de vins surmaturés comme l'Arvine, l'Ermitage ou la Malvoisie, entre autres spécialités.

swissinfo, Isabelle Eichenberger

Production suisse

La Suisse produit en moyenne 1,1 million d'hectolitres par an (51% de blanc). On recense plus de 3000 vins et 658 AOC au total.

Parmi une grande diversité, le cépage le plus répandu est le Chasselas (Fendant en Valais). Il y a aussi le Müller-Thurgau (Riesling X Sylvaner en Suisse orientale) et le Sylvaner (Johannisberg en Valais).

Les principaux rouges sont le Pinot Noir dans toutes les régions et le Gamay (Genève et Valais). Le Merlot (blanc et rouge), cépage bordelais, constitue 88% de la production du Tessin.

En outre la Suisse possède 40 cépages indigènes souvent inconnus ailleurs et qui connaissent un regain d'intérêt.

Certains croisements de cépage (métissages) se développent, comme le Gamaret.

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Suisse viticole

A cheval entre le Rhône et le Rhin, la Suisse cultive la vigne depuis l'époque romaine.

La surface viticole couvre 15'000 hectares, dont 75% en Suisse romande.

Les principaux producteurs sont: Valais, Vaud, Genève, Tessin, Neuchâtel.

En Suisse alémanique, 17 cantons se regroupent en 3 régions vinicoles: l'ouest avec Bâle et l'Argovie, le centre avec Zurich, Schaffhouse et la Thurgovie, et l'est avec les Grisons et St-Gall.

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