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Les Suisses vivent sainement

Selon une étude que vient de publier l’OMS, c’est au Japon qu’on vit le plus longtemps et le mieux. La Suisse, elle, vient en 6e position.

Ce contenu a été publié le 05 juin 2000 minutes

L’originalité de cette étude, c’est que, pour la première fois, les calculs ne reposent pas simplement sur le taux de mortalité, mais sur un indicateur de l’espérance de vie saine.

Dans ce classement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui recense 191 pays, le Japon vient donc en tête avec 74,5 ans de vie en bonne santé, devant l’Australie, la France, la Suède, l’Italie, la Grèce et la Suisse. Au bas de la liste, on trouve la Sierra Leone, avec moins de 26 ans.

Ainsi donc, un enfant né en Suisse en 1999 peut espérer vivre en bonne santé 72 ans et demi: 69 ans et demi pour un garçon, et 75 et demi pour une fille. Cela alors que le chiffre brut de l’espérance de vie est en moyenne de 75 ans et demi.

Cette différence de trois ans provient donc du nouveau mode de calcul utilisé par l’OMS, qui tient compte des années de maladies prévisibles et de la gravité de ces maladies.

Les pays classés au bas de l’échelle se trouvent tous en Afrique sub-saharienne, où l’espérance de vie globale a chuté considérablement ces dix dernières années. La cause s’appelle sida, maladie qui a tué 2,2 millions d’Africains en 1999.

La grande surprise de ce nouveau système d’évaluation est offerte par les Etats-Unis. Placés en 24ème position, ils disposent d’une moyenne de 70 années de vie saine pour les enfants nés en 1999. Selon le Dr Christophe Murray, de l’OMS, «un Américain meurt plus tôt et passe plus de temps malade et invalide que n’importe quel autre individu des pays les plus industrialisés».

Aux Etats-Unis aussi, bien sûr, le sida a progressé, comme du reste la violence. Mais certains groupes ethniques et les populations urbaines pauvres ont une très mauvaise santé, plus propre à un pays en voie de développement qu’à un pays industrialisé.

Mais l’OMS cite aussi un facteur clé: le tabac. Un facteur qui pourrait du reste modifier la donne des années à venir. Si l’on prend le Japon, sa position en tête du classement s’explique par «le faible pourcentage de maladies cardiaques, associé au régime alimentaire traditionnel pauvre en graisses». Mais l’OMS relève que l’alimentation japonaise est en train de changer et que le tabac connaît une popularité croissante qui devrait bientôt se traduire dans les chiffres.

Jusqu’ici, les recherches ont montré que les femmes conservent une meilleure espérance de vie que les hommes... et, à fortiori, de vie saine. C’est que, en général, les femmes sont plus soucieuses de leur hygiène de vie et qu’elles fumaient peu.

Mais, là aussi, la tendance pourrait changer dans les prochaines années car l’OMS rappelle que de plus en plus de femmes ont adopté d’autres mauvaises habitudes masculines que le tabac, comme le manque d’exercice physique et le stress.

Isabelle Eichenberger

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