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Les Suisses ne veulent pas s'amuser idiot

Le CERN à Genève a aussi son projet de parc d'attraction. Keystone Archive

Les Suisses - comme les autres Européens - aiment les parcs d'attraction, qu'ils soient d'amusement pur ou de didactisme high-tech. Deux tendances qui sont d'ailleurs bien représentées dans les projets qui se dessinent entre Alpes et Jura.

Ce contenu a été publié le 01 juillet 2001 - 11:47

A terme, le site du Bouveret devrait offrir bien plus que des balades en trains miniatures et des frissons aux amateurs de toboggans aquatiques. Dans le concept Port-Valais 2005, d'autres projets se situent aux confins du parc à thème et du centre de compétence.

Ici, on pense d'abord à Cap Santé, le module scientifique soutenu par l'Organisation mondiale de la santé. Il s'agirait de construire une île artificielle, qui servirait tout à la fois de centre de recherche aquatique et d'exposition permanente sur les thèmes de la santé et de l'environnement. Un bureau spécialisé a été mandaté pour définir un contenu, qui reste pour l'heure encore assez flou.

Plus avancé est le projet d'aquarium, pour lequel le plan d'aménagement a déjà passé le cap de la mise à l'enquête publique. Il sera entièrement dédié à la faune et à la flore du Rhône. Des glaciers qui lui ont donné naissance à la Méditerranée dans laquelle il se jette, en passant par le Léman, le plus grand réservoir d'eau douce d'Europe.

Au Bouveret encore, Alain Bougard (grand voyageur et créateur d'une revue et d'une fondation dédiées aux îles) prévoit de recréer le monde de Robinson Crusoé. Son projet se veut didactique et ludique. Il associe des maquettes, des images de synthèse et des hologrammes pour faire comprendre au public l'importance de l'eau potable, un élément vital de plus en plus rare.

Enfin, le Chablais n'a pas oublié que le mésoscaphe de Jacques Piccard avait été mis à l'eau au Bouveret après être sorti des ateliers Giovanola à Monthey. Depuis deux ans, le fleuron de l'Expo 64 - rapatrié des Etats-Unis grâce à des fonds privés - achève de rouiller dans une ancienne halle industrielle du Bouveret. A terme, il devrait occuper le centre d'un espace dédié à la famille Piccard, qui fera le lien entre la zone ludique et la zone «sérieuse» de Port-Valais 2005.

Mais les projets de parcs «intelligents» ne fleurissent pas qu'à l'embouchure du Rhône. A quelques kilomètres de là, Vevey compte bien accueillir un jour Explora Park, premier parc européen consacré au thème de la santé et des sciences de la vie. Pour cela, la ville vaudoise dispose des vastes terrains des anciens Ateliers de construction mécanique (ACMV), laissés en friche par la débâcle de Werner K. Rey.

Ce projet offrirait une sorte de visite des différents organes (géants pour l'occasion) du corps humain, à grand renfort de technologie multimédia. Séduisant, certes, mais cher (75 millions de francs), Explora Park pourrait aussi bien voir le jour à Lausanne ou à Genève. Car la friche industrielle des anciens ACMV appartient désormais à la Banque cantonale vaudoise, qui n'entrera en matière que sur la base d'un dossier solide et avec un promoteur disposant des moyens nécessaires.

Eugène Chaplin, qui rêve depuis plusieurs d'années d'implanter là un parc à thème sur l'œuvre de son père, en sait quelque chose...

Autre projet encore, à l'autre bout du lac cette fois, le Big Bang, imaginé par un groupe de chercheurs du CERN. Chaque année, les visiteurs se pressent aux portes ouvertes du Laboratoire européen de physique des particules. Des visiteurs désormais frustrés, puisque l'ancien accélérateur géant est en phase de démontage et que les radiations qui émaneront du nouveau rendront toute visite impossible.

D'où l'idée d'un autre parc à thème, qui permettrait de toucher du doigt les liens entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Là également, la technologie multimédia serait fortement mise à contribution. En l'occurrence, pour montrer aux visiteurs comment les paysages se déforment lorsqu'ils atteignent virtuellement la vitesse de la lumière. Le directoire du CERN doit se prononcer à l'automne sur la faisabilité du projet.

A côté de cette foison de projets didactiques, d'autres promoteurs planchent, eux, sur des idées de parcs de pur divertissement. Ainsi, le Moyen Age pourrait être un jour à l'honneur aussi bien à Morges qu'à Moudon. Dans le premier cas, il s'agirait de donner un port d'attache garanti d'époque à la galère qui vient d'être mise à l'eau. Et dans le second, de créer un bourg médiéval avec toutes sortes d'attractions intégrées.

Et la liste n'est pas exhaustive. Dans un domaine où la Suisse a pratiquement encore tout à découvrir, les projets poussent comme champignons après la pluie. Depuis l'ouverture de l'Aquaparc du Bouveret, la fiduciaire Ernst & Young, spécialisée dans l'audit et l'élaboration de business plans, n'en reçoit pas moins de deux par semaine!

Marc-André Miserez

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