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Les premières AOC suisses prennent du retard

La jeune Association suisse pour la promotion des Appellations d’origine contrôlées se préparait à entamer l’an 2000 en fêtant la naissance des premières AOC du pays. Elle doit déchanter. Trois produits du panier font encore l’objet d’oppositions.

Ce contenu a été publié le 11 janvier 2000 - 18:14

La jeune Association suisse pour la promotion des Appellations d’origine contrôlées se préparait à entamer l’an 2000 en fêtant la naissance des premières AOC du pays. Elle doit déchanter. Trois produits du panier font encore l’objet d’oppositions.

En octobre dernier, l’Office fédéral de l’agriculture avait publié les demandes d’enregistrement des quatre premières appellations d’origine contrôlée (AOC): deux fromages, le «Gruyère» et «L’Étivaz», une variété de semoule de maïs, le «Rheintaler Ribel» et un alcool, «L’Eau-de-vie de poire du Valais». Plus une indication géographique protégée (IGP), la «Viande séchée des Grisons».

Ce nouveau registre suisse des appellations d’origine servira à protéger les noms de régions qui désignent des produits agricoles (autres que le vin) et dont les principales qualités sont précisément liées à ce terroir. A partir du moment où une dénomination de région est protégée, les producteurs qui peuvent l’utiliser sont ceux-là seulement qui proposent un produit cultivé dans cette région et qui respectent un cahier des charges précis. La législation est plus souple dans le domaine des indications géographiques. Exemple: pour qu’une viande séchée puisse porter l’étiquette «Grisons», peu importera l’origine de la viande, il suffira qu’elle ait été traitée dans la zone définie par le cahier des charges. Et tout cela finalement devrait aider le consommateur à faire ses choix.

Les demandes d’enregistrement sont soumises à une enquête publique de trois mois. Mais une erreur de calendrier de l’administration fédérale a fait que la date de naissance des premières AOC, fixée au 6 janvier, a dû être repoussée de quinze jours et qu’elle laisse donc encore un peu de champ libre aux opposants. En fait, trois de ces premiers produits subissent pour le moment le feu de plusieurs oppositions, à savoir le maïs de la Vallée du Rhin, l’alcool de poire valaisan et surtout le fameux «gruyère».

C’est évidemment ce dernier cas qui donne des cheveux gris aux producteurs. Voilà un fromage somme toute victime de son succès. Sa méthode de fabrication a depuis longtemps dépassé les frontières de son pays natal, la Gruyère fribourgeoise. Sa recette, des fromagers de Suisse alémanique la pratiquent allègrement. De même que leurs collègues français de Franche-Comté, lesquels ont déjà déposé une demande d’attestation européenne de spécificité. Celle-ci implique des normes précises de fabrication sans les lier à une région délimitée. Et si l’Union européenne venait à accepter cette demande avant que la Suisse ne reconnaisse officiellement l’appellation d’origine «Gruyère», c’est évidement tout un pan de l’économie helvétique qui pourrait en tomber malade.

Bernard Weissbrodt

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