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Les paysans appelent à la résistance contre l'OMC

Manifestation devant le Palais fédéral à Berne en novembre 2005. La mobilisation des paysans ne faiblit pas. Keystone

A la veille de l'ouverture à Genève d'une nouvelle conférence ministérielle de l'OMC, les paysans suisses réclament des règles commerciales équitables.

Ce contenu a été publié le 28 juin 2006 - 11:58

Mercredi, au nom des organisations agricoles de 53 pays, leurs représentants n'ont pas caché leurs craintes que l'Organisation mondiale du commerce fasse encore des concessions aux grands exportateurs agricoles, au détriment des familles paysannes.

Prévue dès demain, jeudi 29 juin, et jusqu'au 2 juillet, cette conférence ministérielle est censée débloquer le cycle de Doha des négociations de l'OMC, qui bute encore sur près de 700 points litigieux.

Inquiètes pour l'avenir de leurs membres, les associations paysannes de 53 pays présentant des structures familiales ou important déjà une grande partie de leur nourriture se sont regroupées pour exprimer leurs préoccupations et leurs besoins.

Du monde entier

Outre les paysans européens, le mouvement comprend des associations indiennes, indonésiennes, japonaises, coréennes et de nombreux pays d'Afrique et d'Amérique latine, toutes signataires d'une déclaration conjointe adoptée à Hong Kong en décembre 2005.

Même les paysans américains et canadiens, en désaccord avec la politique des leurs gouvernements, ont signé ce texte.

Mercredi, ces agriculteurs du monde entier tenaient une conférence de presse dans une ferme de Genthod, près de Genève, sous l'égide de l'Union suisse des paysans (USP). Objectif: résister et rappeler aux responsables de l'OMC que leur premier devoir est d'assurer des règles commerciales équitables.

Urgence inquiétante

Les gouvernements américains et européens veulent faire le maximum pour conclure le cycle de Doha cette année encore.

Une urgence qui inquiète les paysans, d'autant que le président des négociations sur l'agriculture de l'OMC entend aboutir à un résultat sur la base de la proposition des vingt principaux pays industrialisés et émergents (G20), qui prévoit une réduction des droits de douane allant jusqu'à 75%.

Selon l'USP et ses alliés, cette proposition est inacceptable. Elle sert avant tout les intérêts des pays orientés vers l'exportation et des producteurs agricoles industriels.

Pas à n'importe quel prix

«Nous sommes prêts à ouvrir davantage nos frontières et à donner aux pays pauvres l'accès à nos marchés», a dit le président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l'Union européenne.

Mais Rudolf Schwarzböck demande «un résultat équitable, qui offre également un avenir à notre agriculture, et préserve la souveraineté alimentaire de chaque pays et ses exigences envers les produits».

Côté suisse, le directeur de l'USP a rappelé que les propositions du G20 auraient des conséquences dramatiques pour les familles paysannes.

Remise d'une déclaration

«Notre agriculture diversifiée serait fondamentalement remise en question, avertit Jacques Bourgeois. Des calculs ont montré que les fermiers suisses devraient compter sur des pertes de plus de 40% pour les céréales, de 50% pour les légumes, et même de plus de 50% pour la viande blanche».

Afin de soutenir leur position, les associations paysannes remettront la déclaration de Hong Kong à Anabel Gonzalez, directrice de la Division agriculture de l'OMC.

swissinfo

En bref

- Les 149 membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) négocient une libéralisation accrue des échanges dans le cadre du cycle «de Doha», lancé en 2001

- La Suisse y assume une position défensive sur le dossier agricole et offensive sur la libéralisation des services ou la baisse des droits de douane pour l'industrie.

- L'OMC souhaite que la Suisse réduise ses subventions à l'agriculture et ses droits de douane à l'importation pour les produits agricoles.

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Faits

Ces 15 dernières années en Suisse, 30'000 exploitations agricoles ont cessé leur activité.
Actuellement, 120'000 personnes travaillent dans l'agriculture.
Dans les années 60, elles étaient encore 420'000.

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