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Les nouveaux pauvres ont des salaires de misère

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Travailler ne préserve plus nécessairement de la pauvreté. Selon une étude de l'Office fédéral de la statistique (OFS) présentée vendredi à Berne, 7,5% des salariés ne bénéficient pas du minimum vital. Les familles sont les premières victimes du fléau.

Ce contenu a été publié le 23 mars 2001 - 17:46

Dans cette catégorie des working poors sont considérées comme...pauvres, les personnes qui touchent moins de 2100 francs par mois ou les familles avec deux enfants dont le revenu ne dépasse pas 4000 francs. Selon l'étude de l'Office fédéral de la statistique (OFS), quelque 250 000 personnes âgées de 20 à 59 ans sont concernées.

«En réalité, les salariés qui vivent dans des conditions précaires sont bien plus nombreux», souligne pour sa part Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse. «Le seuil de 2100 francs adopté dans le cadre de l'étude de l'OFS est particulièrement bas».

A en croire le syndicaliste, si l'on utilise une base de calcul plus réaliste, soit un salaire minimum de 3000 francs par mois pour un travail à plein temps, on verrait que 13,5% de la population - soit un salarié sur huit - entrent dans la catégorie des working poors.

Si le nombre de travailleurs frappés par ce type de pauvreté divise les observateurs, tous s'accordent à dire que la paupérisation des salariés a sensiblement augmenté durant les années 90.

En 1995, le taux des employés vivant au-dessous du seuil de pauvreté avoisinait les 5%. En 1996, il est passé à 7%. Et il a continué de progresser pour atteindre 7,5% en 1999.

Cette hausse s'explique notamment par un accroissement du nombre de travailleurs indépendants et, dans un même temps, par la multiplication des contrats de travail de durée limitée.

Plus que toute autre catégorie, les femmes et les personnes peu qualifiées sont particulièrement exposées au risque de pauvreté en dépit de l'exercice d'une activité lucrative. Mais les familles avec deux ou trois enfants sont aussi particulièrement vulnérables.

Et l'étude de l'OFS de constater que, durant les années de crise, la progression du nombre de working poors a surtout touché les familles monoparentales et les familles nombreuses. Autrement dit, celles qui n'étaient pas en mesure d'augmenter leur volume de travail pour compenser le manque d'argent.

Reste que, pour l'Office fédéral de la statistique, les bas salaires n'expliquent que partiellement le phénomène de la paupérisation des travailleurs. Un tiers des working poors ont en effet un revenu supérieur au seuil des bas salaires. Et l'OFS de souligner que l'introduction d'un salaire minimum obligatoire n'entraînerait qu'une baisse de 1,2% du taux des travailleurs les plus démunis.

Les risques de paupérisation dépendraient donc essentiellement de la formation et de la situation, plus ou moins stable, du travailleur dans le cadre de sa profession. Il serait également directement influencé par les coûts liés au nombre d'enfants à charge.

L'OFS suggère donc à la Confédération d'améliorer sa politique familiale. Il préconise un certain nombre de mesures: rabais fiscaux, augmentation des allocations familiales ou introduction des prestations complémentaires pour les familles à bas revenu.

Ces propositions sont dans l'air du temps. Mercredi, le Conseil national a en effet approuvé un ambitieux programme d'aide aux familles dont un modèle d'allocations familiales complémentaires déjà testé dans le canton du Tessin.

Vanda Janka

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