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Ces milliards des oligarques russes gelés dans les banques suisses

Des oligarques tels que Viktor Vekselberg (à droite) ont noué des liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine. Keystone / Alexei Druzhinin

Tant les banques que les oligarques russes doivent faire face aux conséquences des sanctions suisses. Sur ordre de Berne, des milliards des francs d’actifs sont désormais gelés dans les coffres des banques helvétiques.

Ce contenu a été publié le 04 mars 2022 - 13:35
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La Banque nationale suisse (BNS) estime la valeur actuelle des avoirs russes en Suisse à environ 10 milliards de francs. Mais le journal Neue Zürcher Zeitung estime que le chiffre réel, incluant les avoirs de cinq oligarques visés par les sanctions (qui n’ont pas été nommés), pourrait s’élever à 150 milliards de francs.

Lundi, le gouvernement suisse a cédé à la pression nationale et internationale en gelant les avoirs russes sanctionnés, conformément aux directives de l’Union européenne. La Russie a imposé un contrôle des capitaux, limitant les sommes d’argent qui peuvent sortir du pays.

Certains médias ont émis l’hypothèse que les sanctions ont incité les Russes fortunés à tenter désespérément de retirer des fonds ou de les placer au nom de proches. Les banques se refusent à tout commentaire en raison de la confidentialité de leurs clients.

Les oligarques peuvent compter sur des conseillers financiers extrêmement compétents, mais cela ne les protège pas toujours des conséquences des sanctions.

Bien qu’il nie avoir une influence au Kremlin, l’industriel russe Viktor Vekselberg a dû réduire ou couper ses liens avec des entreprises suisses après avoir été placé sur une liste de sanctions des États-Unis en 2018.

PostFinance, la branche financière de La Poste suisse, a alors fermé son compte bancaire personnel. Viktor Vekselberg a protesté, arguant que PostFinance est tenue par la loi de fournir des services de base à tous les résidents suisses. Ce n’est que récemment que la plus haute juridiction suisse a soutenu son action en justice.

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Problème de réputation

Les banques se sont bien habituées à naviguer dans les sanctions mondiales, mais elles se trompent parfois. En 2014, la banque française BNP Paribas a été condamnée à une amende de 9 milliards de dollars, tandis qu’en 2019, Standard Chartered a dû débourser 1,1 milliard de dollars pour avoir violé les mesures imposées par les États-Unis. En 2009, Credit Suisse a été frappé d’une amende de 536 millions de dollars pour avoir enfreint les sanctions.

Dans le cas présent, aucune banque ne voudrait risquer de nuire à sa réputation en étant considérée comme ayant indirectement soutenu l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Bien que la Suisse n’ait imposé un gel des avoirs que le 28 février, il est probable que les banques suisses aient déjà observé les sanctions européennes et américaines mises en place quelques jours auparavant.

«Les banques ont certainement fermé leurs portes dès l’introduction des sanctions américaines», a déclaré Peter V. Kunz, directeur de l’Institut de droit des affaires de l’Université de Berne, à la radiotélévision alémanique SRF. «Aucune banque suisse ne veut se retrouver dans le collimateur des autorités américaines», a-t-il souligné.

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L’introduction de sanctions pourrait entraîner la liquidation des transactions ou des prêts qu’une banque a conclus pour le compte d’un client sanctionné. Avant même la dernière série de sanctions, Credit Suisse se serait déchargé du risque de défauts de paiement des oligarques sur les prêts accordés pour l’achat de yachts, de jets et de biens immobiliers.

Le Financial Times a eu accès à des documents qui font état de défauts de paiement causés par «les sanctions américaines contre les oligarques russes». Peu après la publication de l’article, la banque aurait demandé à des fonds spéculatifs et à d’autres investisseurs de détruire des documents relatifs à des prêts pour des yachts d’oligarques.

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