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Les mauvais augures des sismologues

Keystone

Les probabilités de tremblement de terre ont été revues à la hausse dans le Bas-Valais et dans la région de Bâle.

Ce contenu a été publié le 08 novembre 2004 - 21:05

Le Service sismologique national publie une nouvelle carte des risques. Il met en garde les Suisses et exige de nouvelles mesures de protection.

Le Valais et Bâle-Ville sont les deux régions les plus exposées de Suisse. «On peut y attendre des séismes d'une magnitude de 5 à 6 sur l'échelle de Richter», précise Domenico Giardini, directeur du Service sismologique suisse.

Une zone de risque plus modéré s'étend sur l'arc alpin de Vevey aux Grisons en passant par Schwyz. Le Plateau et le Tessin apparaissent comme des zones à faible danger. Le risque a même été réduit à Genève et autour du lac de Constance.

Normes de construction

La carte présentée lundi évalue les risques pour les 475 prochaines années. Elle représente «l'aléa sismique», une valeur qui tient compte du niveau probable des secousses et de leur fréquence.

Elle sert de base pour définir les normes de construction des bâtiments et des infrastructures. A noter que la nouvelle norme SIA 261 introduite en 2003 tient déjà compte des valeurs de la nouvelle carte.

Calme trompeur

La Suisse a une activité sismique modérée en comparaison internationale. Elle a été épargnée par les tremblements de terre destructeurs durant les 30 dernières années.

«Mais ce calme trompe. Notre pays doit s'attendre à de forts séismes», avertit Domenico Giardini. C'est pourquoi la Suisse doit absolument prendre de nouvelles mesures.

Mesures à prendre

«Le respect de la norme SIA 261 devrait être rendu obligatoire dans tous les cantons pour les bâtiments publics et privés», estime le directeur du service sismologique. Pour l’instant, elle n'est appliquée qu'au niveau de la Confédération et en Valais.

L'Ecole polytechnique fédérale de Zurich a calculé que l'application de la norme entraîne une augmentation des coûts de construction de 1% seulement.

Les spécialistes jugent important que les architectes et les ingénieurs soient formés aux techniques anti-sismiques modernes.

Selon le professeur Giardini, il faut également que la question de l'assurance en cas de tremblement de terre soit réglée et qu'un concept d'intervention coordonnée soit développé en cas de catastrophe.

Potentiel de dégâts plus élevé

Aujourd’hui, le potentiel de dégâts est plus élevé qu'autrefois en raison de la forte densité de population, de bâtiments et d'infrastructures.

Si l’un des forts tremblements de terre du passé se répétait aujourd'hui, les dégâts s'élèveraient au niveau du milliard, estiment les sismologues.

Une grande partie des bâtiments existants ont été construits avant que les règles de protection entrent en vigueur, explique encore le professeur Giardini.

En ce qui concerne les centrales nucléaires du pays, Swissnuclear estime qu’il n’est pas nécessaire de réévaluer la sécurité suite à la publication de la carte.

«Les centrales ont été conçues pour des secousses beaucoup plus fortes que celles que la carte prend en compte», rappelle l'organisation des exploitants des centrales nucléaires. Il en va de même pour les barrages.

swissinfo et les agences

Faits

En 1356, Bâle a été frappé par le plus fort tremblement de terre jamais enregistré en Europe centrale.
Il avait atteint une magnitude de 6,5 sur l’échelle de Richter.
Depuis, la Suisse a enregistré de nombreuses secousses légères.

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En bref

- La nouvelle carte du Service sismologique suisse évalue les risques pour les 475 prochaines années.

- La précédente datait de 1978 et n’était plus valable.

- La carte des risques sert de base pour définir les normes de construction des bâtiments et des infrastructures.

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