Navigation

Les jeunes Romands pas toujours impliqués

La guerre en Irak, omniprésente dans les médias suisses et dans le reste du monde, suscite une énorme mobilisation pacifique chez les jeunes.

Ce contenu a été publié le 05 avril 2003 - 11:22

Mais pour beaucoup, notamment en Suisse romande, elle reste aussi lointaine, incompréhensible et abstraite.

Pour Nicolas Schurter, maître de français et d'anglais à l'école secondaire de l'Elysée à Lausanne, les discussions sur l'Irak avec ses élèves âgés de 13 à 16 ans ont montré une grande incompréhension sur les vrais motifs de la guerre.

Il a organisé plusieurs débats sur ses heures de cours, notamment avant le déclenchement du conflit.

«Quelques élèves se montrent très concernés par le conflit et se tiennent régulièrement informés à la télévision et sur Internet. En revanche, une forte majorité soit ne connaît pas assez le problème, soit s'y sent étranger et n'a pas d'avis personnel. Ce conflit est absent de leur réalité», raconte l'enseignant.

Le 147, la ligne d'assistance aux enfants, n'a quasiment pas reçu d'appels sur ce thème en Suisse romande, selon Terre des hommes à Lausanne et SOS Enfants à Genève, deux associations chargées d'écouter les jeunes interlocuteurs.

En revanche, le site Internet CIAO a ouvert un forum aux jeunes pour leur permettre de s'exprimer sur ce thème.

Désillusion

La plupart expriment leur révolte contre la guerre. Mais certains disent aussi leur désillusion: «Je suis d'accord avec toi, cette guerre c'est de la merde (comme toutes les autres d'ailleurs). Faut pas rêver, on aura beau prier ou manifester, ça ne va pas changer grand chose, seulement qu'est ce qu'on peut faire d'autre?», écrit un adolescent.

Un autre messager relativise les manifs des jeunes. Il souligne que seule une petite partie des manifestants étaient de vrais militants, alors que le gros de la troupe suivait sans réelle conviction: «On pourrait croire que ces manifestations sont devenues une 'mode', un 'passe-temps' voir un 'devoir'... qui s'étouffe tout de même petit à petit.»

Le «chat» présentait mercredi un peu plus de 25 messages, un nombre d'intervention minime par rapport aux milliers de questions des jeunes internautes sur la sexualité, les relations avec les parents ou la violence.

Distance

Chez les plus petits, le thème de l'Irak est aussi relégué derrière des préoccupations plus proches, selon Jean-Marc Richard, animateur de «Salut les p'tits zèbres» sur la Radio suisse romande. «Les enfants n'ont pas du tout envie de parler de la guerre», note l'homme de radio.

Il a constaté que les enfants prenaient très vite de la distance par rapport à des événements tragiques comme la guerre ou les attentats du 11 septembre.

En Suisse allemande, la ligne 147 a reçu par contre beaucoup d'appels notamment d'enfants de moins de 14 ans, selon Martin Beutler, responsable à Pro Juventute.

L'inquiétude est palpable notamment depuis le déclenchement du conflit, explique-t-il. Les enfants témoignent de leur impuissance face aux images de violence vues à la TV.

Pour les maîtres: educa.ch

Pour mieux répondre aux questions des élèves dans les écoles, la conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique a réservé sur son site une place sur le conflit en Irak.

Le site offre une vue d'ensemble sur la région, son histoire, sa culture et présente des liens pour obtenir des informations de dernière minute.

swissinfo avec les agences

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?