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Les incendiaires de RUAG revendiquent leur acte

L'attentat chez Ruag a causé de nombreux dégâts matériels. RTS

L'entreprise d'armement a été victime d'un incendie criminel dans la nuit de lundi à mardi. L'acte a été revendiqué par un obscur «comité du 1er avril».

Ce contenu a été publié le 01 avril 2003 - 19:06

La semaine passée déjà, un inconnu avait lancé un projectile incendiaire contre le bâtiment.

Les dégâts se chiffrent à environ 200 000 francs. Selon le porte-parole de la police municipale bernoise, les auteurs du méfait ont cisaillé une clôture pour s'introduire sur les lieux.

L'enquête est du ressort de la police municipale, précise Franz Märki. Mais ce sont les experts de la police cantonale bernoise qui devront déterminer l'origine de l'incendie qui est d'ores et déjà qualifié de criminel.

De son côté, le porte-parole de RUAG souligne la coïncidence entre ce sinistre et les critiques émises contre les ventes de matériel militaire à des Etats qui sont impliqués dans la guerre en Irak.

Des gaz et des drones

Pour Bruno Frangi, ce n'est donc «pas un hasard». D'ailleurs, l'incendie a été revendiqué auprès de l'Agence télégraphique suisse (ATS) par un «comité du 1er avril», dont les membres sont restés anonymes.

Ce comité accuse RUAG de produire des «technologies de lutte contre la révolte» et de livrer ce matériel à des «armées engagées dans la guerre en Irak».

RUAG, précise-t-il, exporte notamment des gaz lacrymogènes qui sont «utilisés mondialement contre les mouvements d'opposition de gauche», ainsi que des drones (développés avec Oerlikon Contraves) qui sont livrés à Israël.

Toutes les exportations de matériel de guerre à destination des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Pologne et de l'Australie ont été suspendues, souligne le prote-parole de RUAG.

RUAG déjà visée

La semaine dernière, d'autres cocktails Molotov avaient déjà été lancés contre le bâtiment de l'entreprise d'armement, sans pour autant causer de gros dégâts.

Et, selon Bruno Frangi, la direction de RUAG avait pris des mesures de sécurité supplémentaires.

Le porte-parole de la police municipale bernoise Franz Märki précise que la RUAG est un terrain privé et que c'est donc à la direction de l'entreprise de voir comment elle veut être protégée.

Plainte pendante

Mardi, le secrétaire du parti socialiste (PS) Reto Gamma a réagi en rappelant que l'opposition à l'exportation de matériel de guerre devait s'exprimer sur la scène politique. Et pas par des actes de violence.

Pour mémoire, vendredi, le PS avait annoncé le dépôt d'une plainte contre les sociétés RUAG à Thoune (BE) et Derendinger à Genève.

Selon le PS, la loi suisse n'autorise pas l'exportation de matériel de guerre vers des pays qui ont violé le droit international public, ce qui est en l'occurrence le cas des Etats-Unis et de leurs alliés militaires.


swissinfo et les agences

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