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Les hésitations suisses irritent l'Union européenne

Les négociations s'annoncent difficiles entre la Suisse et l'Europe. Keystone Archive

Les bilatérales-bis peuvent démarrer. Mais au-delà des déclarations, Berne et Bruxelles ont des approches diamétralement opposées.

Ce contenu a été publié le 30 janvier 2002 - 19:29

La Suisse est prête à démarrer ce nouveau cycle de négociations bilatérales. Et l'Union européenne (UE)? A cette question, la réponse fuse à la Commission européenne: «les bilatérales II, c'est une idée de la Suisse! Il n'y a pas d'accord sur une liste comportant dix sujets!»

Le ton est donné. Visiblement, la publicité faite en Suisse au sujet de l'adoption par le Conseil fédéral des derniers mandats de négociation agace la Commission européenne.

Mercredi, à Bruxelles, on avait aussi la tête ailleurs: l'Exécutif européen présentait le financement de l'élargissement. Et décidait aussi de lancer un avertissement à l'Allemagne à cause de son déficit budgétaire.

Incohérence helvétique

Alors que l'UE entame la dernière ligne droite de son ambitieux projet d'élargissement et termine des négociations avec des pays qui - eux - veulent clairement entrer dans l'Union, les hésitations suisses finissent par irriter Bruxelles.

Les Quinze voudraient savoir quel est l'objectif ultime de la Suisse? L'adhésion, comme l'affirme le Conseil fédéral? Dans ce cas, pourquoi ces pinaillages, dans chaque dossier, autour de la reprise de l'acquis communautaire (la base juridique de l'UE)?

Les négociateurs communautaires reprochent à leurs interlocuteurs une certaine «incohérence» de la position suisse. Un exemple: Berne affirme ne pas pouvoir accorder l'entraide judiciaire dans la lutte contre la fraude. Mais, souligne-t-on à la Commission, cette entraide est obligatoire dans les accords de Schengen, auxquels la Suisse veut adhérer.

Les délégations de la Suisse et de l'UE vont se retrouver lundi à Berne. «Nous espérons connaître en détail le contenu des nouveaux mandats de négociation», déclare-t-on dans l'entourage du chef de la délégation communautaire, Percy Westerlund.

La fraude, dossier prioritaire

L'Union européenne attend aussi un assouplissement de la position suisse sur le dossier, prioritaire pour elle, de la lutte contre la fraude. Bruxelles veut d'abord des résultats concrets sur ce dossier avant de poursuivre les discussions sur d'autres dossiers. En clair: il n'y aura pas de mandat de négociation sur Schengen/Dublin sans progrès sur la fraude.

La position suisse est ferme. Et diamétralement opposée. Berne veut une négociation globale et insiste sur le parallélisme des négociations sur les différents dossiers.

«Dans toutes les discussions, l'Union européenne nous demande de reprendre l'acquis communautaire, avant même d'avoir négocié!», s'exclame-t-on à la Mission suisse. Et de préciser: «nous, nous voulons d'abord négocier».

La réunion de lundi s'annonce donc particulièrement difficile. Les approches de Berne et de Bruxelles étant complètement différentes. L'objectif de conclure cette seconde série de négociations bilatérales d'ici la fin 2002 semble bien illusoire.

En fait, derrière la mauvaise humeur communautaire, il y a le dossier de la fiscalité de l'épargne et du secret bancaire. Lequel est mal parti.

Bruxelles sait que la position suisse est intransigeante et que Berne refuse l'échange d'informations. Or, le Luxembourg et l'Autriche ne voteront la directive sur l'épargne que si la Suisse adopte des mesures similaires.

Barbara Speziali, Bruxelles

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