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Les députés portent désormais un autre regard sur le Tessin

Les députés quittent Lugano ce vendredi après trois semaines de session parlementaire. Keystone

La session de printemps des Chambres fédérales s'est achevée vendredi à Lugano. Mis à part quelques problèmes d'intendance, les élus tirent globalement un bilan positif de leurs trois semaines passées au sud des Alpes.

Ce contenu a été publié le 23 mars 2001 - 16:26

Avant la session, des journalistes avaient tiré à boulets rouges sur la décentralisation des Chambres. Sous le titre «grotto, merlot, risotto...», d'aucuns ironisaient sur les «vacances» des élus. Quant aux parlementaires, ils craignaient de se retrouver confrontés à de difficiles conditions de travail.

L'absence de pupitres pour déposer la documentation et écrire ou le peu de confort des chaises ont effectivement dérangé les parlementaires. «Mais ces inconvénients ont été largement compensés par la gentillesse des Tessinois», tempère Charles-Albert Antille (PRD/VS).

Côté travail, ceux qui parlaient d'une session «light» s'étaient trompés. Le Parlement n'a de loin pas chômé, notamment en bouclant l'épineux dossier de l'avortement, en se prononçant sur sept initiatives populaires ou encore en débattant de questions aussi sensibles que les salaires des hauts cadres ou de la suppression des petits bureaux de poste.

Autre point positif, cette session luganaise s'est caractérisée par une plus grande convivialité. Les repas pris ensemble, les excursions et les soirées à l'hôtel ont favorisé les contacts entre élus qui ne se fréquentent pas forcément à Berne. Pour Jean Fattebert (UDC/VD), «ça laissera un certain nombre de bons souvenirs et ça va nouer des relations qui sont manifestement utiles».

Mais le déplacement des Chambres à Lugano avait essentiellement pour but de faire découvrir une région un peu méconnue du reste de la Suisse. Et là aussi, de l'avis d'une majorité d'élus, le but a été largement atteint.

«Ici, on a vécu la minorité pendant trois semaines», souligne Hugo Fasel (PCS/FR). Ruedi Baumann (Vert/BE) remarque pour sa part que les excursions proposées ont permis de mieux prendre conscience des réalités tessinoises. «Je peux dire que, maintenant, je me sens un peu tessinois», déclare-t-il.

Le sénateur Dick Marty (PRD/TI), l'initiateur de cette session luganaise, partage cet optimisme: «beaucoup de députés ont pris conscience qu'il y a aussi une Suisse italienne et que la Suisse ne serait pas tout à fait la Suisse sans cette culture».

Cependant, il y a quelques voix discordantes dans ce concert de louanges. Ainsi, les démocrates du centre zurichois Christoph Blocher et Ueli Maurer estiment que le remue-ménage entourant la session a plutôt empêché les contacts.

De l'autre côté de l'échiquier politique, Patrice Mugny (Vert/GE) se dit «sceptique» sur l'expérience luganaise. «Il n'est pas nécessaire que le Parlement fasse du tourisme au Tessin ou ailleurs», déclare-t-il.

Mais globalement, les élus sont très satisfaits de leur déplacement à Lugano et sont prêts à renouveler l'expérience. Toutefois, elle ne devrait pas avoir lieu trop souvent, au plus tous les cinq ou dix ans. «Si on exagère, ça perd toute son importance et ça devient superficiel», conclut Hugo Fasel.

Olivier Pauchard, Lugano

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