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Les comptes d'UBS virent au rouge vif

Keystone

UBS a enregistré un déficit historique en 2008. La première banque de Suisse a creusé sa perte nette à un montant de 19,697 milliards de francs, contre 5,2 milliards l'année précédente. De nouvelles suppressions d'emploi sont prévues.

Ce contenu a été publié le 10 février 2009 - 09:16

Les résultats d'UBS pour l'an dernier faisaient l'objet de spéculation depuis plusieurs semaines. Finalement dévoilés mardi, les comptes confirment que 2008 a véritablement constitué l'«annus horribilis» de la première banque du pays.

Perte de confiance

UBS évolue donc pour la deuxième fois en un peu plus de dix ans d'histoire dans les chiffres rouges. Outre un premier et un dernier trimestre 2008 catastrophiques, elle a essuyé une perte de 358 millions entre avril et juin et dégagé un petit bénéfice de 296 millions entre juillet et septembre.

Les sorties nettes de capitaux, traduisant l'immense perte de confiance des clients dans la banque, donnent une nouvelle fois le vertige. Au quatrième trimestre, elles se montées à 58,2 milliards de francs dans la gestion de fortune et à 27,6 milliards dans la gestion institutionnelle, soit un total de 85,8 milliards.

Sur l'ensemble de l'année 2008, les sorties nettes de capitaux s'élèvent à 226 milliards de francs, en cumulant les chiffres présentés en novembre sur neuf mois.

Perspectives floues

Avec effet immédiat, UBS a établi deux nouvelles divisions: Wealth Management & Swiss Bank et Wealth Management Americas.

«La mise en place des deux nouvelles divisions nous aidera à rétablir la réputation et l'image de notre établissement», déclare le patron d'UBS Marcel Rohner, cité dans le communiqué. «Les activités de gestion de fortune seront plus largement représentées au directoire du groupe et nos activités en Suisse, très rentables et prévisibles, se verront accorder davantage d'importance», a-t-il ajouté.

Quant aux perspectives, UBS affiche la plus grande prudence. La banque signale être parvenue à renverser la tendance en janvier dernier, avec des afflux nets d'argent frais dans la gestion de fortune et d'actif, sans pour autant donner de montants précis.

Suppressions d'emplois

Malgré ce «début d'année encourageant», UBS va toutefois supprimer 2000 emplois supplémentaires dans sa banque d'affaires. La division à l'origine de sa débâcle sera réduite à un effectif de 15'000 personnes, contre près de 22'000 à fin 2007.

Les 2000 emplois rayés dans la banque d'affaires s'ajoutent aux 9000 suppressions annoncées depuis le début de la crise en octobre 2007. UBS n'a pas annoncé de coupes dans ses autres divisions.

L'effectif total de l'UBS a été ramené à 77'783 personnes en décembre 2008 contre 83'560 un an plus tôt, une baisse de 7% sur un an. En Suisse, 26'406 personnes travaillaient pour la banque à la fin de l'année, soit 5% de moins sur un an.

Moins d'actifs pourris

Une bonne nouvelle toutefois pour UBS: la banque compte moins d'actifs «pourris» que prévu. La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé mardi qu'elle ne reprendra que 39,1 milliards de dollars (45,9 milliards de francs) d'instruments toxiques.

La BNS et UBS ont convenu de ne pas transférer certaines catégories d'actifs. Il s'agit d'instruments adossés à des prêts aux étudiants et de titres garantis par des rehausseurs de crédit. Le portefeuille destiné à reprendre les actifs toxiques de l'UBS avait été délibérément calculé sur une large base.

La BNS motive l'opération à la faveur de changements dans les règles comptables de l'UBS, qui ne rendent plus nécessaire le transfert de certains actifs. De ce fait, le premier gestionnaire de fortune du monde ne doit plus valoriser les instruments concernés à leur valeur de marché.

Pour mémoire, la BNS et le gouvernement suisse avaient alors volé au secours du numéro un bancaire helvétique embourbé dans la crise du crédit. Ils avaient décidé de créer un fonds de stabilisation en vue de réaliser les actifs toxiques d'UBS pour un montant maximal de 60 milliards de dollars.

swissinfo et les agences

Limitation des rémunérations variables

L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a autorisé UBS à attribuer sur 2008 des éléments de rémunération variables à hauteur de 1,8 milliard de francs.

Des rémunérations d'un total de 1 milliard de francs ont été garanties par UBS à une date antérieure en vertu de dispositions contraignantes. La grande banque est donc tenue de tenir ses engagements, indique la FINMA mardi dans un communiqué.

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