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Les chercheurs suisses déjà quasiment européens

Les chercheurs suisses sont de plus en plus nombreux à collaborer avec leurs partenaires européens. Keystone Archive

En attendant la ratification des accords bilatéraux, la participation «au coup par coup» des Suisses aux programmes européens marche fort.

Ce contenu a été publié le 08 novembre 2001 - 19:34

Entre 1990 et 1994, 523 universités, instituts ou entreprises suisses ont participé à des projets de coopération couverts par les Programmes-cadres de recherche et de développement technologique (PCRD) de l'Union européenne. Et dans les quatre années suivantes, ce chiffre passe à 1313, soit une augmentation de 250%.

Jeudi, l'Office fédéral de l'éducation et de la science (OFES) a présenté les résultats d'une étude sur le sujet, réalisée par un institut indépendant. Ceci afin de montrer quel bénéfice la Suisse tire de ce rapprochement avec les pays qui l'entourent.

Les projets de coopération mis en concurrence

«Rapprochement» est bien le terme qui convient. En effet, l'intégration totale ne se fera qu'avec l'entrée en vigueur des accords bilatéraux. Or la France, la Belgique et l'Irlande n'ont toujours pas signé et Berne avance maintenant prudemment la date du 1er avril 2002, alors que l'on attendait celle du 1er janvier.

Jusqu'ici donc, la Suisse ne contribue pas encore à l'enveloppe globale alimentée par les Quinze pour financer leurs PCRD. Les projets de coopération helvétiques sont mis en concurrence avec tous les autres, sélectionnés par Bruxelles, mais financés exclusivement par Berne.

En huit ans, cette participation de la Confédération a presque triplé, pour atteindre quelque 120 millions de francs en 2001. Un montant qui devrait encore augmenter lorsque la Suisse participera pleinement aux PCRD, comme le prévoient les accords bilatéraux.

La règle communautaire veut en effet que chaque pays y consacre une part fixe de son produit intérieur brut. La facture pour Berne sera alors de 210 millions annuels. Le Conseil fédéral a déjà préparé son message pour demander aux Chambres les crédits nécessaires pour les quatre prochaines années. En précisant bien que le retour sur investissement est en principe garanti.

Les PME en progression

Sans attendre jusque là, les chercheurs suisses sont de plus en plus nombreux à collaborer avec leurs partenaires européens. L'étude commandée par l'OFES montre que - si les Hautes Ecoles se partagent encore plus de la moitié des projets soutenus -, les PME sont toujours plus présentes dans ces programmes.

Exemple mis en exergue: celui d'une entreprise d'Einsiedeln, détentrice de la technologie nécessaire pour construire des détecteurs de gaz nettement plus efficaces et plus précis que tout ce qui se fait actuellement.

Afin de développer et de commercialiser ce produit, cette PME de 160 employés est allée chercher des collaborations en Italie, en Allemagne et en Hongrie.

L'histoire est encore trop récente pour dire si elle débouchera sur un succès commercial, mais les partenaires impliqués saluent tous la bonne collaboration qui a permis de résoudre rapidement tous les problèmes techniques.

Une réticence paradoxale

«Pour l'heure, les demandes de participation aux PCRD ne sont pas trop nombreuses. Pas mal de gens sont rebutés par le volume de paperasse à remplir», confie Martin Fischer, porte-parole de l'OFES.

Une réticence qui peut paraître paradoxale, surtout si on la met en rapport avec la publication mercredi du «Manifeste pour la place scientifique suisse», où 55 ténors de la science et de l'industrie demandent une augmentation significative de l'aide publique à la recherche.

Un certain réflexe européen reste peut-être à développer chez les scientifiques suisses. La semaine dernière à l'EPFL, le secrétaire d'Etat Charles Kleiber plaidait d'ailleurs pour «la mise en réseau des savoirs».

Marc-André Miserez

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