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Les cagnottes suisses de Didier Schuller

Didier Schuller à St Domingue, avant son retour en France. Keystone

Après une cavale de sept ans, l'homme politique français Didier Schuller s'est rendu à la justice. Mais les clés de cette affaire sont en Suisse.

Ce contenu a été publié le 08 février 2002 - 10:44

L'histoire peut se résumer ainsi: Didier Schuller, conseiller général RPR, proche du ministre Charles Pasqua, est soupçonné d'avoir encaissé de fortes sommes d'argent. Plutôt que de répondre à une convocation de la justice, il préfère s'enfuir en 1995, d'abord en Suisse, puis aux Bahamas et à Saint-Domingue.

Il y a deux semaines, son fils Antoine Schuller, 26 ans, domicilié à Genève chez la chanteuse Marie Laforêt, révèle l'adresse exacte de son père, dans une villa luxueuse à Saint-Domingue.

Plutôt que d'attendre un mandat d'extradition, Didier Schuller a préféré rentrer en France mardi. Inculpé de «trafic d'influence» et de «recel d'abus de biens sociaux», l'ancien homme politique dort en prison.

Interviewé samedi dernier par swissinfo, Antoine Schuller révélait que des millions de francs étaient passés sur les comptes de sa grand-mère, Ema Schuller-Rosenthal, en Suisse.

Investigations sept ans plus tard

L'information est confirmée aujourd'hui: 14 millions de francs français (3,5 millions de francs suisses) sont arrivés au Credit Suisse à Zurich sur les comptes de cette vieille dame, aujourd'hui décédée. Par ailleurs, «20 autres millions francs seraient passés sur une seconde cagnotte, toujours en Suisse», avance le quotidien parisien Le Figaro.

Il s'agit d'argent versé par des entreprises françaises en contrepartie de marchés pour les HLM des Hauts-de-Seine, dont Didier Schuller était le directeur. Ces sommes étaient gérées par un gérant de fortune genevois, Jacques H., inculpé en 1997 de «gestion déloyale» et incarcéré quelques semaines.

Or, Jacques H. s'occupait des intérêts de Didier Schuller bien avant la cavale de celui-ci dans la Caraïbe. «J'étais lycéen en Suisse. Mon père m'avait emmené chez ce gestionnaire de fortune vers 1992-1993», se souvient Antoine Schuller.

Dès cette époque, il était possible de localiser la fortune de ce proche de Charles Pasqua. Mais ce n'est que sept ans plus tard que le juge de Créteil Philippe Vandingenen adresse une commission rogatoire internationale à la Suisse pour investiguer sur la société de Jacques H. à Genève. C'est un peu tard pour faire parler les comptes.

Ian Hamel

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