Navigation

Les attentats américains n'ébranlent pas la stratégie de sécurité suisse

Les deux parlementaires voient dans les récents événements qui ont secoué les Etats-Unis la preuve que le monde doit se préparer à de nouvelles menaces. Keystone Archive

Les radicaux Yves Guisan et Yves Christen ont perdu une bataille. Mercredi matin, le Conseil national n'a pas voulu renvoyer le programme d'armement 2001 comme le préconisaient les deux Vaudois. L'incapacité américaine à faire face au terrorisme n'a pas ébranlé les convictions du camp bourgeois.

Ce contenu a été publié le 19 septembre 2001 - 16:19

«Il faut donner à l'armée les moyens de faire face aux menaces de l'avenir et du présent.» Mardi devant le Conseil national, le radical Yves Guisan s'est montré sans concession: à ses yeux, le programme d'armement 2001 est un produit de la guerre froide.

Le Conseil fédéral a-t-il un wagon de retard? C'est ce que pense également Yves Christen. Les deux parlementaires voient dans les récents événements qui ont secoué l'Amérique la preuve que le monde doit se préparer à de nouvelles menaces.

Soutien de Blocher

Mardi matin, les deux radicaux proposaient donc de renvoyer le programme d'armement 2001 au Conseil fédéral. Hormis la gauche, ils pouvaient compter sur le soutien de plusieurs députés bourgeois romands. Et même sur celui de Christoph Blocher!

«A titre personnel, je soutiens Yves Guisan, a lancé le tribun zurichois. Pour préciser qu'il faut adapter les armées aux menaces actuelles.» Une position «délicate», l'UDC soutenant au contraire le programme du Conseil fédéral.

Le soutien de la gauche, lui, était beaucoup plus logique. Les Verts aussi bien que les socialistes proposaient depuis longtemps la non-entrée en matière. Et les attentats de la semaine dernière ont encore apporté de l'eau à leur moulin.

Actions civiles et coopération internationale

Le Neuchâtelois Fernand Cuche a ainsi souligné la nécessité de gérer ces nouvelles menaces de façon anticipée. En diminuant la misère et la pauvreté. En augmentant la coopération internationale et les actions civiles.

«Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain», a rétorqué Jacques-Simon Eggly. A l'instar de la majorité du camp bourgeois, le libéral genevois a souligné la nécessité d'adapter notre sécurité aux nouveaux dangers, mais tout en garantissant également une sécurité plus classique.

La droite sceptique

«Adaptation et continuité», a résumé Jacques-Simon Eggly. La majorité des radicaux et des démocrates-chrétiens ont suivi cet adage. Estimant également qu'un changement de politique de sécurité ne peut pas être décidé à la va-vite. Ou encore que le Conseil fédéral était, même sans renvoi, appelé à réagir à l'actualité internatioanle récente.

Isolés dans le camp bourgeois, les deux Romands n'ont donc rien pu faire. Leur proposition de renvoi a été balayée par 98 voix contre 77, et trois abstentions.

Les débats se poursuivent mercredi après-midi. Et les deux radicaux ont déjà annoncé leur intention de proposer des coupes dans les dépenses. A l'instar, d'ailleurs, de la gauche. Leur guerre n'est donc pas finie.

Caroline Zuercher

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?