Navigation

Les archives suisses de la danse privées d'aides fédérales

Jean-Pierre Pastori dans les locaux des Archives suisses de la danse, à Lausanne. Keystone

Ni l'Office fédéral de la culture, ni Pro Helvetia ne peuvent accorder de subventions régulières aux Archives suisses de la danse (ASD) à Lausanne. Pourquoi?

Ce contenu a été publié le 21 janvier 2001 - 13:49

Alors que la Ville de Lausanne se charge du loyer et d'une partie du budget de fonctionnement des Archives suisses de la danse, à l'avenue Villamont 4, à Lausanne, l'Office fédéral de la culture ainsi que Pro-Helvetia ne soutiennent pas financièrement l'institution ASD qui ouvre ses portes en cette année 2001.

Les raisons? Selon David Streiff, directeur de l'Office fédéral de la culture à Berne, «nous sommes tout de même entrer en matière avec Jean-Pierre Pastori, fer de lance du projet. Il y a deux ans, notre Office a accordé une aide ponctuelle de 60 000 francs aux ASD».

«Mais je ne puis accorder que des subsides uniques, à la suite de demandes spécifiques, poursuit David Streiff. Dans le cas des ASD, nous devons désormais attendre quelques années avant d'éventuellement renouveler une telle contribution.»

David Streiff arrive à l'essentiel: «nous n'avons pas de bases légales pour soutenir par des subventions régulières une institution comme les ASD.» Et de rappeler que jusqu'à l'année dernière, il n'existait pas d'article constitutionnel fédéral pour la culture.

Toutefois, «un projet de loi est en train d'être élaboré pour accorder des montants plus substantiels, précise David Streiff, C'est une discussion qui a débuté avec les villes et les cantons».

Du côté de Zurich, le Département théâtre et danse de Pro-Helvetia ne peut lui non plus soutenir les ASD, explique la collaboratrice de la Fondation Pro-Helvetia, Nicole Rielle, «parce que nos budgets d'encouragement doivent être liés soit à la création, soit à l'échange. En outre, nos soutiens financiers ne comportent pas de buts éducatifs, telle la documentation».

Offusqué après sept années de démarches, Jean-Pierre Pastori, fondateur des ASD avec Paul-René Martin (ancien syndic de Lausanne) estime, lui, que les Archives suisses de la danse mériteraient des subventions fédérales annuelles de l'ordre de dix ou vingt mille francs.

Ses arguments? «Nous sommes une institution d'envergure nationale, la preuve est que notre Conseil de fondation réunit des personnalités aussi bien de Zurich, Genève, Berne et Lausanne».

En outre, continue le spécialiste romand de la danse, «nos archives contiennent autant d'ouvrages dans les trois langues nationales que sont l'allemand, le français et l'italien».

De surcroît, «l'institution des ASD n'a pas d'équivalent dans une autre grande ville suisse, renchérit Jean-Pierre Pastori. Et les ASD travaillent en parfaite harmonie avec les autres organisations qui s'occupent de danse dans notre pays».

Et Jean-Pierre Pastori de pousser sa réflexion: «lorsqu'un organisme de soutien comme l'Office fédéral de la culture est d'avis qu'une institution telles les ASD est digne d'être soutenue, il n'a qu'à modifier sa réglementation...»

Paradoxe insoutenable? Il est vrai qu'il est difficilement concevable de ne pas considérer que des archives qui englobent l'ensemble de la danse en Suisse ne puissent entrer de facto dans le patrimoine culturel helvétique. Et corollaire, ne pas être soutenues financièrement sur le plan fédéral.

Emmanuel Manzi

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?