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Les aéroports suisses à l'heure de Schengen

Reuters

Dès dimanche, les passagers se déplaçant à l'intérieur de la zone Schengen ne devront plus montrer leur passeport ou leur carte d'identité dans les aéroports suisses. Un événement qui a été salué par les autorités suisse et européenne lors d'une cérémonie à Zurich.

Ce contenu a été publié le 27 mars 2009 - 18:25

L'entrée en vigueur de l'accord pour les aéroports marque le dernier pas d'un processus entamé dans le cadre des négociations du deuxième paquet d'accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne.

Le traité de Schengen a été signé par la Suisse en 2004 puis accepté en votation populaire un an plus tard. C'est «la fin d'un long voyage», a déclaré Hans-Rudolf Merz lors d'une cérémonie à l'aéroport de Zurich vendredi à laquelle participait également la ministre de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf.

Les contrôles des personnes aux frontières intérieures terrestres ont déjà été abolis le 12 décembre 2008. A partir de dimanche, ces contrôles seront également supprimés dans les aéroports.

Les passagers circulant dans l'espace Schengen devront uniquement montrer leur carte d'embarquement. En revanche, les contrôles de sécurité et douaniers pour les marchandises subsisteront. Les passagers en provenance ou à destination de pays n'appartenant pas à Schengen seront pour leur part toujours soumis à un contrôle systématique.

Un signe important

Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz ainsi que le vice-président de la Commission européenne Jacques Barrot ont salué ce geste comme un signe démontrant que la Suisse pouvait se rapprocher de l'Union européenne sans pourtant en être un membre à part entière.

«C'est un événement très important qui permettra de rapprocher la Suisse et l'Union européenne», a affirmé le commissaire Barrot à swissinfo.

Le peuple suisse a rejeté en 1992 l'adhésion à l'Espace Economique européen (EEE), mais de nombreux accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne ont été conclus depuis.

Une relation parfois compliquée

Les relations entre la Suisse et l'Union européenne n'ont toutefois pas toujours été harmonieuses, particulièrement en ce qui concerne la question de l'imposition.

Hans-Rudolf Merz, qui en tant que ministre des Finances est actuellement impliqué dans une discussion avec ses voisins européens sur le secret bancaire et la fraude fiscale, a affirmé que la voie bilatérale était la preuve que les deux parties étaient toujours capables de faire des progrès.

«C'est devenu une méthode très utile et prometteuse dans nos relations avec l'Union européenne. Ca démontre que la Suisse peut s'entendre sur des points précis avec l'UE tout en gardant son indépendance», a-t-il dit à swissinfo.

Mesures de sécurité

Hans-Rudolf Merz est également persuadé qu'une coopération plus intensive entre les pays membres de l'espace Schengen permettra de mettre hors d'état de nuire les criminels qui voudraient profiter de frontières plus perméables.

Depuis la mise en service du système de recherches policières SIS, le 14 août 2008, les forces de sécurité suisses ont pu arrêter 67 personnes en vue de leur extradition et retrouver 112 personnes portées disparues.

«Davantage de sécurité grâce à une liberté accrue: à première vue, Schengen peut paraître contradictoire», a affirmé le président de la Confédération dans un discours. «Avec des contrôles plus pointus, cette contradiction apparente est en fait résolue».

Des coûts importants

Les aéroports ont été les derniers points frontaliers à achever les préparatifs en vue de Schengen en raison des changements conséquents nécessaires dans les infrastructures.

Le réaménagement du plus grand aéroport de Suisse, celui de Zurich, a coûté environ 300 millions de francs. Ces charges seront reportées sur les passagers, qui s'acquitteront d'un supplément de 4 francs sur les taxes d'aéroport.

L'aéroport de Genève a pour sa part investi 30 millions de francs, notamment dans des infrastructures qui permettent une séparation des passagers en partance pour des destinations Schengen (60% du trafic) et non Schengen (40%). Le stationnement des avions a également été modifié.

swissinfo, Matthew Allen à Zurich
(traduction et adaptation: Samuel Jaberg)

LES ACCORDS DE SCHENGEN

Libre circulation. Signé en 1985 dans la petite ville homonyme du Luxembourg par des représentants de France, d'Allemagne et du Benelux, le Traité de Schengen vise à faciliter la circulation des voyageurs à travers les frontières communes des pays signataires.

Frontières intérieures. L'Accord de Schengen, qui touche les secteurs de justice et police, a fourni le cadre légal de l'abolition progressive des contrôles systématiques des personnes le long des frontières intérieures de l'UE.

Frontières extérieures. Pour garantir la sécurité après l'ouverture des frontières internes, le Traité prévoit un renforcement des contrôles aux frontières externes de l'espace Schengen, une amélioration de la collaboration transfrontalière entre les polices et une coordination de la lutte contre le crime organisé.

Signataires. Jusqu'ici, vingt-huit pays européens ont adhéré intégralement ou partiellement au Traité: tous les membres de l'UE – excepté la grande Bretagne et l'Irlande – ainsi que la Norvège, l'Islande et la Suisse.

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