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Les «Neinsager» engagent la bataille

Christoph Blocher (à gauche) et Hans Fehr lundi face aux journalistes, devant l'affiche controversée de la campagne contre l'ONU. Keystone

Le 8 janvier, le Comité suisse contre l'adhésion à l'ONU appellait à voter contre la «mise sous tutelle du pays». Sans diplomatie.

Ce contenu a été publié le 30 janvier 2002 - 13:09

Le ton est donc donné. Lundi 8 janvier à Berne, le camp des «Neinsager» a donné officiellement le coup d'envoi à sa campagne. A la veille de l'offensive du Conseil fédéral en faveur de l'adhésion.

Entouré d'anciens combattants à l'adhésion de la campagne de 1986, Hans Letsch (PRD/AG) et Paul Eisenring (PDC/ZH), Christoph Blocher a appelé les Suisses à voter le 3 mars contre la «mise sous tutelle du pays».

«L'adhésion de la Suisse à l'ONU remettrait en cause la crédibilité de notre neutralité et serait un danger pour notre souveraineté», explique Christoph Blocher.

«Pour le gouvernement, ajoute le conseiller national, ce vote n'est qu'une étape vers l'entrée dans l'Union européenne et l'OTAN, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord».

Structure antidémocratique

«Si l'action de l'actuel secrétaire général de l'ONU Kofi Annan est remarquable, le noyau dur de l'organisation, et en particulier le Conseil de sécurité, n'est pas démocratique», renchérit le conseiller national Serge Beck (LIB/VD), co-président romand du Comité.

Et Serge Beck de préciser que les «nations puissantes qui jouissent du droit de veto, instrumentalisent l'organisation pour servir leurs propres intérêts». Une politique qui, selon lui, peut avoir des conséquences très graves. L'embargo de l'ONU sur l'Irak, qui a fait plus d'un million de morts, est un exemple frappant.

Des mesures contre son gré

Pour le conseiller national vaudois, la participation de la Suisse à l'ONU obligerait notre pays à prendre des décisions, voire des sanctions à l'encontre de pays tiers. Une situation extrêmement dangereuse pour la souveraineté de la Suisse.

«Les décisions qui frappent des civils, comme en Irak, sont graves, précise Serge Beck, et la Suisse doit rester seule maîtresse de son destin.»

Un coût exorbitant

Serge Beck rappelle que la Suisse participe déjà activement à la majorité des organisations liées à l'ONU. Financièrement, cela représente une contribution de 470 millions de francs par an. Avec, à la clef, des actions très positives dans de nombreux pays qui en ont besoin.

Certes, une adhésion à l'ONU allégerait probablement la charge financière de la Confédération, reconnaît Serge Beck. Mais elle dépasserait largement les 70 millions annuels annoncés par le Conseil fédéral.

En résumé, Serge Beck réfute cet argument financier. «La Suisse doit continuer sur la voie qu'elle suit actuellement, ajoute le libéral vaudois, même si cela représente un surcroît de travail sur le plan politique et diplomatique.»

Convaincre à tout prix

Cela dit, le camp des «Neinsager» affirme n'avoir que peu de moyens pour mener campagne. Le Comité anti-adhésion table sur un budget de 2 millions de francs pour convaincre les Suisses de voter contre cette adhésion.

«Ce budget est petit, explique Christoph Blocher, mais nous sommes optimistes, car le nombre de sceptiques ne fait qu'augmenter».

Une fois de plus, le Comité anti-adhésion compte sur le refus de l'initiative par la majorité des cantons pour damer le pion aux partisans.

Ainsi, la campagne sera probablement plus musclée dans les cantons où l'issue semble incertaine, comme Argovie, Lucerne ou encore Saint-Gall.

C'est l'ASIN, l'Association pour une Suisse indépendante et neutre, qui orchestre cette campagne. D'autres mouvements devraient rejoindre le comité, dont la Ligue vaudoise.

Jean-Louis Thomas

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