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Les «anti-globalisations» manifestent à Washington et réfléchissent à Genève.

Des milliers de manifestants se sont réunis à Washington contre la Banque mondiale et le FMI qui tiennent leur assemblée de printemps dimanche et lundi. A Genève, un observatoire permanent de la mondialisation est en train de se mettre sur pied.

Ce contenu a été publié le 16 avril 2000 - 15:52

Des milliers de manifestants se sont réunis à Washington contre la Banque mondiale et le FMI qui tiennent leur assemblée de printemps dimanche et lundi. A Genève, un observatoire permanent de la mondialisation est en train de se mettre sur pied.

José Bové, le très médiatique représentant de la Confédération paysanne, l’a rappelé le 6 avril dernier, mais l’idée est née en novembre dernier à Seattle: un observatoire de la mondialisation doit voir le jour à Genève, siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon le syndicaliste français, cet observatoire doit servir à collecter le maximum d’informations sur l’OMC, la Banque mondiale et le FMI pour les transmettre aux réseaux d’ONG. Il sera également un lieu de formation pour les pays du Sud et les ONG. Il devrait enfin servir de forum pour définir des propositions de transformation de ces trois institutions internationales. Une réunion est prévue début juin à Genève pour concrétiser ce projet. Mais son nom est déjà trouvé: Global Citizen Initiative.

Reste que plusieurs organismes à Genève font déjà ce travail depuis plusieurs années. C’est le cas notamment de l’International Centre for Trade and Sustainable Development (ICTSD) qui publie, entre autre, un bulletin très documenté sur l’OMC et le commerce international, et qui informe un grand nombre d’ONG. Présent lors de la conférence de l’OMC à Seattle, ce centre a informé non seulement des organisations non gouvernementales, mais aussi beaucoup de représentants de pays du Sud, laissés dans l’ignorance par l’OMC.

Selon Pierre Vuarin de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme, une fondation suisse qui doit financer en partie l’observatoire de la mondialisation, l’ICTSD «ne fournit pas un travail suffisant par rapport aux enjeux actuels. Il faut des informations plus stratégiques».

Pourtant, le travail de l’ICTSD est salué par de nombreuses ONG impliquées dans le commerce mondial. C’est le cas de la Communauté de travail qui réunit les principales organisations suisses de développement. Sa porte-parole, Nadine Keim, précise d’ailleurs que l’ICTSD est une des principales sources d’informations de la Coordination Suisse-OMC. Celle-ci réunit une trentaine d’associations tiers-mondistes, paysannes, syndicales, écologistes et de consommateurs et elle cherche à influencer la délégation suisse à l'OMC (des propositions à propos des négociations de l’OMC sur l’agriculture et les services seront révélées d’ici à l’été).

Selon Nadine Keim, les «anti-globalisations», en Suisse comme ailleurs, sont en fait loin d’être sur la même longueur d’onde. Ils sont non seulement partagés entre radicaux, qui veulent la suppression de l’OMC, et partisans du dialogue, mais également entre les organisations défendant des intérêts corporatistes, ou nationaux, et celles qui défendent une solidarité planétaire. Entre ses quatre points cardinaux, chaque ONG développe un point de vue particulier. Des centres d’information comme l’ICTSD, qui se veulent neutres, se retrouvent donc au milieu de ces tiraillements.

Reste que, pour le moment, le dialogue est maintenu entre ces multiples courants et des actions communes sont toujours possibles, comme ces jours à Washington.

Frédéric Burnand



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