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Les écoles suisses à l'étranger se remettent lentement du Covid

Des élèves à l'école suisse de Pékin. educationsuisse

Après les perturbations scolaires causées par la pandémie de coronavirus, les écoles suisses à l'étranger entendent se tourner vers l'avenir. Pour commencer, il leur faut définir ce qui les rend «suisses».

Ce contenu a été publié le 12 juillet 2022 - 10:08

Les responsables des 18 écoles suisses à l'étranger se réunissent dans le canton de Thurgovie du 11 au 13 juillet pour leur première conférence annuelleLien externe en Suisse depuis trois ans.

Plus de 100 personnes seront présentes lors de la journée officielle du 13 juillet, également ouverte aux hôtes externes.

La Thurgovie est le canton de patronage du Colegio Pestalozzi, l'école suisse de Lima (Pérou) qui a été parmi les plus touchées du réseau pendant la pandémie. L'enseignement à distance y a été en vigueur pendant plus d'un anLien externe.

Dans la plupart des autres écoles, qui sont réparties en Amérique latine, en Asie et dans certaines parties de l'Europe, la situation est «relativement revenue à la normale», selon Barbara Sulzer Smith, directrice d'educationsuisseLien externe, l'organisation représentant les écoles suisses à l'étranger.

Le ministre de l'Intérieur Alain Berset a pu se rendre compte de la situation par lui-même lorsqu'il a visité l'école suisse de Rome en mai dernier. «Après le confinement et l'enseignement à distance – maîtrisés avec dévouement par l'école suisse de Rome – il est d'autant plus agréable de célébrer ici son 75e anniversaire», a-t-il tweeté par la suite.

Seule l’école suisse à l'étranger la plus récente, celle de Pékin, a dû recourir une nouvelle fois à l'enseignement à distance cette année, indique Barbara Sulzer Smith. Les écoles de la capitale chinoise ont été fermées en mai en raison d'un pic de cas de Covid.

Baisse du nombre d’élèves

«Dans certaines écoles, le défi a été de ramener les enfants [en classe]. Ils ont dû reprendre une vie scolaire normale», ajoute-t-elle.

Bien que le niveau d'allemand – principale langue proposée dans les écoles suisses à l'étranger – d’une partie des élèves ait quelque peu baissé en raison du manque d'occasions de le pratiquer, le niveau scolaire général s'est bien maintenu, grâce à un enseignement à distance efficace, selon la directrice d'educationsuisse.

Cependant, le nombre d'élèves dans les écoles suisses à l'étranger est en très légère baisse. Les chiffres pour 2020 – 2021, qui seront publiés prochainement, font état de 7970 élèves, contre 8000 en 2019.

«Quelques familles suisses expatriées sont rentrées en Suisse [en raison de la pandémie], mais certaines écoles ont aussi vu de nouveaux enfants arriver, notamment parce que les familles autochtones réalisent que les écoles suisses offrent une bonne éducation, même en temps de crise ou de pandémie», explique Barbara Sulzer Smith.

Les écoles suisses à l'étranger, bien que conçues à l'origine pour les familles expatriées, ne comptent plus qu'environ 20% d'élèves suisses. Le reste de la communauté scolaire se compose d'autochtones et de personnes d’autres nationalités. Les écoles sont payantes, mais elles sont à but non lucratif et sont parrainées par un canton de patronage qui apporte un soutien pédagogique, mais pas de financement. Le soutien financier provient du gouvernement.

Pour obtenir leur label officiel, les écoles suisses à l'étranger doivent également remplir certains critères définis par la législation helvétique. Par exemple, la majorité du corps enseignant doit être suisse.

Définir la «suissitude»

Ces dernières années, les appels se sont multipliés pour que le réseau définisse plus précisément sa «suissitude», notamment dans le contexte du marché très concurrentiel des écoles internationales. Rien qu'à Singapour, où se trouve l'une des écoles suisses, on estime à plus de 60 le nombre d'écoles internationales. En Chine aussi, la concurrence est très forte.


Kai Reusser / swissinfo.ch

Cette situation a conduit à l'élaboration d'une nouvelle charte des écoles suisses à l'étranger, qui sera présentée au public le 13 juillet. Elle définit la «suissitude» des 18 établissements quant à leurs valeurs, leur gestion, mais aussi en matière de pédagogie et d’enseignement. La charte inclut également la manière dont les écoles suisses agissent en tant que pôles culturels et opèrent en tant que réseau.

Elle précise par ailleurs que la participation du corps enseignant, des élèves et des parents aux décisions scolaires est très importante. Cela reflète l'importance de la démocratie directe en Suisse - où le peuple a son mot à dire - et diffère des autres systèmes scolaires, où le ou la responsable d'établissement a généralement le dernier mot.

«Un grand nombre des valeurs de la charte sont déjà appliquées dans les écoles suisses à l'étranger, mais nous voulons les rendre plus visibles», déclare Barbara Sulzer Smith.

Traduit de l'anglais par Emilie Ridard

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