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Le village alternatif: dix ans déjà!

Le Salon du Livre, certains habitués le traversent rapidement pour rejoindre le «Village alternatif». Là des structures modernes, métalliques et cloisonnées, ici des agencements de bois disposés en claires-voies. C’est l’oasis du monde associatif.

Ce contenu a été publié le 05 mai 2000 - 17:33

Cela ressemble à un campement bigarré de pionniers, où les tissus de toutes sortes habillent de minces infrastructures de sapin et donnent au village son petit air de kermesse, carrousel compris. Monde complexe que celui des associations où se côtoient le Mouvement populaire des familles, l’Aide sanitaire suisse aux Palestiniens, le Groupe pour une Suisse sans armée, et j’en passe, des plus hétéroclites.

«Quelques-unes de ces associations sont virtuelles, explique Régis de Battista, le fondateur de ce village éphémère qui fête cette année ses dix ans de Salon. Certaines sont très compétentes, d’autres pas. Certaines se construisent, d’autres ne savent pas bien mourir ou doivent cesser d’exister parce que leurs revendications s’arrêtent. Elles sont nées dans le terreau familial, c’est ce cri qu’il faut comprendre.»

Pas facile pourtant de les mettre côte à côte. Elles ont dû apprendre à cohabiter. Les structures légères du village s’expliquent justement par cette volonté commune de faire place à la transparence et de favoriser la communication. Cette politique a payé. Quand le Salon ferme, les associations continuent de se voir et de collaborer. Plus encore: au fil du temps, elles ont senti la nécessité de se trouver un espace permanent.

C’est ainsi que depuis quelques mois à Genève, une «maison des associations» est en train de prendre forme. Une cinquantaine d’ONG y sont déjà installées. Mais le projet est inachevé. Les jours qui viennent seront décisifs. Si les collectivités publiques genevoises ne leur trouvent pas une aide supplémentaire et substantielle d’ici à la fin du mois, le projet sera amputé d’une de ses parties vitales. Le débat est sur la place publique. Les politiciens hésitent, car le monde associatif veut garder un maximum d’indépendance.

Au Salon, cet esprit d’indépendance a toujours fait plus ou moins tache. L’étiquette de marginal et de provocateur reste bien collée au village alternatif. Sur la forme, car son image contredit le reste de la manifestation. Et sur le fond, car les débats qu’il organise tranchent avec l’irénisme des salons littéraires.

Le village édition 2000 dérange autant que les autres quand il pose des questions du genre: l’économie prime-t-elle sur les droits de l’homme? Les organisateurs du Salon, en tout cas, se souviennent du jour où ils avaient officiellement invité la Chine: alors que les officiels en coupaient le ruban d’inauguration, au village, les alternatifs coupaient une chaîne emprisonnant des Tibétains. Une façon cinglante de rappeler que livre et liberté sont inséparables.

Bernard Weissbrodt

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