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Le Salon de la Musique cherche encore sa voie

L’art de la fugue dans un bric-à-brac. swissinfo.ch

Caché par les libraires, le Salon de la Musique a de la peine à se faire une vraie place au Salon du Livre. Mais tout espoir n'est pas perdu.

Ce contenu a été publié le 06 mai 2002 - 00:36

«C'est la première année que je viens au Salon de la Musique comme exposant. Ce sera la dernière si rien ne change.» Jean-Daniel Ayer, facteur d'orgues, n'est pas fâché. Tout simplement surpris et déçu.

Parce qu'il s'est retrouvé absolument seul à faire la démonstration d'un instrument. Et parce ce que la réalité de ce Salon ne correspond pas à ce qu'on lui avait fait miroiter.

Jean-Daniel Ayer s'attendait à un endroit convivial qu'il aurait partagé avec un luthier, un facteur de clavecin ou un tourneur de flûte. Erreur.

«On se retrouve à côté d'une brocante de CD, mêlé à ce qui ressemble davantage à un bric-à-brac qu'à un espace musical, sans parler des prix des stands au mètre carré dissuasifs pour des artisans!»

Le facteur d'orgues fribourgeois est d'autant plus dépité qu'il se rend bien compte que le Salon du Livre, avec ses quelque 120 000 visiteurs, ouvre une fenêtre extraordinaire aux découvertes du monde de la musique, de ses acteurs et de ses instruments.

Adagio molto

Jean-Daniel Ayer n'est pas le seul à raconter son spleen. Mêmes échos du côté de la seule et unique librairie musicale. On y entend dire qu'on se sent un peu seul, que les grands éditeurs de partitions ont déserté les lieux, qu'on a besoin de plus de convivialité, que le Salon ne se fait pas assez connaître.

Bien des amoureux de la musique regrettent non seulement que leur Salon soit relégué dans un espace qu'on ne découvre qu'après la longue traversée d'un océan de livres, mais qu'ici et là l'ambiance marchand de disques l'emporte sur l'art du contrepoint.

De cet espace, on a vite fait le tour. Une petite vingtaine de stands qui, hormis une poignée de disquaires, se conjuguent quasiment tout au singulier: un festival, une école de musique, une revue, un atelier d'ethnomusicologie, un orchestre de chambre, etc.

Pio Pellizari pose lui aussi un regard attentif sur ce Salon où depuis trois ans il vient faire découvrir au public les richesses de la Phonothèque nationale suisse dont il est le directeur.

«Il y manque les grands», constate-t-il lui aussi. Entendez: les grands distributeurs, les grandes formations instrumentales, les grands événements musicaux du pays. Autant de potentialités qu'il faudrait concrétiser sans trop tarder.

Allegro ma non troppo

Louis Schmidt, qui a repris voici trois ans la responsabilité du Salon de la Musique, ne minimise ni les problèmes ni les difficultés: «C'est la dernière année en toute simplicité, on arrive au bout du tunnel, on sait maintenant ce qu'on peut faire et ce qu'on ne doit pas faire, l'an prochain on fera du neuf.»

Dans la foulée, il nous promet «une vraie structure de scène (et non plus quelques misérables mètres carrés de podium) ouvert à des ensembles confirmés, une programmation musicale sur les cinq jours de la manifestation, un retour des festivals, bref, un vrai rendez-vous de la Musique». Avec une scène couverte.

Ce que le Salon ne sera pas, précise Louis Schmidt, c'est un lieu de rendez-vous de musiciens professionnels car un tel projet ne serait viable, ni un espace tonitruant de musiques «extrêmes et pointues», techno, électro ou autres.

Ce dont il rêve, c'est d'un Salon tout public, ouvert également à la musique pop ou folklorique, à la chanson et aux chorales. «On a toutes les cartes en main, c'est une manifestation très porteuse, à nous de trouver la bonne formule!»

D'ici là, il lui faudra convaincre les partenaires potentiels. Ce qui ne sera pas facile. Le Salon de la Musique n'ayant pas (encore) fait la preuve de ce qu'il peut entreprendre, ils hésitent. Et s'ils ne viennent pas, le Salon aura toujours de la peine à trouver du souffle. Ce qui reste une matière première indispensable quand on veut emboucher les trompettes de la renommée.

swissinfo/Bernard Weissbrodt

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