Navigation

Le rapport Volcker tire un trait sur l’affaire des fonds en déshérence

La Commission Volcker, chargée de faire la lumière sur le sort des fonds déposés en Suisse par les victimes du nazisme, a publié ce lundi à Zurich son rapport final. Un texte qui lave les banques suisses des pires soupçons qui pesaient sur elles.

Ce contenu a été publié le 06 décembre 1999 - 18:26

La Commission Volcker, chargée de faire la lumière sur le sort des fonds déposés en Suisse par les victimes du nazisme, a publié ce lundi à Zurich son rapport final. Un texte qui lave les banques suisses des pires soupçons qui pesaient sur elles. Mais qui relève aussi de grosses négligences de leur part.

Après de multiples polémiques c’était, lundi, l’heure du verdict pour les banquiers suisses. La commission Volcker, composée à la fois de représentants des banques et des organisations juives, a enquêté durant trois ans. Un effort sans précédant, unique au monde, qui devrait permettre de tirer un trait sur cette affaire.

Les banquiers peuvent d’ailleurs être soulagés: le rapport arrive à la conclusion qu’il n’y a pas eu de conspiration, du côté suisse, pour dissimuler ou détourner les avoirs des victimes du nazisme. Mais il relève par contre le comportement critiquable de certains établissements, notamment un manque de sensibilité face aux demandes, après la guerre, des victimes ou de leurs héritiers.

Autre résultat: 54 000 comptes ont été identifiés comme ayant une relation «vraisemblable ou possible» avec des victimes du régime nazi. C’est beaucoup par rapport aux 775 comptes annoncés en 1996 par l’Association suisse des banquiers. Mais le chiffre englobe toute une palette de situations différentes, où varie la probabilité d’un lien avec l’Holocauste.

C’est pour cette raison d’ailleurs que la Commission a renoncé à chiffrer la valeur totale de ces 54 000 comptes, les informations disponibles étant trop lacunaires ou trop peu comparables. Si l’on fait soi-même l’addition des chiffres du rapport, on tombe sur un montant minimal de 95 millions francs suisses. Mais la Commission Volcker, elle, se contente de signaler que la somme prévue par l’accord global signé en août 1998 - soit 1,25 milliard de dollars - devrait suffire à couvrir les requêtes concernant les avoirs identifiés.

Il y a là un manque de certitude, de précision, qui s’explique par l’extrême difficulté de la reconstitution, après plus d’un demi-siècle. Mais ce flou tombe plutôt bien. Il permet à chacun, banquiers, organisations juives, autorités suisses, d’interpréter à sa manière ce rapport et d’en être satisfait.

Restent encore les recommandations de la Commission. Elle propose notamment de publier une nouvelle liste de titulaires de comptes, mais, curieusement, de la limiter à 25 000 noms, sur les 54 000 qu’elle a elle-même mis en évidence. C'est là, visiblement, le résultat de marchandages au sein de la Commission. Finalement, ce sera à la Commission fédérale des banques de se prononcer. Elle devrait le faire au début de l’an prochain.

Pierre Gobet

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?