Navigation

Le rail suisse à la veille d'une révolution

Ce sont surtout des trains à double étage qui rouleront sur la nouvelle ligne des CFF. CFF

Le rail suisse est sur le point de connaître son plus grand bouleversement depuis des années. Une nouvelle ligne va fortement réduire les temps de trajet.

Ce contenu a été publié le 09 décembre 2004 - 16:02

Le nouvel horaire d’hiver, qui entre en vigueur le 12 décembre, aura pour effet des liaisons ferroviaires plus rapides et plus fréquentes.

Les usagers du train auront intérêt à soigneusement étudier le nouvel horaire. En effet, environ 90% des horaires seront modifiés.

Les chemins de fers suisses n’avaient pas connu un tel bouleversement depuis des années.

L’amélioration du réseau ferré repose essentiellement sur l’ouverture du nouveau tronçon de 45 kilomètres qui va de Mattstetten, au nord de Berne, à Rothrist, près d’Olten.

«C’est vraiment révolutionnaire par rapport aux standards suisses, déclare Christoph Kräuchi, porte-parole des Chemins de fer fédéraux (CFF). C’est tout à fait différents des autres lignes suisses, où vous trouvez une gare tous les trois ou quatre kilomètres.»

«Ici, vous pouvez pratiquement parcourir 50 kilomètres sans une gare», poursuit-il.

Un impact significatif



Cette nouvelle ligne aura un impact significatif sur la diminution de la durée des trajets à travers toute la Suisse. En effet, les trains seront éventuellement capables de rouler à des vitesses supérieures à 200 km/h.

Ainsi, par exemple, la durée du trajet entre les villes de Zurich et de Berne passera de 69 minutes aujourd’hui à très légèrement moins d’une heure dès le 12 décembre.

De même, la durée du trajet entre Berne et Bâle passera de 67 à 55 minutes. Autre amélioration: il y aura un train InterCity chaque demi-heure au lieu d’un par heure actuellement.

Autres exemples: le trajet entre Genève et Zurich sera plus court de 13 minutes et celui entre Berne et Chiasso (à l’extrême sud du Tessin) de 14 minutes.

La nouvelle ligne, couplée à une amélioration constante du matériel roulant et à un horaire plus dense, fait partie du projet Rail 2000 que les citoyens suisses ont approuvé par référendum en 1987.

Rail 2000 a pour but d’attirer une nouvelle clientèle vers les transports publics.

Toujours mieux



En résumé, le but de l’opération est de rendre les trains plus fréquents, plus rapides, plus directs et plus confortables.

La nouvelle ligne, qui fera toute la différence, suit le tracé de l’autoroute reliant Berne à Zurich sur deux tiers de sa distance. Le dernier tiers passe à travers des tunnels.

La ligne a été pensée à la fois pour le trafic des passagers et des marchandises. Ce n’est donc pas comme en France, où les lignes à grande vitesse sont exclusivement destinées aux voyageurs.

«Nous avons également beaucoup œuvré pour l’environnement, déclare Christoph Kräuchi. Il y a par exemple trois passages qui permettent au gibier de se déplacer d’un point à l’autre d’une forêt. Nous avons également fait un travail de prévention pour que l’eau souterraine ne soit pas polluée le long de la ligne.»

Au niveau de la sécurité, les CFF ont été obligés d’installer une nouvelle signalisation le long de la nouvelle ligne. Ils ont opté pour le dispositif européen d’arrêt automatique des trains (ETCS). Mais l’industrie n’a pas été capable de fournir cet équipement à temps. Conséquence: durant deux ans, les convois ne pourront pas y dépasser la vitesse de 160 km/h.

Personnel sous pression



L’horaire d’hiver ne sera pas synonyme de changements uniquement pour les voyageurs. Il mettra également le personnel des CFF sous pression.

«C’est un horaire totalement nouveau, explique le porte-parole. Il n’affecte pas uniquement le personnel responsable de la signalisation, mais aussi les conducteurs, les collaborateurs qui travaillent dans les trains et ceux qui vendent les billets, car les gens poseront des questions.»

«Le 12 décembre, c’est un grand défi qui attend l’ensemble des 24'000 employés des CFF», conclut Christoph Kräuchi.

Pour être sûr que le grand jour se déroulera sans gros problèmes, le personnel a déjà fait un grand nombre d’entraînements et des systèmes ont été prévus au cas où un train tomberait en panne sur la nouvelle ligne.

«Nous avons déjà fait des tests pour déterminer combien il faudrait de temps pour retirer un train de la ligne et nous avons également des procédures d’urgence, explique le porte-parole. Mais la meilleure chose à faire, c’est de s’assurer que les rails et les trains sont en bon état et qu’il n’y aura pas de panne. Si tel est le cas, tout devrait bien se passer.»

Avec le nouvel horaire, les CFF seront très stricts sur la ponctualité. Lorsqu’un train aura plus de trois minutes de retard, les liaisons n’attendront pas.

«En effet, si un train a plus de trois minutes de retard, le système devient instable. Or nous ne pouvons pas nous le permettre», précise Christoph Kräuchi.

Des prix à la hausse



Le nouvel horaire ne peut apporter que des avantages aux voyageurs. A un détail près, toutefois: le prix. La plupart des trajets seront plus chers. Le prix d’un billet aller simple augmentera en moyenne de 1,6%.

Le grand patron des CFF, Benedikt Weibel, relativise toutefois cette hausse en rappelant que le prix des billets n’avait pas augmenté depuis deux ans et demi. De plus, aux yeux du CEO de l’entreprise, cette hausse se justifie par l’«extension massive» de l’offre.

A noter que les personnes handicapées ne seront pas affectées par la hausse des tarifs. Bonne nouvelle également pour les chiens: l’abonnement annuel pour les canidés voyageant en 2e classe reste fixé à 650 francs…

swissinfo, Robert Brookes
(Traduction de l’anglais: Olivier Pauchard)

Faits

Il y aura 12% de trains supplémentaires roulant sur le réseau dès le 12 décembre.
Le prix des billets simple course augmentera en moyenne de 1,6%.
La durée de voyage sera réduite d’au moins 5 minutes sur plus de la moitié des relations longue distance.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?