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Le PDC se veut «plus vert que les Verts»

Christophe Darbellay, président des Démocrates-chrétiens, brandit une des ampoules économiques que son parti veut promouvoir. Keystone

Non aux centrales à gaz et aux appareils électriques trop gourmands, étiquettes énergie pour les voitures: le Parti démocrate-chrétien mise à fond sur la réduction des émissions de CO2.

Ce contenu a été publié le 04 mars 2007 - 13:05

Lors de son assemblée des délégués samedi à Zurich, le PDC a présenté des propositions qui selon son président ont de quoi faire «pâlir» les Verts suisses.

Après avoir regardé le lancement du film d'Al Gore "Une vérité qui dérange", sur le réchauffement climatique, les délégués du PDC ont adopté avec enthousiasme un papier de position qui met l'accent sur la diminution des émissions de CO2 et l'amélioration de l'efficacité énergétique.

Le groupe démocrate-chrétien du Parlement s'est engagé à soutenir les mesures qu'on y trouve dès la prochaine session.

Parmi elles, on relève que le PDC s'opposera désormais aux centrales de production d'électricité alimentée au gaz, car elles rejettent de trop grandes quantités de gaz carbonique.

Cette mesure, qui ne devait pas figurer dans le papier à l'origine, a donné lieu à un débat.

La ministre de l'économie Doris Leuthard, venue défendre la stratégie énergétique du gouvernement, est quant à elle prête à accepter les centrales à gaz à condition que leurs émissions de CO2 soient entièrement compensées.

Mais les Jeunes PDC ont réussi à imposer leur refus de ce type de centrale électrique. Au final, 159 délégués contre 13 s'y sont ralliés.

Interdire les appareils gourmands

Pour améliorer l'efficacité énergétique et réduire la consommation d'électricité en Suisse, le PDC mise notamment sur l'interdiction des appareils électriques trop gourmands.

Le parti veut aussi bannir les ampoules classiques à incandescence des étalages des magasins. Mais la direction du parti doit encore retravailler cette idée, car elle n'a pas fait l'unanimité.

Le PDC demande encore au gouvernement de généraliser les étiquettes énergie et de les appliquer aussi aux voitures.

Pour éliminer le gaspillage dû aux appareils électriques qui restent en "stand-by", les Démocrates-chrétiens veulent interdire les appareils qui utilisent de l'énergie lorsqu'ils sont déclenchés.

Enfin, le PDC demande au gouvernement un plan d'action pour l'introduction de robinets économisant l'eau, afin de réduire la consommation d'eau chaude. Le cadeau que le parti distribuera durant la campagne électorale 2007 sera d'ailleurs un économiseur d'eau produit par une firme de Bâle-Campagne.

«Les Verts vont disparaître»

«Ce cadeau démontrera aux électeurs à quel point le PDC prend le problème de la protection de l'environnement au sérieux», a expliqué le président du PDC.

Christophe Darbellay est même allé jusqu'à proclamer que son parti est le seul à «agir» en matière d'écologie.

«Sans le PDC, la taxe CO2 n'existerait pas», a dit le député valaisan, pour qui «dans le domaine du vert, l'orange [couleur du PDC] bouge».

Christophe Darbellay a particulièrement critiqué la présidente des Verts Ruth Genner qui, en demandant l'impossible, rend trop souvent «le soutien aux énergies renouvelables impossible».

Le président du PDC a appelé la gauche pragmatique et les Radicaux (droite) progressistes à faire leur travail en matière d'écologie. «Ainsi les Verts disparaîtront comme le parti des automobilistes dans les années 90», a prédit Christophe Darbellay.

Assurance-invalidité et violence des jeunes

Cette assemblée a également permis aux délégués de s'exprimer sur la 5e révision de l'AI. Sans surprise, ils ont décidé de la soutenir par 204 voix contre 11 et 11 abstentions.

Ils ont également chargé le groupe PDC du Parlement de lancer «une offensive contre la violence des jeunes». Le parti déposera une initiative parlementaire et une motion exigeant une loi fédérale sur l'encouragement et la protection de la jeunesse.

Son but serait de coordonner au niveau national la lutte contre la violence des jeunes. Parmi les mesures concrètes envisagées, on note l'engagement de 3000 nouveaux policiers dans toute la Suisse, ou l'introduction d'un cours obligatoire sur les droits de l'homme et les droits fondamentaux dans toutes les écoles du pays.

swissinfo et les agences

En bref

La principale base légale de la politique climatique suisse est la loi sur le CO2, qui vise à réduire, d'ici à 2010, les émissions de CO2 en Suisse de 10% par rapport à 1990.

La loi sur le CO2 prévoit que des réductions d'émissions obtenues à l'étranger peuvent être imputées à l'objectif de réduction national grâce aux mécanismes de flexibilité prévus par le Protocole de Kyoto.

De nombreux autres domaines ont leur importance pour atteindre les objectifs de la politique climatique suisse (la politique énergétique, bien sûr, mais aussi les politiques environnementale, sylvicole et agricole ainsi que la politique des transports).

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