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Le patron de Swisscom appuie la privatisation

Carsten Schloter voit la privatisation comme une solution positive. Keystone

Dans la «NZZ am Sonntag», Carsten Schloter soutient la stratégie voulue par le gouvernement pour l'opérateur historique (télécommunications).

Ce contenu a été publié le 09 avril 2006 - 12:57

Le Conseil fédéral propose au parlement une privatisation de l'ex-monopole, avec désengagement financier total de l'Etat.

Le nouveau patron de Swisscom sort du bois. Il indique dans la presse dominicale être favorable à la privatisation de l'opérateur historique actuellement détenu majoritairement par l'Etat (62,45% du capital).

Carsten Schloter estime que du point de vue industriel, la privatisation serait positive pour l'entreprise. Il indique toutefois n'avoir aucune certitude sur l'issue des débats au Parlement.

«Si je donnais l'impression aux investisseurs que l'affaire est réglée, et que la Confédération conserve tout de même Swisscom, je perdrais toute crédibilité», déclare-t-il à la «NZZ am Sonntag».

Ministre des finances et fervent partisan de la privatisation, Hans-Rudolf Merz estime à 50-50 les chances que cette proposition du gouvernement passe la rampe. C'est ce qu'il a déclaré sur les ondes de la radio alémanique samedi.

Un autre Swisscom

Carsten Schloter assure que Swisscom aura un visage totalement différent dans cinq ans. «La question est donc de savoir si la Confédération sera le propriétaire qu'il lui faut.»

Les défis en effet sont nombreux aux yeux du patron: technologiquement d'abord (IT, flux de données mobiles, télévision), mais aussi en termes de contenus et sur le plan financier.

«Le classique transport de données est en perte de vitesse, explique Carsten Schloter. Et en tant que propriétaire, la Confédération devrait être prête à assumer les risques liés aux nouvelles affaires. C'est aux politiques de trancher.»

Carsten Schloter estime aussi que l'obligation faite à Swisscom de couvrir l'ensemble du territoire national avec la technologie à haut débit résistera à une privatisation.

Au parlement de trancher

Cette question de la privatisation de l'opérateur historique du pays est à l'agenda politique depuis la fin de l'année dernière, polémiques et dérapages à la clé.

La situation est maintenant éclaircie. Pas plus tard que la semaine dernière, après s'être entendu sur une privatisation totale, le gouvernement a transmis son message au parlement.

C'est lors d'une session spéciale en mai prochain que le Conseil national (chambre basse) traitera de cette question. Le Conseil des Etats (chambre haute) fera de même durant la session d'été.

Les fronts sont très partagés, avec une petite majorité de cantons opposés à la privatisation, tout comme les socialistes et les démocrates-chrétiens (PDC / centre-droit). En face, l'économie et la majorité de la droite appuient le retrait étatique.

Au final, le peuple devrait avoir le dernier mot puisque la menace du référendum est déjà brandie par la gauche si le parlement donne son aval au désengagement de l'Etat. Dans ce cas, les citoyens pourraient avoir à voter en septembre 2007.

swissinfo et les agences

En bref

- Le 23 novembre 2005, le gouvernement suisse décide de vendre la participation de la Confédération dans Swisscom qui se monte alors à un peu plus de 66%, soit 17 milliards de francs en valeur boursière actuelle.

- Le 14 décembre 2005, le Parlement débat de l'affaire sur Swisscom. La gauche et les démocrates chrétiens menacent de lancer un référendum si le parlement approuve la privatisation de l'opérateur de télécoms.

- Le 20 janvier 2006, désavoué pour sa politique d'expansion à l'étranger par le gouvernement, Jens Alder quitte la direction de Swisscom.

- Le 25 janvier 2006, le gouvernement lance la procédure de consultation accélérée d'un projet évoquant notamment la possibilité d'une offre spéciale pour les petits actionnaires par le biais d'une action populaire.

- Le 17 mars, le gouvernement se décide pour une privatisation totale sans mesures d'accompagnement particulières.

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Faits

La Confédération possède environ 62% du capital de Swisscom.
En Allemagne, l'Etat détient 37% de Deutsche TeleKom.
En France, la part étatique du capital de France Telecom est de 33%.
En Autriche, l'Etat détient 38% chez Telekom Austria.
En Italie, Telecom Italia est totalement privatisée depuis 2002.

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