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Le Parti bourgeois démocratique sur les fonts baptismaux

Keystone

Le monde politique suisse comptera officiellement un nouveau parti samedi: le Parti bourgeois démocratique (PBD), fruit d'une scission au sein de l'Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste). Signe particulier: ce nouveau venu compte déjà deux représentants au gouvernement et cinq au Parlement.

Ce contenu a été publié le 31 octobre 2008 - 12:01

Le nouveau parti compte parmi ses membres fondateurs les ministres Eveline Widmer-Schlumpf et Samuel Schmid, le sénateur Werner Luginbühl et les députés Hans Grunder, Ursula Haller, Brigitta Gadient et Hansjörg Hassler. Tous avaient été initialement élus comme membres de l'UDC.

Personne n'aurait imaginé que la non-réélection de Christoph Blocher au gouvernement, en décembre 2007, aurait donné naissance à un nouveau parti. Mais cet épisode a fait exploser les dissensions qui couvaient depuis longtemps au sein de l'UDC entre l'aile nationale-conservatrice, liée à Christoph Blocher, et l'aile libérale et modérée liée aux deux ministres.

Le conflit qui a éclaté entre ces deux courants a conduit à l'exclusion de la section grisonne de l'UDC le 1er juin 2008. Celle-ci refusait en effet d'exclure de ses rangs Eveline Widmer-Schlumpf, accusée par le parti national d'avoir comploté avec les socialistes pour prendre la place de Christoph Blocher au gouvernement.

Les routes se séparent

Le conflit entre les deux ailes du parti ne pouvait dès lors plus être aplani. Le 2 juin, Samuel Schmid et les alliés de la section bernoise de l'UDC ont donc décidé de se séparer du parti national et d'en créer un nouveau. Cette scission a été suivie de celle des sections des Grisons et de Glaris.

C'est durant l'été 2008 que sont ainsi nées les trois premières sections cantonales du PBD. Celles-ci fondent maintenant leur parti national. A l'ordre du jour de l'assemblée constituante, samedi à Glaris, figure notamment l'élection des dirigeants du nouveau parti.

Le Bernois Hans Grunder est l'unique candidat à la présidence. Cet ingénieur de 52 ans, entrepreneur et président du club de hockey des Tigers de Langnau, se dit optimiste, bien qu'il sache qu'il devra travailler dur. Il met en évidence les résultats obtenus par le parti en à peine cinq mois et observe qu'il y aura bientôt cinq sections cantonales, avec la création prochaine de sections dans les cantons d'Argovie et de Thurgovie.

Beaucoup d'excellents dissidents

Dans les trois cantons où il est actuellement présent, le PBD compte 4000 membres, indique Hans Grunder. En passant au nouveau parti, la section grisonne de l'UDC a amené avec elle ses deux représentants au gouvernement cantonal et 30 de ses 32 parlementaires. Dans le canton de Berne, le transfert a concerné un membre du gouvernement sur deux et 17 députés sur 47. A Glaris, enfin, l'unique représentant que l'UDC comptait au gouvernement et 8 parlementaires sur 26 ont choisi la dissidence.

Mais les transferts ne touchent pas que les politiciens actifs sur la scène cantonale. Dans les communes aussi, de nombreux élus ont tourné le dos à l'UDC.

L'adhésion de personnalités de premier plan ne garantit cependant pas au nouveau parti qu'il maintiendra ses mandats. L'UDC est en effet fermement décidée à les reprendre et la lutte s'annonce vive. Pour l'heure, il reste difficile de prédire laquelle des deux formations parviendra à séduire la base des électeurs.

Pression de l'UDC

Même si le PBD réussissait à l'emporter sur l'UDC dans les trois cantons, son avenir paraît très incertain au niveau national. Dans les Grisons, à Berne et à Glaris, le courant libéral modéré a toujours été dominant au sein de l'UDC et ces sections se sont retrouvées à plusieurs reprises en désaccord avec le parti national. La scission pourrait donc y favoriser le nouveau parti.

Dans les autres cantons, en revanche, c'est le courant national-conservateur qui domine. Il sera donc difficile au PBD de s'y établir. Hans Grunder garde cependant l'espoir. Il observe en effet qu'il y a actuellement des dissensions au sein de l'UDC entre les entrepreneurs, qui soutiennent le décret prévoyant la reconduction de l'accord bilatéral sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne et son extension à la Roumanie et à la Bulgarie, et les nationalistes, qui s'y opposent.

Cette situation pourrait pousser quelques petits et moyens entrepreneurs à opter pour le nouveau parti. Mais si tel devait être le cas, cela ne serait toutefois pas un raz-de-marée.

Le parcours politique du PBD s'annonce donc rude, car l'UDC maintiendra la pression. Le parti de Toni Brunner ne cesse, par exemple, de réclamer la démission de Samuel Schmid et entrave son action de toutes les manières possibles au Parlement.

Mais après une période de perte de popularité liée aux erreurs commises dans le cadre de l'affaire Nef, le ministre de la Défense semble désormais avoir regagné en crédibilité. Il fait à nouveau l'unanimité, du moins au sein du PBD, assure Hans Grunder. Le futur président du parti espère que Samuel Schmid ne cède pas aux attaques de l'UDC et ne jette pas l'éponge. «Mais c'est naturellement à lui seul de décider», précise-t-il.

swissinfo, Sonia Fenazzi
(Traduction de l'italien: Olivier Pauchard)

LE PBD EN CHIFFRES

Au niveau fédéral, il détient deux sièges au gouvernement, 1 à la Chambre haute et 4 à la Chambre basse.

Le PBD ne peut donc pas constituer un groupe parlementaire, puisqu'il faut au minimum cinq représentant dans une Chambre. Hans Grunder déclare évaluer pour le moment à 70% les chances de recruter un cinquième député. Mais le président du PDB ne donne pas de nom.

Au niveau cantonal, le PBD occupe 4 sièges gouvernementaux et 54 mandats de parlementaires. Ces chiffres apparaissent modestes lorsque l'on sait que la Suisse compte 54 membres de gouvernements cantonaux et 2628 parlementaires cantonaux.

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POSITIONS CLAIRES SUR l'UE

Comme son nom l'indique, le PBD se réclame de valeurs à la fois de droite et démocratiques. Il souhaite défendre et promouvoir les intérêts des petites et moyennes entreprises.

Le PBD est hostile à l'entrée de la Suisse dans l'Union européenne, mais soutient «de manière claire et sans équivoque» la voie bilatérale y compris en ce qui concerne l'extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie et à la Bulgarie.

Le parti défend la neutralité suisse, mais est partisan d'une coopération active de la Suisse au sein des Nations Unies, des organisations internationales et des accords de Schengen et de Dublin.

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