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Le mystère Edouard Stern reste entier

Edouard Stern était âgé de 50 ans. Keystone

Le banquier français Edouard Stern, assassiné à Genève mardi, se sentait menacé. Il avait demandé un port d’armes au ministère français de l’intérieur en 2003.

Ce contenu a été publié le 06 mars 2005 - 18:31

La police genevoise ne privilégie aucune piste. La vie de ce banquier, présenté comme exceptionnel, présente de multiples zones d’ombre.

Depuis la découverte du corps sans vie du financier français à son domicile mardi après-midi, la presse n’a pas été avare de qualificatifs concernant ce quinquagénaire fils de bonne famille. Présenté comme un banquier hors normes, supérieurement intelligent, Edouard Stern est aussi décrit comme un prédateur, ne s’embarrassant guère de scrupules.

N’avait-il pas «vidé» son propre père de la banque familiale à 22 ans? En tout cas, l’homme d’affaires, qualifié de milliardaire, ne manquait pas d’ennemis. Et les circonstances de sa mort ne risquent pas d’améliorer son image: Edouard Stern, 50 ans, séparé de son épouse et père de trois enfants, a été tué par balles à son domicile. Son corps a été découvert dans sa chambre, vêtu d’une combinaison de latex.

Des moeurs particulières

Le Journal du Dimanche, édité à Paris, parle même une corde découverte à son domicile. Toutefois, si certaines sources évoquent l’hypothèse d’un crime crapuleux, en lien avec une vie privée présentée comme «agitée», d’autres décrivent au contraire d’un homme fort discret, qui ne fréquentait ni les boîtes de nuit ni les endroits à la mode.

Certaines sources privilégient le crime crapuleux. Le banquier travaillant avec les pays de l’Est, il aurait été victime d’un «contrat» lancé par la mafia russe. Une piste à prendre avec beaucoup de précautions. Depuis le début des années 90, aucun tueur venu de Moscou ne s’est manifesté sur le territoire de la Confédération.

Il avait lâché son groupe en 2004

Edouard Stern n’en reste pas moins un financier de l’ombre, privilégiant les multiples ficelles de la profession, et usant, sinon abusant, des prête-noms et des paradis fiscaux.

Ainsi, depuis février 2004, Edouard Stern n’était plus ni président, ni même administrateur, de son vaisseau amiral, le groupe Investments Real Returns (IRR), qui gérait, selon la presse économique, 920 millions de francs.

Sans explication, il avait cédé la place le 6 février 2004 à A.C. Ce dernier abandonnait ce poste dès le 9 juillet 2004. A.S., une Française domiciliée à Genève, apparemment peu connue des milieux financiers, est administrateur unique d’IRR.

38e fortune française

Certes, il n’y a absolument rien d’illégal dans tout cela. Il est malgré tout un peu curieux qu’un banquier, présenté comme la 38e fortune française, puisse quitter la tête de son groupe sans en avertir la communauté financière internationale.

De la même façon, Edouard Stern n’apparaît pas dans le classement des 300 plus riches de Suisse, établi par Bilan, alors que la presse française le présente comme un milliardaire.

Ce retrait d’IRR correspond-il à une stratégie particulière? L’ancien patron de la banque familiale Stern préférait l’ombre à la lumière. Ainsi, lorsqu’il crée IRR en avril 1998, il est à New York.

Dans un document conservé au Registre du commerce de Genève, Edouard Stern déclare agir «à titre fiduciaire pour le compte de Mainz Holding Limited», société domiciliée à Tortola, aux Iles Vierges britanniques.

Le financier mandate un expert-comptable suisse, H.H., pour le représenter à l’Assemblée générale constitutive d’IRR à Genève.

Les enquêteurs genevois mis sur la piste du (ou des) tueur(s) risquent d’avoir du travail pour y voir clair dans l’écheveau de ses multiples affaires.

swissinfo, Ian Hamel

Faits

Le banquier français Edouard Stern, 50 ans, a été tué par balles lundi soir à son domicile genevois.
Les circonstances exactes de son décès restent inconnues, la justice suisse ayant communiqué peu d'éléments sur l'enquête en cours.

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