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Le message de Volodymyr Zelensky à la Suisse

Le discours vidéo du président ukrainien a été diffusé devant la foule rassemblée sur la Place fédérale à Berne. © Keystone / Peter Klaunzer

Éloge de la démocratie suisse, critique des entreprises helvétiques: voici ce qu’a dit le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son message à la Suisse.

Ce contenu a été publié le 22 mars 2022 - 11:07

Le samedi 19 mars, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé à la Suisse. La toile de fond était une manifestation à Berne à laquelle participait également le président de la Confédération, Ignazio Cassis. «Ici, sur la place fédérale à Berne, il y a plusieurs milliers de personnes, cher Volodymyr. Ils veulent tous te montrer que ton peuple n’est pas seul», a déclaré Ignazio Cassis.

Le président ukrainien s’est exprimé en direct par liaison vidéo. Voici les passages les plus importants.

La Suisse comme modèle pour l’Ukraine

«Je suis souvent allé dans votre pays. Et je sais très bien comment vous vivez. Et un jour, alors que je me trouvais près du château de Chillon, j’ai demandé à mes amis – nous étions un groupe – pourquoi nous ne pouvions pas vivre exactement comme ça?

Avec ce niveau de vie. Avec cette liberté. Dans une communauté si accueillante. Et avec une telle confiance en notre propre force.

Je souhaiterais de tout cœur que les gens en Ukraine puissent vivre comme les Suisses. Que les gens puissent décider eux-mêmes de leur vie. De leur pays. Que ce ne soient pas les politiciens qui décident de tout, mais le peuple par référendum. Pour que nous puissions être sûrs, malgré toutes les crises financières dans le monde, que notre État tient bon, que nous pouvons avoir confiance dans le pays, dans la stabilité. C’est un rêve pour tout le monde.

Mon objectif était que les Ukrainiens puissent, comme les Suisses, avoir le sentiment de vivre dans une véritable communauté qui se préoccupe du bien-être des gens. Pour vous, c’est peut-être tout à fait normal. Pour nous, cela signifie s’atteler à des réformes. C’est la voie que nous avons choisie. Nous avons adopté les lois correspondantes. Pour que tout cela fonctionne. Pour que nous atteignions progressivement votre niveau de vie.»

Au cours des trois dernières années depuis l’entrée en fonction de Volodymyr Zelensky, le parlement ukrainien a adopté deux nouveaux paquets législatifs sur les droits populaires de démocratie directe au niveau national et local. En outre, le processus de décentralisation, qui avait déjà été lancé en 2014, s’est poursuivi. Il s’agit de transférer des compétences et des ressources de l’État central vers le niveau local, afin de renforcer la périphérie.

«Nous y avons travaillé - jusqu’au jour noir. Le 24 février. Le jour où a commencé l’invasion massive de notre pays, l’Ukraine, par la Russie.

Tout a alors changé. Pour nous tous. Pour les Ukrainiens, pour l’Europe, pour toutes les démocraties du monde. Pour vous aussi.»

L’Ukraine comme modèle pour la Suisse

«De la même manière que je voulais que les Ukrainiens vivent comme les Suisses, je veux maintenant que vous deveniez comme les Ukrainiens dans la lutte contre le mal. Pour que les banques ne soulèvent plus de questions. Vos banques qui gardent l’argent de tous ceux qui ont déclenché cette guerre. Ce sera douloureux et difficile. Mais c’est un combat contre le mal.

Il est nécessaire de geler complètement tous les avoirs de ces personnes et leurs comptes. Ce n’est pas facile, mais vous pouvez y arriver.

Je veux que vous deveniez des Ukrainiens qui ressentent ce que c’est que de voir des villes entières détruites. Détruites sur ordre de ceux qui aiment vivre à l’européenne, dans vos communautés, dans la belle Suisse. Qui jouissent de l’immobilier dans votre pays. Il serait juste de leur retirer ce privilège.

Et j’aimerais aussi que vous vous battiez comme les Ukrainiens sur les questions économiques. Dans les affaires qui continuent à se faire malgré la guerre en Russie».

Nestlé se défend contre les critiques

«'Good food. Good life': Tel est le slogan de Nestlé. Une entreprise suisse qui refuse de quitter la Russie. Même maintenant, alors que la Russie ne nous menace pas seulement, mais aussi d’autres pays européens. Qui prend tout le monde en otage avec ses armes nucléaires.»

Nestlé a rejeté les critiques du président ukrainien le lendemain. Ses activités en Russie ont été fortement réduites. «Nous avons stoppé toutes les importations et les exportations de Russie, sauf pour les produits vitaux», a indiqué l’entreprise. Il n’y aurait plus d’investissements et les produits ne seraient plus promus.

D’autres groupes alimentaires internationaux se comportent de manière similaire. Le britannique Unilever, par exemple, a certes stoppé ses exportations vers la Russie, mais continue de fournir des produits alimentaires de base et des produits d’hygiène. Pepsico a cessé de vendre des boissons sucrées, mais pas du lait pour bébé.

A propos de la conférence sur la réforme de l’Ukraine prévue à Lugano

«L’année dernière, nous avons convenu d’une grande conférence avec le président de votre pays à Lugano. Les thèmes abordés sont la transformation économique et les réformes en Ukraine.

La conférence devait avoir lieu en juillet de cette année. Je pense, je sais même, que nous pouvons la tenir. Cette année encore. Dans votre pays.»

Cette conférence aurait dû être un moment fort de l’année présidentielle d’Ignazio Cassis. Mais une conférence sur les réformes en Ukraine, telle qu’elle était prévue à l’origine, n’est actuellement plus envisageable, selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), citéLien externe par le St Galler Tagblatt.

La Suisse continue toutefois de s’y tenir sous une forme adaptée, comme on peut le lire sur le siteLien externe de la Conférence sur les réformes.

L'intégralité du discours du président ukrainien (en allemand):

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