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Le label qualité des écoles suisses à l'étranger

L'école suisse de Mexico (Image: Colegio Suizo). swissinfo.ch

Les écoles suisses à l’étranger jouissent d’une excellente réputation. Confirmation au travers de deux exemples significatifs au Mexique et en Sicile.

Ce contenu a été publié le 03 août 2003 - 18:00

L’école suisse de Mexico City est l’une des plus grandes. Celle de Catane, une des plus petites.

Chaque année, les directeurs des écoles suisses à l’étranger se réunissent une journée en Suisse en compagnie de plusieurs représentants des cantons de patronage. C’est ce qu’ont fait une fois de plus Loretta Brodbeck et Ambros Hollenstein.

Loretta Brodbeck, qui a elle-même grandi en Sicile et fréquenté l’école suisse de Catane, en est devenue la directrice en 1998. Quant à Ambros Hollenstein, économiste, il est le directeur de l’école suisse de Mexico depuis maintenant trois ans. swissinfo les a rencontrés à Bâle.

swissinfo: Comment doit-on présenter vos écoles?

Loretta Brodbeck: Notre école se situe au centre de Catane. C’est l’unique école bilingue de tout le sud de l’Italie, la seule également où l’on parle allemand.

63 enfants – dont un tiers de Suisses - la fréquentent de la section maternelle au degré secondaire. Le climat social y est excellent puisque les plus grands s’occupent des plus petits qui disposent ainsi d’exemples.

Ambros Hollenstein: L’école suisse de Mexico est divisée en deux unités situées en des endroits différents. 600 enfants suivent des cours (de la section maternelle au degré gymnase) au sein de l’école principale située au centre de la ville. Alors que la seconde école, celle de Guernavaca reçoit 220 élèves.

swissinfo: Quelle différence faites-vous entre vos écoles et celles des pays hôtes?

L.B.: Les parents savent que nous travaillons très sérieusement sans jamais laisser tomber des cours. Comme nous disposons de petites classes, les enfants bénéficient d’un encadrement privilégié pouvant même déboucher sur une prise en charge individuelle. A noter que presque tous les élèves sont de langue maternelle italienne (même les Suisses).

A.H.: Tout d’abord, nous y parlons plusieurs langues: l’enseignement débute en allemand, puis l’anglais et le français viennent s’y ajouter. Et dans certaines branches, l’enseignement est réalisé en espagnol.

Deuxièmement, à côté de la culture espagnole, nous prônons des valeurs typiquement suisses telles que la fiabilité et la persévérance. Enfin, notre niveau de cursus est largement supérieur aux autres écoles de Mexico.

swissinfo: Comment privilégiez-vous le lien avec la Suisse?

L.B.: Nous mettons en avant des traditions helvétiques, comme lors de la période qui précède Noël avec le calendrier de l’Avent et Saint-Nicolas.

A.H.: Du fait que le pourcentage d’élèves suisses n’est que de 20%, nous ne pouvons pas trop mettre l’accent sur les traditions helvétiques. Ce que nous désirons transmettre et exporter, c’est un label suisse de qualité: la formation.

swissinfo: A quel système scolaire faites-vous référence?

L.B.: Nous nous référons principalement à la planification édictée par notre canton de patronage, le canton de Zurich. Mais nous y ajoutons le tempérament italien. Nous ne pouvons bien entendu pas demander à nos élèves et professeurs d’effectuer un double programme. Notre plus grande tâche est de réussir à marier au mieux les deux concepts.

A.H.: Nous essayons de calquer notre programme sur le profil de notre école et en fonction des besoins de nos élèves. Notre formation se veut internationale.

Mais nous répondons également aux exigences édictées par le ministère mexicain de l’Education. Le programme est ouvert et flexible afin de permettre à nos étudiants d’exercer leur esprit critique.

swissinfo: Existe-t-il une différence entre les nationalités dans vos écoles, soit entre les professeurs soit entre les élèves?

L.B.: A Catane, nos professeurs sont exclusivement suisses ou italiens. Au moment de faire notre choix, nous nous assurons qu’ils sont capables de travailler ensemble et de manière interdisciplinaire. Quelques fois des petites tensions naissent, mais cela arrive également lorsque le collège des professeurs est composé de personnes de même nationalité.

A.H.: Le principal du corps enseignant est composé de Suisses alémaniques qui sont appuyés par quelques professeurs mexicains, allemands, anglais et canadiens. De cette façon, il est possible de parler d’une équipe multiculturelle. Et c’est une chance de travailler de cette façon.

swissinfo: Est-ce que les écoles suisses à l’étranger sont là uniquement pour les riches?

L.B.: Ce n’est en tous les cas pas ainsi à Catane. Nos élèves sont pour la majorité issus des classes moyennes et leurs parents travaillent tous les deux. Et nos prix ne sont pas très élevés.

A.H.: 96% des jeunes mexicains fréquentent l’école obligatoire car ils n’ont pas le moindre peso pour se payer des cours privés. Nous nous adressons donc avant tout à des jeunes issus des classes moyennes supérieures et supérieures.

Mais nous n’avons pas dans nos rangs d’enfants de stars du cinéma, de sportifs reconnus, de grands industriels ou de politiciens. D’une part, pour des raisons de sécurité et d’autre part parce que ces gens-là pensent qu’il est possible de tout acheter. Mais le succès scolaire ne s’achète pas.

swissinfo: Connaissez-vous des problèmes de violence ou de drogue dans vos établissements?

L.B.: Nous n’avons pas encore connu de tels problèmes. Probablement parce que notre école est très petite.

A.H.: Notre école est surveillée et elle n’admet pas de personnes extérieures à l’établissement en son sein. En ce qui concerne les questions de drogue, de racisme et de violence, nous exerçons la politique de la tolérance zéro. Si un élève consomme ou fait le commerce de la drogue, il est exclu de l’école. En ce qui concerne la violence, cela va du renvoi momentané au renvoi définitif.

swissinfo: Les écoles suisses à l’étranger ont des problèmes financiers. Pensez-vous que l’on ait encore besoin de vos écoles?

L.B.: J’en suis certaine! Nos écoles atteignent un degré de qualité que n’atteignent pas les écoles des pays où nous nous trouvons. Nous sommes une carte de visite de la Suisse à l’étranger et nous sommes tous les jours en contact avec des étrangers. De plus, par notre biais, les Suisses de l’étranger ont un moyen de se rattacher à leurs racines.

A.H.: La Suisse pourrait survivre sans ses écoles suisses à l’étranger. Et les autres pays aussi. La question est de savoir si les millions investis le sont de manière adéquate.

Et je pense que l’image positive de la Suisse que nous donnons depuis de nombreuses années et la possibilité offerte aux jeunes Suisses de l’étranger de suivre un cursus adéquat vaut bien 16 à 20 millions de francs chaque année.

Interview swissinfo, Gaby Ochsenbein
(Adaptation Mathias Froidevaux)

Faits

Au total, il existe 17 écoles suisses à l’étranger (dans dix pays et sur quatre continents) reconnues par la Confédération.
Près de 6000 élèves les fréquentent dont environ 1800 Suisses.
Ces écoles sont soutenues par la Confédération à hauteur de 18,4 millions de francs.
A partir de 2007, elles ne recevront plus que 16,5 millions de francs.

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En bref

- L’école suisse de Catane en Sicile fêtera ses 100 ans l’an prochain.

- Elle est fréquentée par 63 élèves dont un tiers de Suisses. Neuf professeurs y travaillent.

- Un enfant suisse y paie par exemple pour la section maternelle (repas et matériel compris) 1440 francs par année. Un élève étranger 2300 francs.

- Les écoles de Mexico City et Guernavaca ont été construites en 1965. Celle de Mexico compte 600 élèves et celle de Guarnavaca 220. 20% des élèves sont des Suisses et 50% sont des Mexicains.

- Sur les 70 professeurs, 40% sont des Suisses, les autres viennent d’Allemagne, du Mexique, d’Angleterre et du Canada.

- Un enfant en section maternelle paie 3000 francs par année, un gymnasien près de 10'000 francs.

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