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Le H5N1 aux portes de la Suisse

Entre l'homme et l'oiseau, la situation est tendue... Image saisie à Ruegen, en Allemagne. Keystone

La Suisse renforce son dispositif contre la grippe aviaire. Cela alors que le virus H5N1 a touché six pays de l'UE, dont tous les pays voisins de la Suisse.

Ce contenu a été publié le 20 février 2006 - 11:26

Depuis ce lundi – et pour la deuxième fois – les volailles doivent être confinées. Une précaution qui vise à les protéger de l'arrivée des oiseaux migrateurs en provenance d'Afrique.

Depuis ce lundi, les volailles suisses n'ont à nouveau plus droit à la liberté. Pour les protéger de la grippe aviaire, le Conseil fédéral (gouvernement) a remis en vigueur, pour une durée indéterminée, le confinement que les volailles avaient déjà subi l'automne dernier.

L'interdiction est applicable à l'ensemble du pays. Les volatiles doivent être détenus dans des enclos munis d'un toit en auvent et de grilles sur les côtés pour empêcher l'intrusion d'oiseaux sauvages.

La pression s'accroît en effet autour de la Suisse: des oiseaux sauvages atteints de grippe aviaire ont en effet été découverts dans tous les pays voisins - Italie, Allemagne, Autriche, et depuis ce week-end, France. Le cadavre d'un canard sauvage contaminé par le virus H5N1 a en effet été découvert samedi dans la Dombes, dans l'Ain.

La France devient ainsi le sixième pays de l'Union européenne (UE) touché par le virus, après l'Italie, la Grèce, l'Allemagne, l'Autriche et la Slovénie.

En Europe, en dehors de l'UE, la présence du virus H5N1 a aussi été constaté en Croatie, en Roumanie, en Bulgarie, en Ukraine et en Russie.

Questions de coûts

En Suisse, les mesures de confinement touchent quelque 30'000 propriétaires de volaille, et environ 8 millions d'animaux – poulets, canards, oies. Et ce ne sera vraisemblablement pas la dernière fois que ces mesures devront être prises.

Des mesures provisoires ne suffiront donc pas. Une véritable infrastructure doit être mise en place, afin que les volailles puissent être systématiquement confinées, au printemps et en automne. Ce qui entraînera nécessairement des coûts importants.

Selon le président de syndicat des paysans, Hansjoerg Walter, les frais consécutifs seront surtout utiles à la sécurité des consommateurs, qui devront donc les supporter. Un point de vue auxquels s'opposent bien évidemment les mouvements de protection des consommateurs.

Dérogation pour les zoos

Les jardins zoologiques de Zurich, Bâle, Berne et Goldau (Schwytz) ne seront pas soumis à l'obligation de confinement des volailles.

Une dérogation leur a été accordée par les vétérinaires cantonaux, mais soumise à de strictes conditions, comme le montre une brève enquête de l'agence de presse AP.

Tous les oiseaux qui évoluent à l'air libre seront surveillés et régulièrement soumis à des tests de dépistage du virus de la grippe aviaire, a précisé Toni Linggi, suppléant du vétérinaire cantonal des cantons de Suisse centrale.

Vaccination?

La vaccination des volailles est-elle une solution face à l'arrivée de la grippe aviaire? Cette stratégie a ses détracteurs. Ainsi le patron de l'Institut de virologie et d'Immunoprophylaxie (IVI), le laboratoire national de référence pour les épizooties hautement contagieuses.

«En Europe, il s'agit de localiser le virus et ensuite, si possible, de l'éliminer. Car en Europe, pour le moment, il n'est pas endémique, il ne s'est pas largement répandu», explique Christian Griot à swissinfo.

«En Asie par contre, où le virus est très disséminé et continue de se développer, la stratégie de la vaccination aurait un sens», ajoute-t-il.

En 2003, lorsque le virus H7 a touché les volailles aux Pays-Bas et en Italie, les Pays-Bas ont connu plus de succès en isolant et en tuant les animaux touchés que l'Italie. Dans ce pays, on a pratiqué le vaccin, et par conséquent, on n'a pas pu isoler aussi rapidement les bêtes concernées.

«On ne pourra pas toujours imposer un confinement», constate Christian Griot. «Nous devrons apprendre à vivre avec ce virus». Et la réflexion sur une stratégie à long terme est en cours.

swissinfo et les agences

En bref

- Le virus H5N1 est connu depuis des décennies. Mais c'est en 1997 à Hong Kong qu'il a été décelé pour la première fois sur des êtres humains.

- Au cours des années suivantes, il s'est répandu dans plusieurs pays d'Asie orientale et centrale.

- En 2005, il a touché la Turquie, la Roumanie et la Croatie.

- Début février 2006, il a été localisé pour la première fois en Afrique.

- Au cours de ces derniers jours, il a touché 6 pays de l'Union européenne, dont les pays limitrophes de la Suisse –Italie, Allemagne, Autriche, France.

- Jusqu'à maintenant, au niveau mondial, ce sont environ 170 personnes qui ont contracté le virus, et 90 en sont décédées.

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Faits

Dès ce lundi, le Conseil fédéral (gouvernement) a remis en vigueur, pour une durée indéterminée, le confinement que les volailles avaient déjà subi l'automne dernier.
30'000 propriétaires et environ 8 millions d'animaux sont concernés.
L'interdiction est applicable à l'ensemble du pays. Les volatiles doivent être détenus dans des enclos munis d'un toit en auvent et de grilles sur les côtés.

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