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Le gouvernement mouche Ruth Dreifuss

Ruth Dreifuss a été renvoyée à ses copies. Keystone

Les familles ne recevront pas 300 francs par an pour réduire les primes d'assurance maladie de leurs enfants. Une gifle pour la ministre de la santé.

Ce contenu a été publié le 30 janvier 2002 - 19:01

Les temps sont durs pour Ruth Dreifuss. Non seulement, la conseillère fédérale perd une bataille dans un domaine qui lui tenait particulièrement à cœur, mais la voilà placée sous haute surveillance.

En effet, elle sera désormais davantage encadrée par ses collègues dans le dossier de l'assurance maladie.

La ministre de la santé avait lancé l'an dernier la proposition d'alléger la charge des familles pour répondre provisoirement à la hausse constante des primes.

Un rejet assez général

Le recours à la réserve de 500 millions de francs disponible pour faire baisser les primes des enfants a «suscité un rejet assez général», a-t-elle déclaré devant la presse. Le Conseil fédéral a notamment critiqué l'«effet arrosoir» de cette mesure, et son coût.

Il est toutefois prêt à reprendre la discussion sur un nouveau modèle qui ne s'appliquerait pas à l'ensemble des familles. «Je ne me donne pas pour battue, je fournis des alternatives», s'est défendue Ruth Dreifuss. L'une d'elle pourrait être la proposition du Conseil des Etats de plafonner les primes à quelque 8% du revenu du ménage.

La ministre voit cette idée d'un bon oeil mais elle paraît trop coûteuse au Conseil fédéral. Ce genre de question pourrait être débattu lors d'une séance spéciale du gouvernement consacrée à la loi sur l'assurance maladie (LAMal), probablement en mai.

Le Conseil fédéral «a exprimé sa solidarité envers Mme Dreifuss qui a hérité d'un dossier difficile», et souhaite désormais l'accompagner «de façon plus active», a commenté son porte-parole Achille Casanova. En attendant, il a renvoyé la socialiste à ses copies sur deux de ses autres propositions.

Quelques concessions

La création d'un pool, financé par les caisses maladie, chargé de prendre en charge les coûts occasionnés par des patients «à risque» a laissé le gouvernement «sceptique». Celui-ci a exprimé des doutes quant aux effets de cette mesure. Il a émis encore plus de réserves sur une unification du taux de réserves pour les caisses comptant au maximum 250 000 assurés.

Seules concessions à la cheffe du Département de l'intérieur: le Conseil fédéral a souscrit à l'obligation de recourir à un médecin-conseil pour certaines prestations pas toujours utilisées à bon escient (comme les opérations du ménisque ou des varices).

Cette proposition pourrait entrer en vigueur dès juillet. Tout comme une série de mesures pour réduire le prix des médicaments.

Visiblement ébranlée par son échec, Mme Dreifuss a reconnu que le Conseil fédéral a été très critique et sévère, mais aussi très sensible au mécontentement de l'opinion publique. Il est prêt, avec certaines réticences, à des réformes ponctuelles mais il veut aussi mener une réflexion globale sur l'ensemble du système et les idées de «tout poil» avancées ces derniers temps.

Le mariage du feu et de l'eau entre davantage de concurrence et une plus grande planification reste possible, a-t-elle relevé. L'assurance maladie est un dossier complexe où se mêlent les décisions de l'administration, du gouvernement et du Parlement.

La conseillère fédérale a d'ailleurs jugé que la proposition du parti radical d'instaurer une franchise en fonction du revenu était «absurdement disproportionnée».

swissinfo avec les agences

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