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Le G8 coûtera des dizaines de millions à la Suisse

La facture policière et militaire s'élèvera à 40 millions de francs pour trois jours. Keystone

Bien que le sommet se tienne en France, la Suisse doit supporter une part importante du fardeau, en termes de sécurité et de manque à gagner.

Ce contenu a été publié le 30 mai 2003 - 08:13

Pour la Suisse, la facture du G8 à Evian pourrait se chiffrer en dizaines de millions de francs.

Rien que pour la sécurité policière et militaire, la facture de ces trois jours de sommet se montera à 40 millions de francs suisses.

Le gouvernement français a accepté d'y contribuer pour 18 millions, mais le solde sera à charge du contribuable helvétique.

Un solde auquel il faudra ajouter le prix de la «location» de 1000 policiers allemands et de leurs 15 canons à eau, soit quatre millions de francs.

En principe, ce montant sera à la charge du canton de Genève, mais les autorités du bout du lac ont demandé à Berne d'y contribuer.

Un gros manque à gagner

Des sommes rondelettes donc, mais qui pourraient n'être rien en regard des impacts négatifs sur l'économie locale.

La Chambre de commerce et d'industrie de Genève (CCIG) s'est livrée à un calcul. Elle estime le manque à gagner entre 50 et 100 millions de francs.

«Toutes les entreprises de la région verront leur activité ralentie à partir de jeudi et jusqu'à lundi ou mardi, explique Patrick Mayer, l'un des directeurs de la CCIG. Et le coût en sera considérable.»

Mauvais pour le commerce

«La plupart des grandes entreprises resteront fermées, poursuit Patrick Mayer. Non seulement parce qu'elles craignent les représailles des manifestants, mais aussi parce que la plupart de leurs employés, qui vivent dans le canton de Vaud ou en France voisine, ne pourront pas venir travailler.»

De plus, les mesures de sécurité déployées entre Lausanne et Genève restreindront la liberté de mouvement des habitants. Les commerçants genevois qui ouvriront quand même risquent d'avoir bien moins de clients que d'habitude.

Et au contraire d'Evian, Genève a peu de chances de voir son commerce et son hôtellerie profiter de la venue des milliers de délégués et de journalistes accrédités au sommet.

«Certains hôtels et restaurants entre Lausanne et Montreux vont faire de bonnes affaires, mais Genève n'aura rien. Nous n'accueillons que les manifestants», constate Patrick Mayer.

Mais même à Lausanne, les hôteliers s'inquiètent, arguant que le sommet va tenir nombre de touristes à l'écart, alors que ce week-end de l'Ascension les voit normalement affluer sur les rives du lac.

Dans la capitale vaudoise, on note une baisse de réservations pouvant atteindre jusqu'à 50%.

La peur des casseurs

Avec les centaines de milliers de manifestants attendus à Genève, de nombreux commerçants ont choisi de ne prendre aucun risque. Ils ont barricadé leurs devantures et retiré les objets les plus précieux de leurs boutiques.

«Ceci est particulièrement vrai des commerces anglo-saxons ou qui vendent des marchandises anglo-saxonnes, comme les fast-foods ou les boutiques de luxe», note Patrick Mayer

«Chaque fois que nous avons eu des manifestations à Genève (les dernières remontent à 1998), ces magasins ont été pillés et les dégâts se sont élevés à des millions de francs», poursuit le dirigeant de la CCIG.

La Chambre de commerce et d'industrie a également barricadé ses sept vitrines. Coût de l'opération: 11 500 francs.

«Normalement, ce ne devrait pas être à nous d'assumer les conséquences financières du fait que l'on autorise ces gens à manifester», conclut Patrick Mayer.

swissinfo, Jacob Greber
(traduction, Marc-André Miserez)

En bref

- Le déploiement des forces de police et de l'armée pour assurer la sécurité dans le cadre du G8 coûteront à la Suisse 40 millions de francs.

- La France a accepté de contribuer à ce poste pour 18 millions.

- Les mille policiers allemands et leurs 15 canons à eau coûteront quatre millions de francs.

- Selon la Chambre de commerce et d'industrie de Genève, le G8 va signifier un manque à gagner d'au moins 50 millions pour l'économie locale.

- En cas de déprédations causées par les manifestants, cette facture pourrait aisément doubler.

- Les hôteliers de Lausanne ont vu leurs réservations baisser de 50% pour le week-end.

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