Navigation

Le folklore expérimental et planétaire de Stimmhorn

Le duo Stimmhorn lors de son concert à Nyon. swissinfo.ch

«Schnee», leur premier album, date de 1997. Mais c´est cet été, au Paléo Festival de Nyon, que le public romand a réellement pu découvrir cet étonnant duo venu d'outre-Sarine. Ou de plus loin peut-être...

Ce contenu a été publié le 30 août 2000 - 15:18

L'un s'appelle Balthasar Streiff, il est né en 1963 à Baden, et joue de drôles d'instruments à vent. Notamment des cors des Alpes, plus ou moins modifiés ou reconstruits. Il en joue, c'est-à-dire qu'il souffle dedans, mais il y émet aussi des sons bizarres, bruits de bouches, bruits de souffle...

L'autre s'appelle Christian Zehnder, il a vu le jour en 1961 à Zurich. Il s'accroche parfois à un accordéon diatonique rempli de spasmes, et surtout, chante, en usant de techniques multiples. Contre-ténor par moments, il bifurque soudain sur le jodle, puis «sépare» sa voix, et s'adonne à un chant harmonique très himalayen.

Cor des Alpes, jodle, les deux musiciens de Stimmhorn puisent donc également dans les racines musicales locales? «Non, ce n'est pas spécifiquement helvétique. Ce sont des techniques anciennes, qui existaient presque dans le monde entier, avec de petites différences. Partout il y a eu des cors ou des tuyaux de bois, et le jodle également», explique Balthasar Streiff. A mille lieues d'une recherche folkloriste, au sens local du terme, c'est une sorte de substrat musical planétaire dont joue Stimmhorn.

En concert, on est tout d'abord heurté. Le choc de la différence. L'incompréhension face à un univers qui nous échappe. Et puis, progressivement, on entre dans ce monde à la fois tribal et sophistiqué, on est saisi par l'étrangeté des sons émis par Christian Zehnder, et par la voix de Balthazar Streiff, croisement improbable entre Klaus Nomi et un moine tibétain survitaminé.

Peut-on aller plus loin dans le métissage musical? Actuellement, Christian Zehnder travaille dans le cadre d'une production électronique, tendance drum n'bass. Quant à Balthazar Streiff, il est en train de plonger ses cors des Alpes dans la musique de chambre japonaise... Ceux pour qui Britney Spears représente le sommet de l'audace musicale feraient bien d'éviter Stimmhorn.

Bernard Léchot

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?