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Le CICR sort de ses gonds

Un convoi du CICR achemine des vivres sous le regard des soldats israéliens. Keystone

La crise israélo-palestinienne pousse le Comité international de la Croix-Rouge à sortir de sa réserve habituelle. A cause de la nature particulière de ce conflit.

Ce contenu a été publié le 15 avril 2002 - 20:26

«Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sort enfin de sa bienveillante neutralité». A l'instar de l'ancien ministre des Affaires étrangères René Felber, nombre d'observateurs ont été frappés par les récentes dénonciations publiques proférées par la vénérable organisation humanitaire.

Cette prise de parole tranche avec la politique de confidentialité qui guide habituellement le CICR. Ces dernières semaines, en effet, le CICR a multiplié les cris d'alarmes face aux violations répétées des droits humanitaires dans le conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens.

Dernier exemple en date: la conférence de presse donnée vendredi par le président du CICR Paul Grossrieder à l'issue d'une brève mission au Proche-Orient.

Rupture du silence

Paul Grossrieder y a dénoncé les attaques et les «humiliations inutiles» infligées aux humanitaires par les soldats de l'armée israélienne. Sans oublier les violations de plus en plus graves du droit humanitaire international par les deux parties en conflits. Des exactions dont la population palestinienne est la principale victime, mais qui frappent également la population israélienne.

Le CICR avance trois raisons pour justifier cette rupture du silence. Premièrement, il en va de l'intérêt des victimes. Ensuite, les démarches confidentielles auprès des autorités israéliennes ont échoué. Enfin, la nature particulière de ce conflit oblige à communiquer.

«Tous les acteurs de ce conflit s'expriment abondamment et nous sommes parfois pris à parti. Nous devons donc répondre», précise Vincent Lusser, responsable de l'information du CICR pour le Proche-Orient.

Un conflit très médiatique

Une analyse que partage Rony Brauman, ancien directeur de Médecins sans frontières: «Ce cri d'alarme est l'ultime moyen de venir en aide aux victimes». Cet habitué des coups de gueule médiatiques estime également que les protagonistes de cette guerre sont particulièrement sensibles aux prises de positions publiques. Ce qui les rend plus efficaces qu'en Tchétchénie, par exemple.

S'il a été agréablement surpris par les déclarations du CICR, Rony Brauman rappelle qu'elles ne sont pas véritablement une nouveauté: «Depuis plusieurs années déjà, le CICR parle, et ceci contrairement à une idée communément avancée. L'approche défendue par MFS et celle du CICR convergent».

Un nouveau poste de directeur général de l'information

De son côté, Vincent Lusser tient à rappeler que la politique de confidentialité chère au CICR n'est pas abandonnée pour autant. Mais il souligne que la pression médiatique et la couverture en temps réel des conflits obligent l'organisation humanitaire à communiquer de plus en plus souvent.

Du reste, le CICR va créer un poste de directeur général de l'information. Un poste qui sera pourvu à la fin du mois. L'organisation a également nommé un chargé de l'information à Washington à l'occasion de l'envoi de prisonniers du réseau Al Qaïda à Guantanamo.

Ce dispositif n'étonne pas Daniel Bolomey, de la section suisse d'Amnesty international: «Le conflit qui se déroule actuellement au Proche-Orient est emblématique de l'après 11 septembre. Le droit humanitaire y est foulé au pied. Pour les organisations humanitaires également, ce conflit est crucial.»

swissinfo/Frédéric Burnand, Genève

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