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Le CICR inquiet pour les civils de Falloujah

Les marines américains en action à Falloujah. Keystone

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), basé à Genève, se dit très préoccupé par le sort des civils bloqués dans les combats à Falloujah.

Ce contenu a été publié le 12 novembre 2004 - 20:06

Rana Sidani, porte-parole de l’organisation humanitaire, espère que ce message sera entendu par les autorités militaires américaines en Irak. Interview.

La ville de Falloujah est considérée par l’armée américaine comme le bastion de l’insurrection sunnite composée de militants étrangers et d'insurgés musulmans fidèles à l’ancien président irakien Saddam Hussein.

Des «centaines» de ces rebelles y auraient déjà été tués au cours de la grande offensive lancée depuis lundi par des troupes américano-irakiennes.

Près de 10'000 marines, soldats et membres des forces irakiennes sont en effet impliqués dans l’assaut en cours contre cette ville située à 65 kilomètres à l’Ouest de Bagdad.

De leur côté, le CICR et le Croissant-Rouge irakien affirment fournir de la nourriture, de l’eau potable et du matériel médical à plusieurs milliers d’habitants de Falloujah qui ont fuit les combats pour se réfugier hors de la ville.

Porte-parole du Comité international de la Croix Rouge, Rana Sidani répond aux questions de swissinfo.

swissinfo: Quelles sont les préoccupations majeures du CICR concernant l’assaut de Falloujah?

Rana Sidani: Selon nos informations, des civils sont encore bloqués dans Falloujah. Le CICR a donc appelé tous les belligérants à les épargner en faisant la distinction entre civils et combattants comme le veut le droit humanitaire international.

Nous leur avons également demandé de garantir l’accès aux blessés. Beaucoup de blessés civils se trouvent en effet encore dans la partie de la ville qui n’est pas sous le contrôle de la force multinationale. Ainsi, deux hôpitaux de quartiers ne sont plus opérationnels et les malades n’y reçoivent pas les traitements et les soins dont ils auraient besoin.

swissinfo: Les autorités militaires américaines sont-elles sensibles à vos revendications?

R.S.: Comment pourrions-nous le savoir? Par mesure de sécurité, nous ne sommes pas sur place pour voir comment les choses évoluent. Mais nous espérons bien être entendus.

Nous comprenons les difficultés de la force multinationale et sa volonté de sécuriser la ville. Mais notre devoir est de lui rappeler que, même en temps de guerre, il y a des règles à respecter et des civils à épargner.

swissinfo: Comment le CICR peut-il venir en aide aux civils bloqués dans Falloujah?

R.S.: Comme je l’ai déjà dit, nous ne sommes malheureusement pas présents à Falloujah. Mais nous avons des contacts avec des familles qui se trouvent dans la ville et qui nous renseignent sur ce qui s’y passe.

Au niveau humanitaire, nous avons par exemple réussi à distribuer des vivres à 1000 familles déplacées de Falloujah et qui ont trouvé refuge dans des écoles de Bagdad.

swissinfo: Selon divers témoins, la situation à Falloujah est «désespérée». Il n’y a plus d’eau potable et la nourriture est très difficile à trouver. Quelles sont vos informations?

R.S.: Nous avons effectivement reçu un rapport du directeur irakien des eaux qui nous indique que deux stations de traitements des eaux ne fonctionnent plus… Le manque d’eau potable est donc plus que probable.

Interview swissinfo, Ramsey Zarifeh
(Traduction de l’anglais: Mathias Froidevaux)

Faits

Le CICR a environ 400 employés locaux à Bagdad
Par mesure de sécurité, l’organisation humanitaire n’a envoyé aucun de ses représentants à Falloujah
Le personnel non-irakien du CICR est envoyé en Irak pour des missions spécifiques mais il est basé à Amman, en Jordanie.

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